‹ Judith, tragédie en trois actesChapitre 40 sur 49 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

«OLOPHERNE^ avec bonlc.

Phédyme, il faut partir; Judith a ma promesse; Éloigne de ton cœur un soupçon qui me blesse. Va, ne crains rien pour moi ; dans ce camp, dans ma cour. De fidèles amis me gardent nuit et jour.

PHÉDTME.

Mais la mort en secret peut vous être donnée. On peut vous présenter la coupe empoisonnée.

A Judith TOUS offrez im splendide festin.

Ce soir... tous recevrez la coupe de sa main... Oh ! de grâce, exigez... c'est ma seule prière. Exigez qu'elle boive... avant vous, la première... Et si, dans ce momenl, vous la voyez trembler..,

HOLOPHERNE

La hame vous égare, et c'est trop l'accabler !

PHÉDTME.

Eh 1 tu ne vois donc pas que Judith me renvoie. Gomme un garde importun qui Teille sur sa proie ! Elle hait ma présence et Tcut nous séparer.

Et celte crainle seule aurait dû t'éclairer !

HOLOPHERNE

Mais pai* d'autres motifs elle pourrait tous craindre.

PHÉDYME.

Oh I je comprends ! Judith excelle en l'art de feindre. Elle ose te flatter par de jaloux combats...

Elle!... jalouse I...

5S JUDITH

HOLOPHERNE

Eh bien?...

PHÉDTME.

Elle ne f aime pas !

(voyant la fureur d'Holopherne.)

Tu frémis à ce mot... Ah ! c'est là ma vengeance !

HOLOPHERNE^ avec violence.

Sans doute^ elle n'a pas votre noble indulgence. Mais ne peut-^n prouver im tendre sentiment Sans avoir immolé son père à son amant ?

Croyez-vous que le prix d'un dévouement se compte Par ce qu'il a coûté de remords et de honte ?

PHÉDTME.

Oh ! de l'amour éteint inévitable loi !...

Si généreux pour elle... et si lâche pour moi !

Elle trompe, on l'écoute, et sa parole enivre...

Elle apporte là mort... et pour elle on veut vivre!

On la traite en idole, on lui parle en tremblant ;

Et l'on m'accable, moi ! d'un mépris insolent.

Elle hait, on le voit, sa vengeance menace...

Et c'est moi que l'on craint, et c'est moi que l'on chasse !

M'arrachant le seul bien qui me reste aujourd'hui.

Le droit de le défendre et de mourir pour lui !

HOLOPHERNE

Eh! renoncez, madame, à cet effort sublime.

Ne lui ravissez pas son heureuse victime ;

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