‹ Jugements relatif à l'ImitationChapitre 6 sur 18 · L'AGE DU CODEX DE ADVOCATIS · texte numérisé non relu

L'AGE DU CODEX DE ADVOCATIS

SCPPOSÉ DD XIII* SIÈCLB PAH SON KDITKUB ,

ET RAPPORTÉ AU XV* PAR LES BIBLIOGRAPHES CI- APRES DÉSlGN:és, DONT PLUSIEURS SE SONT PRONONCÉS EN FAVEUR DE GERSON.

Dans la Préface de l'édition du Codex de Imitaiione Christi, dit de Advocatis^ M. de Grégory me fait dire ( pag. Ixj j que les savans bibliographes actuels de la France, de la Belgique, de l'Allemagne, etc. ont jugé que le manuscrit d'Arone, sans date comme celui de Adçocatis^ était du déclin du XIV* siècle au commencement du xv^ , tandis que tous, au nombre de plus de vingt, sauf un seul, l'ont rapporté au courant du xv* siècle, et plusieurs même, d'Italie, au déclin de ce siècle.* (Voyez pag. Ixxiv et Ixxv de notre édition latine. )

Or il résulte de leur jugement, presque toujours raisonné d'après la forme de l'écriture, de l'accen-

tuation et de la numération , que l'analogie frap» pante du Codex de Adçocatis avec le manuscrit d'Arone, motive , de la part de ces mêmes savans , un jugement semblable; et cela est d'autant plus fondé, que les chiffres arabes tous modernes y sont sans mélange de chiffres romains comme dans le manuscrit de la Gava, que les abréviations des mots sont aussi plus compliquées et multipliées, et que les traits s'accourcissant sur les ?, et approchant plus du point, caractérisent le déclin du xv' âge.

Ainsi l'autorité des mêmes juges, surtout celle qui est principalement motivée, frappe fortement du cachet du xv' siècle le Codex de Advocatis; et tel est, entre autres, en particulier,

1. — Le jugement porté par M. Daunou , ancien bibliothécaire, et directeur des archives du Koyaume, qui, dans l'annonce de ce Codex au Journal des savans de septembre i833, renvoie aux articles d'octobre et novembre 1827, en persistant à penser que le livre de V Imitation r\esi , ni du treizième siècle, ni d'un prétendu moine italien nommëGerseiiy et que l'opinion la plus probable est en faveur du chancelier français Jean Gerson.

IL — M. Petit-Ra.del , ancien docteur de Sorbonne, bibliothécaire administrateur de la bibliothèque Mazarine , par des motifs analogues à ceux qu'il a donnés relativement à l'âge du manuscrit d'Arone, motifs confirmés d'après la comparaison des chiffres avec ceux d'un manuscrit des opuscules

de S. Bernard où le nombre 4 "*a point cette forme moderne de celui du Codex de Adçocads , partage le sentiment de M. Daunou, et croit même ce Codex postérieur au manuscrit de ces opuscules, qui paraît être du commencement du xv' siècle.

III, lY, V. — M. Vain-Praet, le plus ancien conservateur des livres à la bibliothèque du roi, M. Hase, conservateur des manuscrits, à la même bibliothèque; M. RAY]>fOUARD, académicien versé dans la littérature du moyen âge , font également connaître leur avis par les motifs qui ont fondé leur précédent jugement.

VI. — M. le marquis de Fortia , académicien antiquaire distingué, en témoignant dans la préface même de l'édition de M. de Grégory (pag. xlvj ) que lors d'une conférence en i83i avec l'éditeur et nous, il a été convenu que son manuscrit apographe était du xv® siècle, partage en conséquence ce sentiment.

YII. — M. GuÉRARD , professeur de diplomatique à la bibliothèque Royale, m'ayant déclaré qu'il n'avait point d'opinion à ce sujet, n'a pu avoir celle qui lui a été attribuée ( pag. xiij ) ainsi qu'à l'abbé de Lespine et à MM. les conservateurs des manuscrits, qu'ils avaient reconnu que le Codex de Advocatis était antérieur à tous les manuscrits de X Imitation existans à la bibliothèque du roi, même à celui de Gérardmont. On ne connaît de cet abbé sur l'âge des

manuscrits,que son jugement sur celui du manuscrit d'Arone , qu'il rapportait à une époque précédant le commencement de l'imprimerie. Il s'est tu, comme M. Guérard, sur l'âge semblable qu'annonce un manuscrit analogue : on peut inférer de ce silence éloquent et discret, que celui qui se tait , consent.

