ACTE QUATRIÈME
HUBERT
Oui, VOUS parler, et en particulier.
RAYMOND, dans un trouble extrême.
Oh! en particulier, bien entendu! Ce n'est pas devant tous ces moineaux-là que je vais la recevoir, tu peux le penser... Dis-lui... non, prie-la de patienter un instant... (Montrant la gauche.) De ce côté, dans la petite cour... ou plutôt, reste ici... attends, ça va être tout de suite fait.
PREMIER LIEUTENANT
De Fiers, d'Estelan, je vous en conjure, remettez l'épée au fourreau. Réfléchissez, mes amis, jusqu'à demain.
RAYMOND, se rapprochant du groupe des o£Scier8 et jetant son épée Bur la table.
Eh bien! oui, alors, à demain, j'y consens, comme il vous plaira. Attendons à demain... Mais à présent, je vous prie, messieurs, l'heure est bien tardive, retirez-vous. Et bonne nuit à tous!
PHILIPPE, à demi-Toix.
Il s'imagine bien que nous n'allons pas coucher chez lui, ai.rès la petite scène qu'il \ient de nous faire.
PREMIER LIEUTENANT, à Raymond.
Et, je suis convaincu, mon cher d'Estelan, n'est-ce pas, que demain vous serez le premier à reconnaître, pour une plaisanterie de camarades...
RAYMOND, l'interrompant.
Oui, c'est cela, demain à vos ordres, demain tout ce que vous voudrez... Mais je vous en prie, brisons là (tous se dirigent
pour sortir vers la porte de gauche. Raymond, se précipitant.) ROn, pQS
par ici! Par l'autre porte, s'il vous plaît, par le jardin.
PHILIPPE, rebroussant yers la porte du fond.
Allons, bon, c'est de ce côté qu'on s'en va, à présent!
RAYMOND
Oui, par le jardin, s'il vous plaît. Vous trouverez en bas un de nos hommes qui vous reconduira avec un falot. Allons, mes amis, bonsoir!
Il leur serPi. la main par distraction. PHILIPPE, s'éloignant.
Ses amis, maintenant, il nous appelle ses amis! Et il nous ^erre la main par-dessus le marché! Il est un peu...
(il fait signe que la tète de Raymond doit tourner.) Oll ! OUi, il l'cst paS
mal, ce cher d'Estelan.
Ils sortent en murmurant.
PREMIER LIEUTENANT
Quelque affaire galante, j'imagine.
RAYMOND, à Hubert.
Dans la cour, elle attend? Et seule?
HUBERT
Oui, avec sa vieille servante.
RAYMOND, quand les officiers sont tous partis.
Ouf!... Et que le diable les... Allons, vite, Hubert, fais-la monter.
Le dragon sort par la porte de gauche. Raymond rajuste son pourpoint, relève se» cheveux et se coilTe de son grand feutre â plumes.