SCÈNE III
HOLOPHERNE, PHÉDYME, Oant le fond du theàUe,
NASSAR, Officiers, Gardes.
•PHÉDTME.
Rassurez-vous, seigneur, j'ai perdu tout espoir. Cest pour vous dire adieu que j'ai voulu vous voir. De vos ordres cruels je ne viens pas me plaindre; Regardez, je suis calme, et je sais me contraindre. Mais un affreux péril vous menace aujourd'hui ! Et tremblante, je viens tous armer contre lui.
BOLOPHERNE.
Phédyme, aucun danger ne menace ma vie.
tt6 JUDITH
PHÉDYME.
D'un horrible soupçon malgré moi poursuivie^ Pour vos jours, je crains tout, le fer et le poison. Et Ton retire ici Tair de la trahison.
Oh! vous venez encor...
PHÉDYME.
Je n'ai point parlé d*elle !
Mais, seigneur, permettez qu'un esclave fidèle Vous garde, et de ces lieux connaissant les détours. Puisse au moindre danger vous porter ses secours. Redoutez la douceur de cette main fatale !
dieux î pourquoi faut*il qu'elle soit ma rivale ! On ne m'écoute pas... mes cris sont superflus. Quel homme ose écouter celle qu'il n'aime plus ! 11 croit que je la hais parce qu'elle sait plaire, 11 prend mon désespoir pour une humble colère; Il ne devine pas que, bravant ses* mépris.
Généreuse, je veux le sauver à tout prix.
Oh! laisse-moi du moins, dans ce péril extrême. Laisse-moi te défendre et te garder moi-même : J'oublierai ce lien qui consolait mes jours.
Je verrai... sans pleurer... tes nouvelles amours. Judith commandera, j'obéirai près d'elle, Je lui pardonnerai... je dirai qu'elle est belle... Mais tu me laisseras toiyours veiller sur toi... Et l'on n'osera pas te frs^per devant mol.