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ie ÿ-ji 8ä-nï-si-ta-mä-Bi-ci-nam 1-| hen nion-k8a-ri-8ä-nè-ren, tsi-ni-
ni-kik néc-ki-hi-nang 6-ji 8ä-nï-| ot n'iï tsion-k8ü-ni-kônr-hens
si-ta-ma-8än-gite ä-8ï-ia ka nic-|o-thô-non îon-ki-nï-kôn-rü-ksa-
w w à .. ad à . LM kï-hïa-min-djin. Ga-ie kä-8in pä- | ton n’ôn-k8e; tô-sa a-10n-k8üki-t&-nï-mi-ci-kan-gen 8ä pä-ci-| sGn-ni ne kü-ri-8ä-në-ren, ä-k8ëï-nï-g0-ian-gin ; a-tcitc ï-ni-na- . si AS
8r-ni-g 8m; D | Lon ë-ren sä-8it n’1o-tâk-sens. se Se
mä-8i-ci-nam ma-la-nä-tak.
Par ces deux spécimens, on verra les différentes combinaisons que les lettres forment entre elles, et dans quelle proportion chacune d’elles est employée. Nous recommandous le {ak8arenha à l’attention toute spéciale de M. Renan qui, dans son triste livre de l’origine du langage, a cru devoir choisir la langue iroquoise comme le type, comme le nec plus ultra des idiomes barbares, Il ne pourra s’empècher de remarquer dans ce morceau, bien que composé seulement de onze lettres, un heureux mélange de sons doux et d’articulations fortes ; et, quoiqu’il soit dépourvu de plusieurs de nos articulations françaises, nous espérons qu’il lui épargnera le reproche d’être monotone. Mais passons vite à un point plus important.
M. Renan sera probablement surpris d’apprendre que cette langue iroquoise qu’il s’était figurée être si barbare, ne laisse pas que d’avoir certaines analogies très-curieuses avec les langues savantes. Ainsi ces racines quadrilitères et quinquilitères tant hébraïques
u’indo-germaniques dont M. Renan fait un si pompeux étalage ans son livre de philologie comparée, ont leurs émules dans la sangue iroquoise ; et certes les mots raonraon, kitkit, 8iion8iion, taraktarak, sarasara, teriteri, k8isk8is, herhar, tsiskoko, k8itok&ito, iekanienk8irok&iro, et autres, peuvent très-bien entrer en parallèle avec. gargar, tsifiséf, tsilisél, GARGARISER, GARGARIZEIN, pipivit, PIPIZEIN, tintinnavit, klingeln et 16s autres mots cités dans la liste de M. Renan. Concluons donc qu’en matière d’oncmatopée, les langues américaines (1) ne le cèdent à aucune, et que, parmi elles, l’iroquois se distingue par des tendances à revêtir la forme quadrilitère, Mais il est d'autres analogies qui frapperont davantage M. Renan, et l’obligeront, sinon à réformer ses opinions, du moins à les exprimer en des termes plus modérés et d’un ton moins affirmatif.
Telle sera l’analogie qui existe entre les préfixes algonquins et les affixes hébraïques. Que M. Renan veuille bien les comparer les uns aux autres :
(1) L’Algonuuin en particulier offre d'assez nombreux exemples de mots formés par imitation de la nature, tels que ceux-ci: kokoc, kokoko, kackackipinesi, kakaki, makaki, anhanh8e, etc, .,,..
SabaktaNÏI, tu m’as abandonné, N1, me, moi, ë JadekA, ta main, KA, de toi, A, RaghelO, son pied, o, de lui, * Ninaganik, il m’abandonne, nr, me, moi, ° Kinindj, ta main, KA, de toi, Ê Osit, son pied, o, de lui ou d’elle. | k
Où trouvera-t-on ailleurs une atalogie plus remarquable ? Est-ce dans le sanscrit qu’allègue si souvent M. Renan ?
Mais voyons si, à son tour, la langue iroquoise n’offrirait pas, elle aussi, quelques rapports de similitude, en matière de proncms.
M. Renan fait observer quelque part que certains pronoms-isolés hébraïques réclament l’appui d’une syllabe préformante à laquelle, pour cette raison, on donne le nom de soutien. Or c’est aussi ce qui a lieu à l’égard de certains pronoms-isolés iroquois, comme ti, moi, îse, toi, l’i initial sert ici de soutien, de même que la préformante AN dans les pronoms hébraïques ani, anta. Otons pour un moment ces soutiens, et il nous reste des deux côtés i, pour pronom de la lère personne, forme commune à presque toutes les langues d'Europe ; et, quant au pronom de la 2de p., nous aurons du côté.sémitique : fa, et du côté iroquois : se, forme identique au grec su, et dont il reste d’évidents vestiges dans le latin, le français, l’espagnol :
v. g. >» tu mangeÿ, tu parles,
comes hablaS.
Mais il y a plus encore: à l’état préfixe, la forme du pronom ae la 1ère p. est 14 ou simplement ’k. Ne peut-on pas voir dans cette forme ik le pronom grec et latin Ego ? Qu’en pense M. Renan ?
Si ces exemples ne suffisent pas, nous ne sommes pas encore à bout de nos ressources. Nous pouvons mettre à contribution ‘es noms de nombre, et fournir en cette matière de nouvelles richesses au trésor de philologie comparée que M. Renan a eu le bonheur de découvrir et qu’il désire sans doute grossir et voir se développer davantage. Îl aura donc le bonheur aujourd’hui d’ajouter à sa liste de noms de nombre, à côté de l’hébreu ehad et du sanscrit eka, le huron (1) skat et l’iroquois enskat ; et immédiatement au-des-
comedis, loqueriS,
(1) Le huron et l’iroquois ne sont que des dialectes de la même langue, ou si l’on veut en faire deux langues distinctes, nous dirons que le rapport qui existe entre elles est à peu près le même que le rapport existant entre le vortugais et l'espagnol. Le huron est à présent réduit à l'état de langue morte, nous dirions presque de langue éteinte. Cela est très-regrettable au point de vue de la linguistique américaine, qui trouverait dans l'intelligence de certaines racines huronnes la clef pour découvrir peut-être l’étymologie véritable d'un petit nombre de mots iroquois dont la première signification est restée jusqu’à ce jour dans une sorte d’obscarité.
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