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leur tour, comme dans le salon de mon médecin . Trois secrétaires sont occupés à expédier des circulaires, etc..
» Dès la porte on est toisé ; un coup d'œil, et l'on a lu sur votre visage, comme on déchiffre un passeport. Chrétien ou Juif, on ne s'y trompe pas. On fl aire l'ennemi, on devine l'ami, et ce dernier, disons-le, reçoit l'dccueil qui lui est du.
)) Les bureaux de la Ligue anli-sémitique se composent de deux petites pièces d'une simplicité engageante et loyale. On sait tout de suite chez qui l'on entre. Si les murs ici n'ont pas d'oreilles, à coup sur ils sont éloquents. C'est partout la proclamation signée : Drumont, de Biez, Millot, placardée sur les murs de Paris dans la nuit du 4 au 5 septembre. Puis voici rafftche illustrée du dessinateur Willette, candidat anti-sémitique du neuvième arrondissement, beaucoup contre la finance internationale, un peu contre M. Paul Strauss.
» Il est tout de même très crâne, ce Gaulois de Willette qui enlève à bras tendu le Veau d'Or décapité et coiffé, sur l'oreille, d'un symbolique tortil de baron.
■> Deux ou trois petites tables peintes en noir, des Boltins, des circulaires, des journaux, un cartonnier et puis c'est tout. Au dem'^in-ant, c'est moinsluxueux que dans la galerie «1 M. ^pitzer ou chez le baron Alphonse à Ferrières .
La seconde pièce où se tient M. Drumont, président de la Ligue, et son délégué général, M. Jacques de Biez, n'est pas plus somptueuse. C'est M. Millot, le secrétaire ouvrier-socialiste, qui m'introduit auprès de ces messieurs.
— Prenez place, monsieur, je vous en prie^ me dit M. Drumont, du ton le plus avenant du monde.
Le fait est qu'ici, ijersonne n'a l'air farouche.
» — Alors, mon cher confrère, vous venez nous voir. C'est gentil, çà, continue M. Drumont. Ah! ce n'est pas tous les jours que nos anciens camarades de la presse viennent nous rendre visite, n'est-ce pas, de Biez ? Ils sont bien gentils, mais pas assez libres î Cependant je dois vous dire que nous en comptons pas mal parmi nos adhérents. Cela prouve que si tous les journaux sont aux Juifs, tous lés hommes de lettres ne leur appartiennent pas. Et puis tout le monde n'est pas la propriété de M. le baron de Rothschild, n'est-ce pas, colonel?
» Et un grand monsieur, long, officier de la Légion d'honneur, répondit en hochant de la tête :
» — Grâce à Dieu! non, mon cher.
» — Vous êtes en retraite sans doute, mon colonel, pour oser vous aventurer dans cette maison?
» — Du tout, monsieur, en activité, et à cheval. Je suis colonel de cavalerie. Vous me dispenserez de vous faire connaître mon régiment. Mais je suis l'ami de cette maison, d'abord parce que je suis l'ami de Drumont.. . et puis... je suis ici à cause de cela.
» Et se dressant, tout debout, ce brave colonel aux cheveux de neige désignait de sa canne une affiche qui m'avait sauté aux yeux en entrant dans le cabinet du délégué général, une grande image de Jean ne d'Arc, levant sa blanche bannière pour le salut de la France.
» — Oui, monsieur, à cause de cela, parce que cela, c'est la France, poursuivit le vaillant officier dont la voix vibrait clair. Il est temps qu'on revienne à Jeanne d'Arc! La France, monsieur, vive la France ! Nous en avons assez de tous ces messieurs, marchands de je ne sais quoi, qui nous dirigent et viennent on ne sait d'où. Vive la France ! voyez-vous,
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monsieur, et au diable ces gens-là, barons et marchands de billets de lolcrie ! Je m'arrête, monsieur, j*en dirais tropl
» En effel, il en disait beaucoup, le colonel, beaucoup plus qu'on n'a l'habitude d'en entendre. Il me faisait connaître lame de la Ligue, j'avais besoin de renseignements sur son organisation. Et me tournant vers Drumont :
» — De quand date votre organisation?
» — Du 4 septembre ; c'est une date, vous voyez. D'ailleurs de Biez et moi nous croyons à ces coïncidences. La République juive date du 4 Septembre 1870. Nous datons, nous, du 4 Septembre 1889.
» — Au fait, pourquoi avoir choisi Montmartre?
