‹ Juge et partieChapitre 31 sur 34 · BERNAD1LLE · texte numérisé non relu

BERNAD1LLE

Mais tais-toi donc?

FRASQUITA.

Ri quelqu’un connaissait Dona Julia, je puis dire que c’est moi, et jamais, au grand jamais...

BERNA VILLE (l’interrompant).

Jamais, dis-tu? Eh bien, puisque tes souvenirs te font défaut, je vais te rafraîchir la mémoire. Te souviens-tu, il y a deux ans, de la nuit du 23 août?

FRASQUITA (cherchant).

La nuit du 23 août? 11 y a deux ans?

BERNADILLE.

Oui. On me croyait absent, mais je suis revenu, et je me suis caché. Je fai vu traverser le jardin accompagnant un cavalier enveloppé d’un manteau, et que tu faisais évader par la petite porte pendant que la lumière brillait dans la chambre de ta maîtresse.

FRASQUITA (troublée, se souvenant).

Ah ! Dieu!

BERNADILLE.

Ah! (a Juiia). Elle se trouble? Vous voyez, seigneur juge, elle se trouble!

f.rasquita.

Comment, Sénor, vous m’avez vue?

BERNADILLE (triomphant).

Comme je te vois en ce moment. Ah! Ah ! tu avoues donc enfin!

frasquita.

Vous saviez tout, alors?

BERNADILLE

Je savais tout!

frasquita.

Et vous ne m’avez pas renvoyée? Et vous m'avez gardée tout de même?

BERNADILLE.

Oui, je t’ai gardée tout de... (s’interrompant). Comment? Que veux-tu dire?

FRASQUITA (pleurant).

Eh! bien oui, Sénor, c’était Mendoce?

J U LIA (étonnée).

Mendoce?

BERNADILLE (étonné).

Mendoce?

frasquita.

L’alguazil. 11 m’avait promis le mariage... et je lais-

sais la porte clu jardin ouverte pour que, de temps en temps, il put venir causer un peu. Mais, hélas,.il est parti pour les îles... et tenez, le lendemain, justement de la nuit ou vous nous avez surpris, et depuis je ne l’ai pas revu 1

BERNADILLE (avec éclat).

Alors il venait pour toi ?

Page 1