YIII. — René Tourlet, ancien professeur de l'école des chartes aux archives du Royaume , s'exprime ainsi : « L'écriture du spécimen du manuscrit » de Adi^ocatis, d'après la multiplicité des abrévia- » tions dans le corps des mots, les petits traits qu'on » aperçoit sur plusieurs i, et la forme aiguë du 4 » qui n'avait point lieu dans le xiv*^ siècle ni au » commencement du xv*, me paraît être d'une épo- » que voisine de l'invention de l'imprimerie. — Le )) chiffre semblable du spécimen d'un diarium , au- » quel on reporte le manuscrit sans date, en rend » suspect l'âge annoncé de i349, où le 3 d'ailleurs » a pu être lu à la place du 5, d'autant plus que la » forme baroque et sans haison de l'écriture ne sau- » rait être du xiv^ siècle. »

Signé R. Tourlet,

JX.. — M. Jules MiCHELET, chef de la section historique aux archives du royaume, professeur à la Sorbonne, paraît, sous le rapport de l'attribution de limitation au Chancelier de l'église de France et de l'Université de Paris, attacher un vif intérêt à l'histoire du XV® siècle comme étant en particulier celle de notre grand Gerson.

X. — M. Dessalles, employé aux archives du Royaume, section historique : « Ce spécimen, obser- » ve-t-il, ne me permet pas de croire que le manu- » scrit soit aussi ancien qu'on veut le prétendre. » Il y a tout lieu de penser que c'est une sorte de » contrefaçon, une imitation d'écriture dans laquelle » se sont glissés des caractères qui évidemment ne » sont pas de l'époque. »

aS';^/2^' D FSS A LLES .

XI. — Extrait d'une lettre à M. Dessalles par M. MoNTEiL, ancien archiviste, auteur d'une Histoire des Français. « Je comprends qu'un homme peut » pendant 4o, 60, et absolument 80 ans, porter l'é- » criture d'un siècle à l'autre ; mais je ne comprends » pas qu'un homme du milieu du xiv^ siècle puisse » y porter l'écriture du xv® ; et l'écriture du fac si- » mile du Codex de Imitatione Chrisii., que vous » m'avez montré, me paraît porter une physionomie

» du XV". »

XII. — M. V1LLENA.VE, membre de la société des antiquaires. — « L'analogie de caractère du Codex )) de Advocatis avec celui d'Arone, sans parler des » fautes de l'édition qui marquent une copie étran- » gère de l'œuvre d'un auteur français, me porte à » penser que ce Codex est postérieur à la 1^^ moitié » du XV» siècle, d'autant mieux que la forme des » chilfres arabes, surtout la figure moderne du 7 » comme celle du 4^ peut désigner Tâge avancé de

» ce siècle, ainsi que le signe caractéristique de la » conjonction et^ signe qui a passé de Técriture dans » l'impression à une époque voisine de l'invention » de l'imprimerie. »

Signé ViLLENAVE père.

XIII. M. Eloi JoHANNEAU, conservateur des monumens d'art des résidences royales : « Après avoir >) examiné les deux spécimen , je crois devoir me » réunir à l'avis de M. Villenave. »

Ce 24 janvier i835.

Signé¥ji.oi Johanneau.

XIV. — Remarques de M. l'abbé Aimé Guillon de MoNTLÉoN, docteur en théologie de Tancienne université, l'un des conservateurs de la bibliothèque Mazarine, de l'académie de Lyon, de Mantoue et de Rome. « J'ai lu le spécimen du manuscrit de » Advocatis avec attention. Le ff' de la page où se )) trouve le titre du chapitre 25 de l'Imitation, me » parait moderne par sa forme aiguë et gothique, » commecellederécritureitalieuneduxv^siècIe,que » j'ai connue beaucoup lors de ma résidence à Milan. » Le double heurt des consonnes dans hœc est spes )) de la deuxième prière a bien de la dureté. Cet est » paraît avoir été ajouté : il ne se trouve pas dans » l'édition de Cajetan de 1616, calquée sur le ma- » nuscrit d'Arone, auquel le codex de Ad^>ocatis » serait postérieur. — A la q*" hgne de la 3* prière, n gratiâ celesti est une répétition superflue après

( 7 ) » gratiam tuam. L'expression biblique rore celesti » bien digne d'être employée par Gerson , n'a pu y) être changée que postérieurement et par un co- » piste peu sensé. L'italien ancien même porte, » spajidi la ru^iada celestiale. — Au sujet de ce » Joseph de Ad^^ocatis produit sous une date de » 1 349 dans le spécimen d'un diarium à l'appui du » manuscrit non daté, comment dans la chronique j> de Francesco délia Chiesa , où est mentionné un » Guillebnus Advocatus ex dominis Queregnœ y> qui ohiit anno i34o, n'est-il pas nommé comme w possesseur ou parent du possesseur de X Imitation , » après la mention faite du prétendu auteur de >» l'ouvrage par l'éditeur de la chronique ? » Paris, ce 27 novembre i834.

Signé A. GuiLLON de Montléon.

XV. — M. G. BoLDOJVi, ancien interprète de langues étrangères, et professeur d'italien à l'Athénée de Paris, s'exprime ainsi : « D'après la connaissance )> que j'ai acquise de l'écriture et de la littérature ita- » liennes de l'époque du Dante et de Boccace, je ne » puis penser que le caractère du spécimen du ma- >» nuscrit de Advocatis et celui du spécimen du y) Diarium désignent un temps contemporain, ou » antérieur au xv^ siècle. »

Paris, ce 26 Janvier i835.

Signée BoLDONi.

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