‹ Judith, tragédie en trois actesChapitre 5 sur 49 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

LA JEUNE FILLE

Mais le camp d'Holopheme est si près des remparts ! Sur tous les monts voisins il répand son armée ; Dans un cercle de mort la ville est enfermée^ Et Ton dit que nos chefs ont perdu tout espoin

LE VIEILLARD

Âurais-je donc vécu si longtemps pour te voir Sous un joug odieux lâchement avilie^ ma cité natale^ ô sainte Béthulie !

Mais non^ j'espère encor; Judith nous sauvera. Elle a longtemps souffert^ et Dieu Técoutera. 11 daignera bénir^ dans sa douleur constante^ Cette austère vertu qui se fait pénitente ; Car elle donne à Dieu son âme et ses trésors : Chaste et pure> elle vit dans le deuil des remords; Au dernier rang du peuple elle a voulu descendre ; La beauté de son front se cache sôus la cendre ; Veuve^ au pied d'une tombe elle passe ses jours. Sa gloire est de pleurer^ et de pleurer toujours. Pour habiter plus près de cette tombe aimée.

Dans sa maison des champs elle s'est enfermée^ Et c'est là que, livrée à ses amers regrets^ Elle interroge Dieu sur nos destins secrets.

Et Dieu pardonnera nos crimes^ qu'elle expie ; Par sa main innocente il frappera l'inipie.

A mon âge^ le cœur se flatte rarement.

Va, l'espoir d'un vieillard est un pressentiment : Je lis dans nos malheurs un avenir prospère. . Judith veille sur nous, elle prie !... et j'espère !...

10 JUDITH

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