‹ Judith Renaudin; drame en cinq actes, sept tableauxChapitre 76 sur 77 · LE DRAGON HUBERT · texte numérisé non relu

LE DRAGON HUBERT

Mon Dieu! l'heure passe!... Déjà nous devrions être en route... Dites-leur, monsieur le curé... Plus nous tardons, plus le danger s'aggrave.

JUDITH, au dragon, arec une gérénité d'illuminée.

Mais nous sommes prêts, nous sommes prêts à vous suivre.

Une lueur rouge éclaire les fenêtres, S. RENAUDIN.

Quoi?... Qu'est-ce que cela encore?... Le feu?...

LE PRETRE, avec confusion et crainte.

C'est votre temple qui brûle... Ah! il arrive mal, en ce moment, cet incendie allumé par son ordre... Pardonnezlui cela encore...

JUDITH, indifférente, comme dans les nuages.

Ah! c'est notre temple qui brûle... Ah!... notre temple?... Il y a fait mettre le feu?...

LE CURÉ

Pardonnez-lui... De peur de donner l'éveil à ses lieutenants, il n'a pu changer ces consignes-là, voyez-vous... Un seul soupçon, vous comprenez...

JUDITH, Bouriant presque à la lueur rouge du feu.

Ah!... oui... Il n'a pas pu changer...

Elle cherche encore des yeux Daniel.

DANIEL, qui est maintenant tout près de Judith, ayec un sourire.

Oui, Judith, j'avais déjà remarqué tout à l'ix-ui-o ton

m JUDITH RENAUDIN.

icguid d'irtquiéludc tourrié vér^ moi. — tin bon regaid, va, dont je suis touché... A cause de lui, n'est-ce pas, tu crains que ma résolution, de nouveau, ne chancelle, et que je ne parte plus?... Sois rassurée, ma chère Judith... Tu as bien brisé mon cœur terrestre, mais tu m'as rendu ma foi, et je te bénis... Donc, n'aie pas peur, je pars toujours avec vous...

JUDITH, serrant les mains de Daniel en baissant la tète.

Cher Daniel!...

La pendule sonne une demie.

LE DRAGON HUBERT, avec effroi.

La demie de dix heures! Nous devrions être loin déjà!... De grâce, partons vite.

JUDITH, comme tout à l'tieure, sereine, dans une sorte d'extase.

Mais nous voici... Mais nous vous suivons... l'aïeule.

Mon fils!... (Elle se soulève en s'accrochant à Samuel Renaudin qui s'ap-

procho d'elle.) Mon fils!... Mèno-moi!... Je veux faire quelques pas de plus vers eux, tu comprends... Mène-moi... plus

près... (Elle traverse la salle, appuyée à son fils.)... de CettO portc!..

Elle se laisse tomber là sur un fauteuil, près de la porte par oii ses enfants vont sortir.

S. RENAUDIN, tout à fait égaré, lui aussi, à présent, serrant dans ses bras ses deux fils Jean et Isaac.

Allons, mes enfants, tous mes enfants, l'heure de la

grande épouvante est sonnée, (indiquant la porte que les serviteurs ont ouverte et par oùTon n'aperçoit que du noir.) PaSSCZ CO Seuil, mOS

chers martyrs, passez ce seuil où commence entre nous la terrestre séparation, comme au tombeau. Passez-le, l'un

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