‹ Judith, tragédie en trois actesChapitre 45 sur 49 · Livre ta destinée à cet amour si tendre · texte numérisé non relu

Livre ta destinée à cet amour si tendre

Je ne te quitte pas, Judith; je vais t'attendre. Que mon cœur va frémir au doux bruit de tes pas ! Tune peux me tromper : tu viendras... tu viendras!...

JUDITH, tremblante.

Dieu m'a dit : « Tu seras l'épouse et la servante. »

(a part.)

Je suis soumise à Dieu... Cet amour m'épouvante!

H L PH ER N E, avec passion.

Est-il vrai?... N'est-ce pas un prestige du cœur? Cette femme... aujourd'hui... promise à mon bonheur, C'est elle!... c'est Judith!... c'est la femme que j'aime! pensée enivrante ! ô déluré suprême !

Vertige de l'espoir, extase, enchantement !

Félicité cruelle! adorable tourment!

Délicieux fardeau de tristesse et de joie !

Torrents de voluptés où mon âme se noie!

Non, je ne savais pas, avant cet heureux jour. Quels siècles on peut vivre en une heure d'amour!

(U sort. Ses ofRciers, ses pages l'accompagoent. Des esclates emportent les flambeaux; ils ne laissent que la lampe, et ferment les rideaux dans le fond du théâtre.

66 JUDITH

Page 1