L'INTERNELLE CONSOLATION
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DaSSANCE, MoNTBRUN , MONTFALCOIV ,
Votre exemple est une leçon , Qui clôt d'un long discours éthique En vers brefs la Prose rhy thmique ; Il comble , ou resserre , ou grandit , Le champ, sous Desmarets(I) stérile, Et que Lenglet s'il reverdit , Rend peu florissant, peu fertile,
(1) Auteur d une Imitation en quatrains assez arides, quoicjue littérale.
Quoique mêlé d'expression Prise à la Consolation, Et nourri d'onction chrétienne , D'une source Augustinienne (1 ) .
Mais avant que du texte ancien , Latin , Français , Italien , D'une Imitation triglotte Luise une vraie Édition ; Ou qu'une essence élaborée Au Mont de contemplation (2), Et qu'a reproduite épurée, L'Auteur de V Imitation , Soit pour la jeune nation , Toute en quatrains vifs illustrée ; Ou qu'un médecin à Lyon , Doué d'une raison lettrée Dote le monde Européen , La France entière d'un grand bien , Par la plus riche polyglotte ; Pour l'ame à Dieu vraiment dévote Suffît un Pain quotidien :
Gerson , imitant l'Evangile , Donne ce que le Christ promet (3).
(1) Traduction mêlée de variantes de Vlnternelle consolation , terminée , dans une édition, par des prières de saint Augustin à chaque chapitre.
(2) Titre qui semble faire allusion à la Montagne de l'Écriture, si féconde en maximes et célèbre par le sermon et la Prière du Seigneur.
(3) L aliment quotidien annoncé dans le Pater semble être 1 Imitation adoptée universellement pour les collèges par l'Instniction publique Voyez à la fin l'Oraison dominicale en ver».
Grâce à maint tilie simple et net ,
Un texte pur, traduit d'un style
Ni bref, ni diffus, ni servile ,
Mais fidèle au texte correct ,
Est le fruitées longs soins de Gence (1).
Lors à Genoude qui s'élance
Pour les Dames plus gracieux ,
Lamennais joint la véhémence
De Discours vifs ou spécieux (2) ,
C'est du bon Lallemant pieux ,
Rajeunir la vieille élégance.
Muni des Pères , des docteurs ,
Et às". nos plus chers orateurs ,
Qu'applique éloquemment Dassance,
Le texte, parfois épineux.
Par lui s'éclaircit , et l'honore
Plus que ne fait l'Art précieux.
Genoude, à son tour plus soigneux ,
Se repolit et se décore ;
Le texte en partie est traduit ,
Par Lamennais , qui le produit ,
Du texte commenté se pare ,
Et de son rival se sépare ,
Mais lors , suivant un mot heureux
D'une Epître de Théoelore ,
(1) La nouvelle traduction faite sur un texte revu d'après les plus anciens manuscrits avait paru en 1820, avant l'édition latine publiée en 1826, chez Treuttel-et Wiirti.
(2) La traducllon dite nouvelle de M. de Genoude , avec des réflexions de l'abbé de La Mennais, en tcte de la Bibliothèque des Danses, a paru en même temps que la version faite d'après le texte revu.
Ami de Gerson vigoureux (1),
Voici de nouveau que ^'explore
Un champ que l'Art couvre et coloré ^
Mais qu'en déflorant a flétri
La Triglotte de Grégory.
Il donne à Gersen de Beauzée
La traduction révisée (2),
Mais dans quelle source est puisée
Sa vicieuse version ,
La française ou l'italienne ?
C'est dans une Imitation
Sans date, qu'il dit fort ancienne ,
Et sans nom, mais gersénienne.
Cependant , quelque édition
Qu'un nom de possesseurs soutienne,
De Munich, de Milan, Ravenne (3),
Confond la réclamation.
L'interne Consolation^
Paraît aussi Gersonienne,
Bien avant l'attribution
Qui nous découvre, à Valencienne ,
Gerson prêchant la Passion.
Déjà la feuille Gallicane,
Dont Villenave était l'organe ,
Sous l'Empire, par son Echo ,
Prônait la populaire manne (4)
Comme pouvant couler à flot
(1) Epitre de Villenave fils sur le Destin et sur Gerson.
(2) Par l'abbé de Labouderie.
(3) Par un manuscrit sous le nom de Gerson, découvert par M. Miller.
(4) h* Internelle consoîationiproQlsLïnée en 1810.
J)e V Imitalionlaime-^
Car sa féminine onction ,
Devient la démonstration
De sa vive et mâle origine.
Une tardive invention
Ne fait point naître , mais confirme
L'opinion qu'entraîne, affirme
Un texte ancien, d'autant meilleur
Qu'il remonte haut vers l'Auteur.
Gerson, par son docte copiste,
Connaissait le foyer kempiste,
Fécond en écrits précieux ,
Dont les siens s'estimaient le mieux.
Trente manuscrits en font preuve ,
Et surtout maint écrit moral ,
Où luit le Livre principal.
L'excès des maux , la longue épreuve ,
Chez les hommes , vrai pâtiment^
Et du malheur l'enseignement.
Loin des troubles, dans le refuge
Du cloître , à l'abri d'un déluge ,
Où, se retranchant, le Docteur
Parle, chante et médite en chœur,
Ont seuls produit l'œuvre profonde, «
<^<^ E^, comme l'Oraison féconde Qu'apprit à l'homme le Seigneur d^£.ii«»^Bt-fî«- par tout frappe le cœur,
Attache > instruit, remplit le monde.
J.-B.-M. GENCE, d'Amiens.
Novembre 1857.