‹ Juge et partieChapitre 30 sur 34 · SCÈNE Y · texte numérisé non relu

SCÈNE Y

FRASQUITA, BERNADILLE, puis JULIA (venant par

la droite).

' FRASQUITA (amenée par les alguazils).

Vous voulez me parler, mon maître, me voici ; qu’y a-t-il pour votre service ?

BERNADILLE (vivement).

Ah ! Frasquita, écoute ; ma vie dépend de toi !

FRASQUITA (étonnée).

De moi, Senor ?

BERNADILLE.

Oui, tu n’as qu'un mot à dire pour me sauver de la corde! Tu le diras, n’est-ce pas?

FRASQUITA.

Mais sans doute. (Entre Julia.)

BERNADILLE (la montrant,.

Devant le seigneur juge que voici?

FRASQUITA.

Devant lui, certainement.

BERNADILLE (joyeux).

Ah ! Eli bien ! parle, dis tout ce que tu sais ?

FRASQUITA.

Moi, mais je ne sais rien !

BERNADILLE.

Tu ne sais rien? Comment, tu ne sais pas que ma femme m’a trompé, toi, sa complice?

FRASQUITA.

Trompé! Dona Julia! Ah! par exemple, en voici la première nouvelle.

BERNADILLE (se contenant .

Voyons, voyons, ma petite Frasquita, je t’en prie r îtappelle bien tes souvenirs? Ton pauvre maître... tu Veux donc le faire pendre ; toi aussi? Tu l’aimes un peu, ton pauvre maître? Voyons, Frasquita, je t’en prie?

FRASQUITA.

Mais, Sénor, je ne puis pas cependant dire un mensonge.

BERNADILLE.

Ça ne fait rien !

.1 U LIA (sévèrement).

Accusé, prenez garde! N'aggravez pas votre situation en cherchant à corrompre un témoin!

FRASQUITA.

Dona Julia était la plus vertueuse femme du monde !

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