‹ Jugements relatif à l'ImitationChapitre 16 sur 18 · LES AMIS DE GERSON · texte numérisé non relu

LES AMIS DE GERSON

DANS LE PARALLELE DES PHRASES DES ŒCVnES MORALES DU DOCTEUR, AVEC CELLES DE

L'ISUTATION DE JÉSUS-GHRIST.

Ajouterai-je au Supplément Quelques titres, noms, document?

Notre française Académie Enfin , de l'éminent Docteur Qu'a loué trente ans l'Éditeur, Vote l'éloge, comme amie.

Mais tout profond Logicien , Le corps académicien , I Qu'éclairent les Lettres , l'Histoire ,

A l'Auteur de l'œuvre aime à croire, Titre d'éloge le moins vain , Gage d'une immortelle gloire.

Quels noms encor d'ami certain Vois-je s'offrir à ma mémoire ?

BoLDONi , docte Italien (1) , Jugeant la version ancienne , Française ainsi qu'italienne, Accommodée à tout Chrétien.

PARisoit, savant helléniste , Possesseur d'œuvres de G erson (2) Qui du livre, inscrit sous son nom , Manifestent le moraliste.

Gerbet (3) plein du Livre immortel Qu'il admire, loue et pratique , Digne d'être, avec O'Donnel (4), Un ami du grand Catholique , Dans ses maximes inspiré , IVon moins, par la faveur divine, Que, dans sa profonde doctrine, Par sa longue épreuve éclairé ; Tel fut notre humble solitaire , Vieux, de retour dans nos Cités , Consolant une sœur, un frère , Après un temps d'adversités

(!) Ancien professeur de langue italienne à l'Athénée de

Paris,

(2) Dont un manuscrit donné par l'auteur même aux Cèlestins de 3Iarcoussi est de la même écriture que le manuscrit de Bruges cité ci-après.

(3) Auteur principal du journal périodique sous le titre de V Université catholique, et l'un des théologiens distingués du

collège de Jullll.

(4) Théologien Irlandais, ancien curé de Pringy au diocèse de Meaux, et nommé l'un des sous-directcurs au collège de Juîlli.

Où, dans l'abri d'un monastère,

Tonnant contre les vanités ,

Et débordant de vérités ,

Il instruisait la terre entière.

EscoRBiAc 5 Salïgni , Caire (1) ,

Que Gerson , par vous accueilli ,

Au grand collège de Juilli , *

Guide la jeunesse et l'éclairé I

Comme Nauche, notre Docteur ,

Tout à tous , l'ami , le confrère

De GuERSANT , des enfants vrai père (2) f

Et MoREAU , prudent accoucheur (3) ,

Tel par sa blanche Notre-Dame,

Garenne , Médecin-Pasteur ,

Soignant et fortifiant l'ame ,

Du Défenseur Gersonien,

Son studieux paroissien ,

Qu'un zèle pour sa Vierge enflamme.

Cabassole (4) , cher au Patron

Dont s'honore d'Antin le Mont ,

Et non moins digne gersoniste.

Sur les pas dJEmeri (5), Caron (6) ,

(1) Directeurs du collège de Juilli.

(2) Nauche, grand praticien, etGuersant, célèbre médecin de l'hospice des enfants malades.

(3) Victor Moreau, médecin philanthrope.

(4) D'Avignon, vicaire de Saint-Louis-d'Antin, et dont le vivant patron est M. le marquis de Fortia d'Urban , aussi d'Avignon.

(5) Ancien directeur du séminaire de Saint-Sulpice dé Paris, duquel je tiens le beau manuscrit cité ci-après.

(6) L'un des supérieurs de Saint-Sulpice, auteur, entr*autres, des Lettres spirituelles de Fénclon.

Be Bossuet , de Fénelon , Appréciateur vrai, sincère.

HuRET (1), littérateur profond, Dont la docte et haute raison Me rappelle un temps que regrette De Gerson Tami, l'interprète.

Deslandes (2) , franc historien , Prisant dans Gerson le soutien D'une Religion amie De la catholique unité , Et, toute à tous , vive ennemie De l'individualité.

Paris (3), concourante défendre Le nom du grand Docteur français Dont vint fouler en vain la cendre Un fictif auteur piémontais.

LouvEL^ au docteur téméraire, Opposant un nom humble et pur, Comme un talent non ordinaire , Qui voit , d'un coup-d'œil déjà sûr , Dans l'esprit de l'Auteur semblable De Gerson la cause probable.

Sous un savant Germain mûri Que l'Esprit français a nourri (4) , Pour Louvel dans l'art littéraire,

(1) Professeur d'humanités à Yersailles, auteur d'une traduction des œuvres de Steward.

(2) Auteur d'Histoires générale et particulière de France.

(3) C.-J.-H.Pâris, auteur d'une c^itresurV Etude, etl'un des interlocuteurs daiis le coup d'œil sur le Codex de Gregorj.

(4) M. Sclinitzler, directeur de l'Encyclopédie des gens du inonde de MM. Treuttel et Wurtz.

Qu'il s'ouvre une nouvelle Si^hèraî Contre un Flamand Kempisicn , Ou le Lombard Gersénien Il soutiendra Gerson , j'espère, Du latin la vigueur première Des confrères germains le ton, Avant le vieux français wallon , Langage onctueux, mais vulgaire.

