SCÈNE II
HOLOPHëRNE, Officiers, Gardes.
HOLOPHERNE, tenant une lettre à ia main.
Le destin me punit d'un rêve généreux.
Et vainement Judith m'intéresse aux Hébreux ;
Le roi veut que mon bras les livre à sa furie.
Par son nom, par l'honneur du trône d'Assyrie,
Il a juré leur mort; je ne puis hésiter.
Et quel homme à cet ordre oserait résister?
(U ouvre la lettre et lit : ]
a Je suis roi, je suis dieu. Sur la terre et sur Fonde » J'accomplis en marchant la conquête du monde; » Et vous pouvez souffrir que mon pas étemel » S'arrête un jour devant un hameau d'Israël! » Malheur, malheur à vous! si demain Béthulie » Sous ses remparts fumants n'est pas ensevelie; )) S'il reste un seul Hébreu dans ses murs renvei'sés, » Je croirai ce qu'on dit, que vous me trahissez ; D Et je vous punirai comme on punit un traître. » Adorez cet écrit, que signe votre maître. » Ah! l'on me dénonçait aux soupçons de mon roi!... Eh bien! par mes fureurs il faut prouver ma foi !