ART. IL.—DES VERBES DERIVES
Le nombre de ces verbes est très-considérable; les uns sont dérivés d’un nom, d’autres d’un verbe, d’autres enfin de quelqu’autre partie du discours.
* Il ne faut voir ici qu'une rencontre purement fortuite; partout ailleurs les deux verbes s’éloignent l’un de l’autre: ni kana, je le cache, ni kanik, ÿ/ me cache, ki kanin, je te cache, kajicin, cache-moi, ni katon keko, je cache quelque chose, ete.
$ 1.— Verbes dérivés d'un non.
10. Le verbe français avoir, signifiant posséder, avoir en sa possession, peut se rendre en algonquin par un verbe dérivé du nom de l’objet possédé.
Pour former ce verbe, on n’a qu’à placer la lettre o devant le nom, exemples:
Pak8ejigan, pain ; Opak8ejiganim,i,* avoir du pain. Makisin, soulier ; Omakisin,i, avoir des souliers. Sitikemagan, {,} O8itikemagan,i, avoir {fe
20. Le verbe français faire, signifiant fabriquer, construire, façonner, peut se rendre en algonquin, par un verbe dérivé du nom de la chose fabriquée.
Pour former ce verbe, on ajoute au nom: KE, OKE, IKE, suivant que ce nom se termine par une voyelle, ou par une gutturale, ou bien par toute autre consonne, exemples : Ab8i, aviron ; abB8ikE, faire un aviron.
Makak, makak ; makakokE, faire un makalk.f Mokoman, couteau ; mokomaniKkeE, fuire un couteau.
3. Le verbe éfre suivi d’un nom, se rend en algonquin par un verbe dérivé de ce nom.
Pour former ce verbe, on ajoute au nom 8,1; 08,1; 18,1, suivant que ce nom est terminé par une voyelle, ou par y, #;, ou bien par toute autre consonne. Exemples :
Okima, roi ; nind okimas, je suis roi, okima8i, à est roi.
Kikang, grande fille ; ni kikango8, je suis grande fille, kikango8t, elle est grande fille.
Sagoc, renard ; ni 8agoctS, je suis un renard, 8agoci8i, c’est un renard, (dans le sens figuré.)
4. Ainsi qu’il a été dit plus haut, le verbe impersonne! #/ y a, signifiant à y a beaucoup, ü y a en abondance, s'exprime en algonquin par un verbe impersonnel dérivé du nom de la chose qui abonde : pine, perdrix, pinekA, à! y a des perdrix ;
* Le mot paksejigan est un de ceux qui prennent la marque du possessif: ni paksejiganiM = mon PAIN, ni paksejiganiMinan = notre pain.
+ Sorte de boîte que fabriquent les femmes indiennes avec l'écorce de bouleau.
mitik, arbre, mitikoKkA, à y a des arbres; kon, neige, konïkA, Ù y a de la neige.*
$ 2.— Verbes dérivés d'un verbe.
1. Des Verbes absolus primitifs dérive leur conjugaison active avec toutes celles qui en dépendent. Exemples: Nipom, souhaîte-lui la mort, de nip,o, mourir.
Ma8im, pleure-le, ma8indis,o, pleurer sur soi-même, de maë,i,
pleurer.
se font danser, f dansent ensemble,
Nimih, fais-les danser, nimihitiSak, ils nim,i, danser.
8abam, vois-le, ni 8abamigo, on me voit, de 8ab,i, voir.
Sik8ac, crache sur lui, conspue-le, de sik,o, cracher.
2. Des verbes actifs primitifs dérive leur conjugaison absolus avec toutes celles qui en dépendent, exemples :
NiciSe, iuer, étre meurtrier, homicide, Nitage, tuer, faire boucherie, Mikaki, se battre, de mikac, bats-le.
Anokim,o, employer, de anoj, employe-le.
3. Des verbes impersonnels qui ont rapport aux saisons et aux divers changements de température, se forment certains verbes absolus ; et de ceux-ci dérivent ensuite d’autres conjugaisons, exemples :
de nici, tue-le.
* Ainsi qu'il est facile de le voir, ces verbes et ceux qui les précèdent : okimas,i, absike, &e., se forment d’après les règles suivies dans la formation des accidents vominaux. Voyez Etud. Phil. p. 38 et suiv.
Ÿ En algonquin, il n’est pas d'usage de dire simplement : ils dansent = nimi8ak, de deux ou plusieurs personnes qui dansent ensemble ; dans la pensée des Sauvages, c’est l’un qui fait danser l’autre. Pour inviter quelqu'un à danser, ils diront: nimihicin=fuis-moi dan ser, ou bien: nimihitita = faisons-nous danser l'un l’autre, (ou les uns les autres,) ou bien, plus poliment: ki ta papamitam ina kitci nimihinan=me permettrais-tu de te faire danser ? La danse d’un seul étant bien rare, on n’emploie guère le mot nimi8in, en dehors de la danse du saint roi David. C’est le nom dérivé du réfléchi, que l’on emploie de préférence: mimnhitiSin.
8abans,o, voir le jour suivant, de 8aban,* il est jour. Piponic,i, passer l'hiver .
n DUT di ù , de pipon, c’est l'hiver.
Pipones,i, avoir hivers, être âgé det c PIPOn; Nibinic,i passer l'été, de nibin, c’est l'été. Notinic,i, avoir du vent, de notin, à vente.
$ 111.—- Verbes dérivés de différentes sortes de mots. D'un nom: tibikat, à est nuit, (tibik, nuit.)
, . se. (k8enatci8,i, | , D'un adjectif: M ratit être beau, (k8enatc, beau.)
ide : Qui es-tu? A à qui? quel f
D'une préposition : pindike, entrer, (pinte, pindik, dans.)
D'un adverbe : sn être fort, (songa, fortement.)
D'un nom de nombre: pejik,o, étre seul, n'être qu'un, (pejik, un.)
D'un nom de lieu: Moniake, aller à Montréal, (Monia, Montréal,
Dun nom propre: MiceniSang, à la St. Michel, (Micen, Michel.
D'une particule verbale: pij, apporte-le, (pi, v. Et. ph. p. 79.)
D’un pronom :