Ce sentiment seul embellit

Le souvenir dont se remplit

L'ami de Gerson , que ton Père ,

Ami d'enfance , cher Bourgeois ,

Dans sa pittoresque carrière,

A retracé jusqu'à trois fois ,

Le même et divers à chaque âge ,

Suivant le nom, le sens^, l'ouvrage ,

Qu'un long travail considérait.

C'est d'abord par la miniature.

D'une couleur aimable et pure,

Que , d'après un beau manuscrit (1)

Sous le nom solennel inscrit

Du docteur Gerson vert encore,

Auteur du livre qu^il décore ,

L'interprète est peint dont le trait

A pour un Emile l'attrait

Du pendant qu'un bon fils honore (2).

Un second portrait plus parfait

De Gerson plus mûr semble un frère ,

Mais que l'éditeur ne voit guère,

(1) Manuscrit monumental in-folio transmis par les soins du neveu de Gerson, et qui est en ma possession.

(2) Le portmit en miniature Je M"^'' Rose Blot , mère d'Emile.

De même qu'un dernier deg trois.

Ah î quels prodiges si je crois Au bien que Liénard (1) opère , M que proclament maintes voix î Mais , cher à Nauche comme au père , GuERSANT (2) , par l'art chirurgical , Sauvant d'une vue obscurcie , Et d'une mentale manie , L'organe physique et moral , Nous ouvre un foyer de lumière , Où toujours nous suivrait Ferrière.

Relirai-je encor sous le Ciel , Le nom que mon esprit vénère !

Verrai-je aussi le cours prospère D'un écrit que rend immortel Le principe de rharmonie.

Qu'à l'Optique en un Manuel , Promit d'un père le génie, Inventeur de cet art nouveau , Le plus éclatant , le plus beau.

Comme à Bruge avant la copie , Que semble offrir et modifia , L'interne Consolation, La fin de V Imitation, Qui, de l'homme que Dieu convie D'abord en épurant la vie.

Qu'ensuite, par un plus doux ton, Elle charme, instruit, édifie , Son titre aux chartreux eut pour nom

(1) Oculiste , auteur de plusieurs cures de personnes potables , et notamment de dames de charité de Paris.

(2) Paul Guersant, fils, chirurgien en chef de Bicétre, etc. |

De V Église la Mélodie (1) ; Ce qui marque un accord parfait Par le but, le plan , le sujet ; Tel des couleurs Tordre ternaire Et dont par degrés la lumière , Se reflète dans chaque objet , Compose une harmonie entière.

Héritier d*un si haut projet , Qu'au terme un père propageait , Dote la France , aussi ta mère , D'un céleste et précieux don Que n'a pu faire aux arts Newton , En physique bien moins grand maître, Qu'abstrait et profond géomètre.

Par une admirable leçon , Due à sa sœur l'architecture , La Peinture suit la Raison , Qui calcule, pèse et mesure.

Unie à l'Art , c'est la Nature , Qui du Portrait d'un nourrisson , Le, plus vieil Echo de Gerson, A créé la vive Peinture.

Par elle renaît l'Éditeur Qu'interprétait la miniature ; Et par une main non moins sûre, / Kespire aussi le défenseur De l'œuvre aux troubles étrangère , Mais que voyait de loin l'Auteur

(1 ) De Musicâ ecclesiasticâ est le titre riche et hardi de ce manuscrit en trois livres dans cet ordre ancien et harmonique, dont le rhythme est un des caractères le plus remarquable de cet ouvrage , ainsi que des oeuvres morales de Gerson , non. moin» poète, selon Leibiiitt, qu'orateur et moraliste.

Dans son exil , au Monastère ;

Prenant dans la germaine sphère

De ses moines l'expression ;

Puis de retour le solitaire ,

En paix , et plus vieux dans Lyon ,

Piajeunissant , nous dit son frère , (1)

Et ranimant sa diction.

Dans sa vive et douce onction ,

Traduisit-il Bonaventure ,

Le stimulant d'une ame pure (2) ?

Ou , dans sa nouvelle Sion ,

Pour ses sœurs , pour sa France chère ,

Qu'après tant de privation

Retrouvait son affection ,

Dans un langage plus vulgaire

Fit-il la Consolation ?

Ne frappant une gloire vaine ,

Qu'après avoir , par Tonction ,

Flatté la complaisance humaine ?

Tel qu'un Peintre ami, déjà vieux,

A fait d'une tête chenue ,

Où luit encor ma faible vue ,

Un Dessin vif et gracieux ;

Ainsi d'une naïve flamme ,

Brille en Gerson l'œil radieux (3).

L'ami des enfants est pieux.

Par le bien que pour tous réclame ,

Un Père, un Maître affectueux ,

Il console et réjouit l'ame.

(1) Epist. ad f rat. Cœlest.

(2) Stimulum rfmwict/worzj (l'aiguillon de l'amour divine) ; l'tin des ouvrages que son frère n'a pas cités.

(3) Yoir le portrait de Gerso» qui est en ma possf««on.

Mais tlu Christ l'humble Imilateur , Le sage et très-profond Docteur, Que le rapprochement intime De l'esprit de TAuteur moral Avec le Livre principal Révèle enfin , démontre , exprime ; Gerson, de l'homme intérieur Est par son œuvre incomparable , Dans les peines , dans le malheur, Le Consolateur véritable.

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