‹ Judith Renaudin; drame en cinq actes, sept tableauxChapitre 66 sur 77 · ACTE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME

NANETTE, ouvrant avec une hésitation déflanti un petit sac qu'elle ports suspendu à la ceinture.

Oui, demoiselle,

JUDITH

Eh bien, donne... pour monsieur d'Estelan.

NâNETTE, toujours arrêtée au seuil de U porte.

Votre Bible, demoiselle! pour lui?

JUDITH

Oui, pour lui... donne (judith, comme un enfant et are: un Bourir* pour la première fois, présentant le livre à Raymond.) NoUS SOmmeS

grands donneurs de bibles, nous autres, voyez- vous... Un peu notre manie, vous savez bien... Tout à fait un li'STe de huguenot, regardez : c'est en Hollande qu'on sait imprimer si fin que cela... Nos frères, déjà exilés là- bas, font faire popr.nous ces très petites bibles, qui peuvent être aisément cachées, emportées avec nous dans les fuites incertaines, aux mauvais jours oîi les dragons du roi nous poursuiveat.

(Très grave maintenant.) C'cst daUS CO li\Te qUO UOUS puisOUS

notre courage, nous, les protestants, devant l'exil et devant la mort... Je vous prie de garder celui-ci, qui était le mien, et d'essayer de le lire en mémoire de moi. Ouvrez-le vers la fin surtout, prenez ces évangiles de pardon que méconnaissent et oubhent les hommes qui vous font agir! (Eiie pousse doucement Nanette au dehors.) Va, Nauette... à présent rentrons chez nous.

Baymond a pris le livre sans répondre et il le baise comme il l"a fait tout à l'heure pour la main de Judilh. Il les regarde fermer la porte, puis s'assied comme accablé, les coudes sur la table de jeu où la lampi est posée, la tête dans les maing. Un silence, puis il ouvre la bible de Judith.

RAYMOND

Allons... voyons-le, son livre.

Page 1