ACTE CINQUIÈME
après l'autre, en ordre comme pour des funérailles. . . Mes fils d'abord!... Oui, d'abord mes deux fils, allez!....
Les deux frères, enveloppés de leurs miinteaux, sortent et disparaissent dans le .lOir. Les serviteurs vont prendre au\ pieds de raï>-ule les petits (|U ils enveloppent de manteaux et de couvertures. Ils enlèvent en hâte les différents paquets ()ui troinedl çà et là sur les chaises et tes tables. Nanette et le vieux H.ithieu sag.-nouilleat, chacun d'un coté de cette porte par oU touo les jeunes vont sortir. Jadilli a repris le manteau qu'elle avait jeté en arrivant.
S. RENAUDIN, à Daniel.
Daniel, à ton tour, mon enfant!
s. RENAUDIN.
Et maintenant, toi, Judith! (judilh se dirige vers U porte, comme aneslhésiée. Le père la rappelant avec angoisse) : Judith, je CrOÏS qUO tU
pars en oubliant de m'embrasser, mon enfant.
JUDITH, revenant sur ses pas et lui jetant les bras autour du cou.
Oh! père!
Puis elle disparaît aussi dans le noir. S. RENAUDIN, g' exaltant peu à peu avec la violence d'un fou.
A présent, les tout petits! Allez, emmenez-les! Partez tous! Faites la maison vide! C'est au nom du roi de France !
Il frappe le sol du pied • t se tient la tête à deux mains, les regardant partir avec l'air d'un fou. Les serviteurs sortent tête basse, emmenant les petits. Le serviteur Mathieu entraîne par la main le petit Samuel qui va sortir le dernier et qui se fait tirer, la tête retournée en arrière.
LE PETIT SAMUEL, s'échapjant des mains du domestique et courant, les bras tendus vers son grand-père.
Grand -père !
s . RENAUDIN, l'enlevant furieusement dans ses bras et le couvrant de baisers,
"Va, mon petit Samuel! Va, mon bien-aimé! Va-t'en, cher
ange, va-t'en, ma joie, va-t'en, ma vie ! (n le pousse vers le dome?lique qui l'-miraîne.) Va-t'en I va-t'enl
Puis il se jette la tête contre le mur et pleure à grands sanglots. Maintenant ils son tous sortis. Avec le père qui sanglote, le front appuyé à la muraille, il reste dan» la salle Nanette et Mathieu, agenouillés de chaque côté de la porte, laleule aveugle à demi dressée dans son fauteuil et le visage levé vers le ciel, puis le curé, debout au milieu de la scène.
l'aïeule.
Seigneur, Seigneur, notre Dieu!
LE PRÊTRE, faisant le signe de la croix.
Oui, Seigneur, et vous. Vierge Marie, ayez pitié d'eux! Guidez -les, protégez - les ! Et, de votre sainte lumière. Seigneur, pénétrez leurs âmes !.,.