SCÈNE VIII
JULIA (seule), puis OTTAVIO.
JULIA (seule).
C’est lui-même qui me donne le moyen que je cherchais. Maintenant, je crois qu’il ne m'échappera pas!
OTTAVIO (entrant et l’arrêtant).
Pardon, seigneur licencié, j’aurais deux mots à vous dire.
JULIA
Je vous écoute, seigneur cavalier.
OTTAVIO
Que vous vous soyez épris, à première vue, de la senora Inès, il n’y a rien d’étonnant à cela, mais que vous ayez osé le lui dire en ma présence, cela passe permission et vous trouverez tout naturel, seigneur Fabio, que je vienne vous en demander raison.
JULIA (étonnée).
A moi !
OTTAVIO
A vous.
J U L IA (à part).
Diable! (Haut). Mais il me semble que si quelqu’un a le droit d’être offensé, c’est maître Bernadille et non pas vous.
OTTAVIO
Vous refusez alors de croiser l’épée en l’honneur de la Senora ?
JULIA
Pas précisément. Cependant, je vous ferai remarquer qu’on ne se bat pas avec les gens de robe. Et puis, je serais désolé, moi, de vous donner un coup d’épée, car j’ai beaucoup d’estime et d’amitié pour vous.
OTTAVIO (étonné).
Pour moi ?
JULIA
Pour vous. Et si vous saviez qui je suis, au lieu de tomber en garde, vous tomberiez à mes pieds.