» — Mon ami de Biez y habite depuis longtemps. Nous avons, sur cette butte parisienne, des idées qui effraieraient vos lecteurs ou les feraient sourire. Dites-leur toujours que la montagne est symbolique, qu'on y voit mieux et plus loin. Et puis enfin, mon cher, c'est Montmartre ! le Mont consacré par saint Denis, l'apôtre des Gaules!
» — N'est-ce pas bien loin pour ceux qui veulent vous voir?
» — Vous voyez que non, mon cher confrère, puisque vous voilà; et puis beaucoup, beaucoup d'autres avec vous. D'ailleurs, adressez-vous à de Biez, il vous renseignera mieux que personne sur nos adhérents et nos visiteurs.
n Me lournanl vers M. Jacques de Biez, je lui dis :
n — Vous comptez de nombreux adhérents déjà?
» — Très nombreux. C'était inévitable. Si vous saviez ce que j'entends chaque jour des personnes qui font l'ascension de notre rue Lepic ! Tous disent la même chose. Nos affiches? Tout le monde les a vues, tout le monde les a lues, tout le monde les a
comprises et tout le monde, ou à peu près, leur a donné raison. Dans les quartiers populaires, on a vu des vieillards les lire en s'aidant du doigt.
» — ■ Et en province, en avez-vous envoyé?
» — Dans toutes les grandes villes de France et d'Algérie. Et on les a lues là-bas comme à Paris. A Vesoul, on m'en a redemandé par télégraphe. Au Havre, on m'a offert l'affichage gratuit. A Belfort, les Juifs lacéraient les murs de leurs cannes. Au Mans, les habitants rédigeaient un Appel aux Manceaux pour leur donner notre adresse. A Bayonne, à Oran, on réclamait l'envoi de nouvelles affiches. A Alger, c'est le Petit Journal du 20 septembre qui nous l'apprend, la foule s'arrêtait devant notre manifeste, et « les indigènes lettrés traduisaient à leurs coreligionnaires qui écoutaient avec intérêt. » Les « indigènes », cela veut dire «. les Arabes », vous entendez bien 1
» — Que pense-t-on ici de la candidature de Léon Say?
» — Oh 1 à peu de chpse près ce qu'en a dit Rochefort dans son article Triomphe de la Juicerie; Léon Say, c'est la maison Rothschild et frères, II. V. ^i vous aimez mieux.
» — Il y a un coup à faire, dit M. Drumont, soyez tranquille, on le fera.
» — Et le jeune Reinach ?
» ~ Oh ! cette élection-là est faite pour nous distraire. Reinach a dit un jour, jadis, devant moi que si jamais il devenait quelque chose dans le gouvernement, il ferait passer la loi de la u circoncision obligatoire. » Il alléguait pour cela les fameuses raisons d'hygiène dont Israël est si fier. Nous attendons que M. Joseph Reinach tienne parole et fasse circoncire tous les Français.
» — Et vos visiteurs, vous ne m'en parlez pas?
» — Oh ! ils sont de toute espèce, y compris les mouchards, les facteurs de Tricoche et Cacolet. Au fond, notre petite maison est le refuge de beaucoup de douleurs, de beaucoup de désillusions.
') — Et vos amis du comité ?
' — Eux, sont des robustes, des vaillants, des tempéraments de soldats. Ils viennent un peu de partout, depuis l'ouvrier jusqu'au grand seigneur ; il y a au milieu de nous des protestants, des catholiques fervents, d'anciens membres de la Commune, des républicains ennemis de la République une et indivisible de M. Carnot, mais qui crieront demain : Vive la République fédéraliste! Vive la France provinciale !
» — Alors on n'a jamais été bien boulangiste chez vous ?
» — Pas beaucoup. Boulanger a eu trop de Meyer dans son affaire, y compris le troisième Mayer, celui de l'Hôtel de Ville, qui l'a proclamé non élu. Décidément, les Meyer ne lui réussissent pas. Ils l'ont renié trop de fois.
» — Mais pour qui étes-vous, où allez-vous, que voulez-vous?
~ r — Drumont l'a écrit cent fois. Nous sommes des socialistes, puisque nous demandons des comptes à la féodalité financière. Nous sommes des socialistes nationaux, puisque, en attaquant la finance internationale, nous voulons la France aux Français. Nous sommes pour les travailleurs contre les tireurs de plans, les exploiteurs. Ici, voyez-vous, c'est tout petit, comme un brick ; c'est un brick armé en course ; nous sommes prêts à tout, à questionner comme à répondre sur tout. Notre pavillon porte une devise que voici :
« Toujours en face. »
» Là-dessus je pris congé de M. Drumont et de ses amis du comité. En descendant la rue Lepic, le long du méridien de Paris, je regardais cette maison du 48, qui pourrait être un jour une maison historique. » (Georges Belgrand.)
