ACTE
HOLOPHERNE
Là VOUS ferez pâlir nos plus fières beautés.
Quel triomphe pour moi; car ce jour vous engage!
Vous connaissez nos lois... vous savez qu'un usage...
Un usage à la fois charmant et rigoureux^
Nous fait un déshonneur de n'être point heureux.
L'imprudent qui verrait son ardeur méprisée
De la cour, aussitôt^ deviendrait la risée...
Mille regards moqueurs le poursuivraient toujours.
JUDITH
Oh! l'on ne rira pàs^ seigneur^ de nos amours !
HOLOPHERNE
Ce bonheur est si grand que j'ose à t>eihe y croire! Tu ne me hais dotic pas?
JUDITH
Vous plaire^ c'est ma gloire !
HOLOPHERNE^ mystcriensemeDt.
Tu Tas promis^ Judith; dans ma tente... à minuit... Tu viendras... Elle est là... cette porte y conduiL.. Tu me dis d'espérer!... Ohl ce n*est point un rêve...
JUDITH^ sMnclinant.
Seigneur...
(a part, en regagoant la porto.)
Sur les rideaux j'ai vu briller un glaive !
(tous deux le lèvent. Les esclaves emportent la table du festin.)
04 JUDITH
NASSAR^ bas à Holoplierne.
Tous les feux sont éteints dans les murs assiégés : Au fond des souterrains nos soldats partagés Attendent le moment de marcher sur la yllle^ Qui^ dans un faux espoir^ trouve im sommeil tranquille.
HOLOPHERNE^ bu à Nassar,
Va, dirige leurs coups, et reviens me chercher Au point du jour !
JUDITH, bas à Zelpha, lui montrant la porte de sa tente.
C'est là qu'il faudra te cacher.
Zelpha, tu resteras derrière cette porte; Mais ne te montre pas avant que je ne sorte.
Je poserai la lampe ici, de ce côté.
Achior reviendra guidé par sa clarté.
Ses- soldats avec nous sont tous d'intelligence.
NASSAR, à Holopheme.
Le mot d'ordre, seigneur?
HOLOPHERNE
« Babylone et vengeance! »
JUDITH, à Zelpha.
Retiens bien ces deux mots.
(zelpha sort, Nassar se retire dans le fond du thëàlre.] HOLOPHBRNE, à Judith, arec tendresse.
Judith, pardonne-moi!
C'est un crime,.. Un moment j'ai douté de ta foi... De cet affreux soupçon mon âme est soulagée; Mais comme j'ai souffert!... Ma douleur t'a vengée.