XVI. Attestation de M. l'abbé Labouderif, ancien
( 8 ) vicaire général d'Avignon , membre de la société des antiquaires. — «J'ai examiné avec autant d'attention qu'il m'a été possible dans une seule séance assez courte, le manuscrit ^e hnitatione Christi que possède M. le président de Grégory , et dont il a donné deux éditions, l'une avec l'orthographe du manuscrit, l'autre avec la manière ordinaire d'écrire les mots. Il est net , assez bien conservé et complet. — Ce manuscrit ne porte ni date ni nom d'auteur. Il renferme à la suite de V Imitation le livre de Gerson de Meditaiione cordis. Les deux ouvrages sont évidemment de deux mains différentes. Le traité de Meditaiione cordis est d'un caractère postérieur à celui du livre de Imitadone Christi. — L'écriture de l'Imitatipn ressemble parfaitement à celle du trop fameux manuscrit d'Arone , avec le spécimen duquel je l'ai comparé. Ils appartiennent incontestablement l'un et l'autre à la même époque , c'est-à-dire au xv^ siècle. Le manuscrit de M. de Grégory ressemble moins à ceux de Bobio , de Gava et de Padolirone. Il est facile d'observer que les chiffres arabes y ont la même forme qu'ils ont actuellement dans les livres imprimés , surtout le [\et Xe^j ^ ce qui indique des temps avoisinant celui de l'invention de l'imprimerie. — Une partie de ce qui est écrit sur la couverture ou dans les derniers feuillets du manuscrit prouve qu'il a été à l'usage de quelques-uns des membres de la famille de Ads>ocatis ; le reste se rapporte à des mercuriales ou à des faits historiques; mais aucune de ces inscriptions ne remonte au-delà
(9)' du conmienc ment du xvi'' siècle, excepté peut-être celle-ci, ^d usian Johannis de Pasqualîbus ^ qui paraît d'une écriture plus ancienne (i), Paris , le 4 décembre i834.
Signé J. Labouderie.
XVÏI. Annonce de M. Oinésime Leroy , auteur de recherches sur notre ancienne littérature. — v Après » les hommes distingués qui ont traité la question » relative à l'auteur de l'Imitation de J.-C. , ou qui » ont porté un jugement à ce sujet, il ne m'appartient )) pas d'émettre mon opinion. Mais je dois bientôt » publier un fait dont je suis redevable au hasard, » et qui , je crois, ne laissera guère douter que l'illusf* tre Gerson , qu'un des écrivains religieux dont la » France doit le plus s'honorer , ne soit l'auteur du « plus bel ouvrage sorti de la main des hommes. »
Paris , 5 janvier i835.
Signé O. Leroy.
XVIIL Extrait d'une lettre de M. ïardieu, ancien député de la Meurthe , auteur d'études sur nos anciens moralistes. « Ce qui m'affermit dans l'opinion » que Gerson est le digne auteur de Y Imitation, c'est » la connaissance que j'ai prise des écrits non con- » testés de notre saint auteur. Sa tournure d'esprit si
(i) Elle noas a aussi paru telle. Il en résulterait que le mannscrit n'amail vtc dans la famille de Adt'ocatis que depuis le xvi* siècle.
» philosophique et si religieuse ,le choix et la variété » de ses citations , les conseils de morale pratique » qu'il donne à ceux auxquels il écrit, et à ses sœurs, » tout cela me paraît complètement identique avec le » style, l'intention et le but de V Imitation de J. -C.» Nancy, i3 janvier i835.
Noas avons réanijdans lesfeaillets blancs intercalésde l'édition vulgaire de P. Chifflet, non-seulement nue partie considérable des gallicismes ou locutions françaises usuelles de Vîmitation avec un certain nombre de germanismes , ma.is aussi une partie nombreuse de phrases analogues ou même semblables , extraites des œuvres ou lettres morales et spirituelles de Gerson.
Nota. Ces Jugemens ont été publiés pour satisfaire aux désirs de MM. ici théologiens qui m^ont demandé des autorités à l'appui de l'attribution du Codex de Advocatis au xv" siècle, quoique le grand nombre de leçons vicieuses de son texte, qu'il snfi6t de comparer avec les leçons générales du texte vulgaire et usuel, ne permette pas de rapporter ce manuscrit à un temps antérieur au déclin da zv® siècle.
J.-B. M. GiFCK.