Mais, à propos de cet article^ il est une remarque à faire et qui est des plus curieuses. C'est que, presque chaque fois qu'un journal publie un article quelconque contre les Juifs, cet article est suivi le lendemain ou le surlendemain d'un article plus favorable, ou bien il se fait un silence extraordinaire sur la question. On dirait que les Juifs ont, à la suite de cet article, fait passer à la caisse et montré par des arguments sans réplique qu'ils valaient mieux que les Chrétiens. D'autres fois il arrive que le directeur ou le rédacteur en chef est pris de peur [la peur des JuifSy un signe de notre fin de siècle I) et, tout en laissant passer l'article défavorable aux Juifs, il s'empresse de prendre sa bonne plume pour avertir le public que ce n'est pas de sa faute si on dit du mal des Juifs ; quant à lui, il s'en lave les mains.
Le fait est arrivé pour l'article de M. Georges Belgrand. M. Andrieux qui est très malin, très fin, se défend bien vite de partager les idées de son rédacteur et la peur du Juif (1) l'ayant pris, il écrit l'article suivant que nous nous plaisons à citer, non seulement pour montrer comment dans la presse on craint la rancune juive, mais aussi parce que ce spirituel article renferme des idées très belles et des conseils très justes que les Israélites pourraient suivre.
(1) Il avait même peur des Chrétiens, quand, en sa (|ualilé de préfet de police, il assistait en gants (jris perle aux crocheiages des couvents et expulsait si gentiment de pauvres moines moin? terribles que des Juifs.
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1 L'Anti'Sémilisme. »
{( L'un (le mes collaborateurs ayant interviewé M. Drumont, écrit M. Andrieux, je crois devoir publier à titre de document la conversation qu'on trouvera plus loin, et qui est de nature à intéresser tous mes lecteurs.
» Ai-je besoin de dire que cette publication ne comporte aucune adhésioii aux idées de l'auteur de la Fraiice juive et de la Fin d'un monde ?
» On connaît ma manière de voir sur la question soulevée par le président de la Ligue anti-sémitique. J'ai eu l'occasion de l'affirmer hautement au cours de la dernière période électorale.
» Fidèle aux principes de la Révolution française, je considère que tous les citoyens sont égaux devant la loi ; qu'aucune inégalité ne doit résulter de leur naissance ou de leur religion ; qu'aucune distinction ne doit être faite entre eux, si ce n'est celle qui résulte de leurs mérites, la Déclarolion des droits de Vhomme ajoutait « et de leur vertu » ; au temps où nous vivons, j'ai peur de faire sourire un trop grand nombre de sceptiques en parlant de la « vertu » des hommes.
» Je veux la liberté, l'égalité et la fraternité entre tous les Français. Puisse la devise de la République, à mesure qu'elle s'efface de nos murs, passer dans !!0S cœurs et dans nos lois !
» Les sentiments que j'exprime ici ne n'empéhent pas de regretter avec mes amis d'Algérie la
gèrelé avec laquelle le garde des sceaux Crémieux 1 donné la qualité de Français à des milliers de Juifs algériens qui n'y étaient pas préparés, et qui certainement ne la méritaient pas mieux que les Arabes auxquels elle est si difficilement accordée. Je connais des Israélites qui partagent sur ce point les mécon-
tentements des Français d'Algérie, et qui ne se croient pas obligés de compromettre leur cause en la solidarisant avec celle d'une population étrangère à notre langage, à nos lois, à notre civilisation.
» J'appelle aussi l'attention des Israélites sur la necessité pour eux de se fondre de plus en plus dans le creuset commun et de cesser d'être comme une sorte de franc-maçonnerie dans la nation ; s'ils veulent qu'aucune distinction ne soit faite à leur préjudice, ils comprendront qu'ils doivent eux-mêmes éviter d'accorder à leurs coreligionnaires un traitement favorisé,
» Je les mets en garde contre le péril d'un attachement trop étroit à une faction politique de plus en plus impopulaire sous le toit de laquelle il n'est pas prudent aux gens avisés de s'agiter plus longtemps.
» Je les prie de croire que ces conseils ne sont pas ceux d'un adversaire. » Andrieux. »
Le premier candidat qui se déclara antisémite fut le trop joyeux dessinateur Willette.
L'affiche qu il écrivit fut collée sur les murs de la circonscription et est des plus amusantes.
La voici dans toute sa teneur:
a Elections législatives du 22 septembre 1889.
■■> Gai : ;^^ai, serrons nos rangs, Espérance de la France.
