‹ Jugement erroné de M. Ernest Renan sur les langues sauvages [microforme]Chapitre 38 sur 55 · ART. I.—VERBES INSTRUMENTAUX · texte numérisé non relu

ART. I.—VERBES INSTRUMENTAUX

Ils sont de deux espèces: les uns se forment sur les verbes de possession, les autres sur les verbes de construction.

lo. J’appelle verbes de possession les verbes dérivés du | nom de la chose possédée, comme : “ okan,i, o8iias,i, o8iia8,i, | otcitcagoc,i, omisk8i, omitonenindjigan,i, otehe, octik8anii, onindj,i, 08i8ak8an,i, okonas,i, omakisin,i,” etc., avoir des os, de la chair, un corps, une âme, du sang, de l'esprit, du cœur, une tête, des mains, un chapeau, des habits, des souliers, etc.

* AMPERE, Promenade en Amérique.

On forme l’instrumental de ces verbes en ajoutant NoTAS ou NOTAN suivant que le régime du verbe instrumental est de lère ou de 2eme. classe.

D’après les règles qu’on a vues plus haut, nota8 et notan sont précédés d’un o, si le nom d’où dérive le verbe est terminé par une gutturale ; d’un i, s’il se termine par une autre consonne ; et il n’est besoin d'aucune lettre transitive, quand c'est une voyelle qui termine le nom qui sert de prototype. Exemples:

Ot o8iia8INoTASan Jezos pak8ejiganibanen, Jésus change en son corps le pain qui n’est plus.

Ot omisk8iNoTAN cominaboban, I! change en son sang le vin qui n'est plus.

Se masquer c’est, en cette langue : convertir du papier en son visage, 8e faire un visage de papier :

O ki ockinjikONOTANa8a masinaiganic, is se sont masqués.

Nos expressions françaises: c’est la bonté même, c’est la bêtise personnifiée et autres analogues, se traduisent très-bien en algonquin par: “ot o8iia8inotan caSenindjike8in, ot o8iia8inotan pizinatisi8in.”

20. J’appelle verbes de construction les verbes dérivés du nom de la chose construite, comme : ‘“ mikiSamike, mikanike, teimanike, akimike, packiziganike, makisinike, 8i8ak8anike, pak8ejiganike, ab8ike,” faire une maison, un chemin, un canot, des raquettes, des fusils, des souliers, des chapeaux, du

pain, un aviron.

Soit pour exemple le verbe ab8ike ; il formera les verbes

instrumentaux suivants :

Ni Si ab8ikena, je veux en faire un aviron (de cet arbrisseau planté.)

Ni 8i ab8iken, je veux en faire un aviron (de ce morceau de bois.)

Ni 8i aiab8iken\:, je veux en faire des avirons (de ces arbres debout.)

Ni 8i aiab8ikenan, je veux en faire des axirons (de ces arbres à terre. )*

* Dans ces deux derniers cas, on a dû employer le fréguentatif duquel il est fait mention dans les Ætud. phil, p. 75.

A8 AB8IKE engendre ABSIKA8, fats-lui un aviron; celui-ci est engendre à son tour: ab8ikotatis,o, se faire un aviron. Or, de ce dernier verbe se forme l’instrumental:

te nind ab8ikotatizo nd je m'en fais un aviron, el- ) n,an, tre en variant la terminaison selon que le nom de la matière nd : employée, est de lère ou ‘le 2ème classe, au singulier ou au pe. è pluriel.

x : ART. II—DES VERBES DE PARENTÉ ET D'AFFINITÉ. Les noms de parenté et d’afiinité peuvent se verbifier et vin ‘ revêtir les principales formes verbales, comme l'actif, le 1 passif, le neutre, le réciproque.

en à Ainsi des mots suivants: ’os, père; ga, mère; kBisis, fils; | anis, fille; nidjanis, enfant; kanis, frère d'homme; tikik, É sœur de femme; a8ema, {re mme} 8, épouse; inda8a |} du t la ! gendre, de la bru, etc., on formera:

en 1 Oios,i, avoir père; oïosim, aîe-le pour père; nind oiosimik, ot Û il m'a pour père, je suis son père; 8eiosimintc, 8eiosimindjik, le père, les pères; 8eïosingin, comme un père, d’une manière du paternelle ; ike, Oki, avoir mère, oki8in, maternité; okim, aîe-la pour mère, ike, À nind okimik, à m'a pour mère, je suis sa mère; 8ekiminte, un 8ekimindjik, {a mère, les mères; 8ekingin, à la façon des du mères, avec des sentiments maternels ; | Okâisis,i, avoir fils; okBisisim, aie-le pour fils; nind rbes | okS8isisimik, je suis son fils; 8ekBisisimidjik, ceux dont je suis fs; 8ek8isisidjik, les parents du garçon ; eau Ë Otanis,i, avoir fille ; 8etanisite, {#7 | d'une fille ; 8etanisidjik, . les parents de la fille; 8etanisimidjik, ceux dont je suis fille ; | 1 de 4 Onidjanis,i, avoir enfant, être{#t : 8enidjanisimiang, 6 vous | : qui nous avez pour enfants! 8enidjanisidjik, ceux qui ont des | res enfants, les parents; 8enidjanisimindjik, ceux que l'on a pour

enfants, les enfants; 8enidjanisindidjik, les parents et les bres enfants ; Kit o8ikanisindim, 8e8ikanisindingin iji sakihitik, vous êtes frères, aimez-vous comme des frères; o8ikanisingin nind iji sakiha, je l'aime comme s'il était mon frère ;

8etikikongin apitenimik 8adjaonak, regardez les Droquoises comme vos sœurs; 8etikikondingin iji sakihitita, aimons-nous des unes les autres comme doivent s'aimer des sœurs ;

8eta8ema8indingin inenindig8aban, ts se considéraient entr'eux comme frère et sœur ;

8e8indingin iji 8itikendi8ak, ils vivent ensemble comme s'ils étaient mariés. Dans le catéchisme, le sacrement de Mariage est’nommé “aiamie 8i8indi8in ;” à {

Otinda8a8indik, 4 y a alliance entr'eux, le fils de l'un a | épousé la fille de l'autre.

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