‹ Judith, tragédie en trois actesChapitre 16 sur 49 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

HOLOPHERNE, PHÉDYME, PHARES, NASSAR, Officiers.

HOLOPHERNE, avec nne tristesse ataère, après avoir donné son cnsqiio et soo bouclier à Nassar.

Quoi ! toujours des combats, toujours le bruit des armes ! Autrefois ces périls iivaient pour moi des charmes ; Mais tant de vains exploits ont lassé mes désii^s. Je me prends à rêver à de plus doux plaisirs. Oh l j'envie en leur sort ces rois de l'Idumée : Dans un calme horizon leur vie est cnfciinéi-;

28 JUDITH

Ils passent leurs beaux jours dans un riant repos,

A rentrer leurs moissons, à compter leurs troupeaux ;

Et quand la gerbe est lourde et la vigne abondante.

Ils couronnent de lis leur tête indépendante.

Et vont, du vieux Liban franchissant les hauteurs.

Offrir un sacrifice au dieu des rois pasteurs.

Us ont dans leurs sujets une famille unie.

Et jamais un sang pur ne teint leur main bénie.

La puissance n'est pas im châtiment pour eux;

Leur force est d'être aimés, leur gloire d'être heureux.

Oh ! pourquoi venons-nous troubler leur douce vie ?

Ils tremblent à mon nom, et moi je les envie !

(Avec dureté à Natsar qui attend ses ordres.)

Le chef des Lydiens, l'avez-vous averti?

Viendra-t-il au conseil?

NASSAR.

Seigneur, il est parti !

A Damas... vous l'avez envoyé... Je m'étonne...

HOLOPHERNE, à part.

Je né me souviens plus des ordres que je donne. Insensé !

PHÉDYME, à Pharôs.

Que d*amour dans cet égarement !

HOLOPHERNE, à part.

Quel arrêt a changé mon sort si promptement?

Une femme, pour moi, ce n'était qu'une esclave. L'amour... un vain pouvoir qui plaît ou que Ton brave.. Quelle est donc cette ardeur que je ne puis dompter? Est-ce un destin fatal qu'il me faut redouter?...

Page 1