SCÈNE PREMIÈRE
LE VIEILLARD Mendiant, LA JEUNE FILLE, L'ISRAÉLITE et son Enfant.
LE VIEILLARD
Le jour paraît à peine, et Judith prie encore.
LA JEUNE FILLE
Oh! comment apaiser ce feu qui nous dévore?
Pas une goutte d'eau dans le creux des rochers ! Les aqueducs rompus gardés par des archers :
Et Tennemi, déjà maître de nos campagnes.
Détournant dans son cours le fleuve des montagnes. Dieu puissant, Israël expire sous tes coups!
8 JUDITH
LE VIEILLARD
Rassure-toi^ Judith aura pitié de nous.
Ma ûlle ; si j'en crois ma mémoire incertaine,
Dans ses vastes jardins il est une fontaine
Où nous puisions jadis aux jours de la moisson,
Et dont rëcho disait notre folle chanson.
Ah ! c'était Theureux temps; mais la guerre, la guerre.
Elle ravage tout, les peuples et la terre.
l'isba ÉLITE, regardant son fils.
Pour une larme d'eau voir un enfant mourir !
Si quelque orage au moins venait nous secourir !
(Elle coeille nne fleur.)
Cette fleur est encore humide de rosée :
Presse-la, mon enfant, sur ta lèvre embrasée.
Elle se lève.)
Comme il soufiEre!... mon fils! Je brave tout pour toi! Ah! l'ennemi lui-même aura pitié de moi!
(Le vieillard et la jeune fille s'approchent de l'enfant.)
Tous deux veillez sur lui.
(L'Israélite prend une amphore et s'enfuit par le sentier des montagnes.)