» Gai, gai, serrons nos rangs, En avant Gaulois et Francs.
» Ad. Willette, )) Candidat antisémite; » IX' arrondisementf 2^ circonscription.
> Electeurs,
r> Les Juifs ne sont grands que parce que nous sommes à genoux.
» Levons-nous.
» Ils sont cinquante mille à bénéficier du travail acharné et sans espérance de trente millions de Fiançais devenus loms cadavres tremblants.
) Il n'est pas question de religion.
)) Le Juif est d'une race différente et ennemie de la nôtre.
» Le Judaïsme, voilà l'ennemi. En me présentant je vous donne l'occasion de protester avec moi contre la tyrannie juive. Faites-le donc, quand ce ne serait que pour Thonneur !
> A. Willette, « Directeur du Pierrot. »
Un des premiers actes de la Ligue antisémitique fut consacré aux élections législatives. Comme aucun des membres de la Ligue n'était candidat , on ne peut dire que cet acte n'étaife pas désintéressé. C'était un appel patriotique et clairvoyant à tous les partis.
Voici ce manifeste :
" '^Innifeste du Comité de ta Ligue nationale Anti-Sémitique de France.
» Français,
') Vous allez être appelés dans quelques jours à élire vos représentants à la Chambre des députés.
» En celte année de Centenaire et dans celte heure de crise, les élections doivent être une véritable consultation nationale.
» Tout citoyen a plus que le droit, il a le devoir de parler pour éclairer son pays; c'est pourquoi nous parlerons. Nous parlerons comme électeurs, non comme candidats.
» Notre Comité souliendrade sa sympathie les candidats qui se rapprocheront de ses idées ; mais il est trop pauvre pour présenter des candidats lui-même ; il est trop pauvre parce que les Juifs sont trop riches en France.
» Ce que notre Comité prétend faire ens'adressant au pays est simple à expliquer.
» Au moment où tout le monde s'efforce d'embrouiller la situation, il veut montrer cette situation telle qu'elle est.
» Au moment où tout le monde se prépare à mentir, il veut dire la vérité.
» En examinant les partis en présence, que voyons-nous?
» Voici d'une part les candidats de la République juive qui depuis de longues années déjà est installée au pouvoir. C'est le camp des Jacobins nantis, des beati possidenles de l'opportunisme et du radicalisme : Juifs d'origine ou Juifs d'instincts et de pratiques, ils se sont tous entendus ensemble. Ils ont tripolé avec entrain et ils souhaitent ardemment continuer.
» Les hommes de ce parti sont les seuls qui soient logiques avec eux-mêmes et sachent ce qu'ils veulent; ils se trouvent bien où ils sont, et ils désirent y rester.
» D'autre part, voici les conservateurs qui représentent de nobles croyances, de grands intérêts terriens, de glorieuses traditions Ils ont été mis hors la loi, traités comme des outlaw par les Juifs maîtres de la République ; ils ont été insultés dans leur foi,
frappés dans leurs affeclions et dans leur honneur ; on a brutalisé avec le môme sans-gêne ceux qui s'é- ♦ lient retirés des affaires du monde pour faire leur ilut, et ceux qui étaient entrés dans le monde des airairespour faire leur fortune. Les uns ont été jetés hors de leurs cellules, sur Tinjonction des journaux juifs, au nom de la liberté de conscience dont se réclame sans cesse Isra- 1 : les autres ont été i'^tés hors de leur banque, sur Tordre de M. de Rothsiiild, et on s'est servi pour les condamner du texte de loi qui devait servir plus tard à acquitter M. le baron d'Erlanger.
» Si ces opprimés protestaient contre la tyrannie juive, s'ils déclaraient hautement que les fils de gens qui sont depuis cinq cents ans sur la terre de France ont autant de droits religieux, moraux et matériels que des Juifs sortis d'hier des ghettos de Francfort ou Hambourg, ils ne triompheraient peuttre pas, mais ils exciteraient l'intérêt qu'excitent toujours des citoyens qui crient contre l'iniquité ; ils mériteraient en tout cas Festime qu'on ne refuse jamais à ceux qui parlent énergiquement, loyalement et franchement ; ils auraient pour Favenir la force que donne une attitude nette dans une question qu'il est impossible d'éluder, dans une question d'où dépendent les destinées de la Patrie.
» Chez les conservateurs, inallieureuiement, les Uefs ne valent pas les soldats. Ces chefs ont les nains plus propres que les opportunistes, mais ils -ont pour la plupart profondément égoïstes ; esclaves Je leurs convenances mondaines, ils ont une intelligence timide, une parole hésitante et vague et, ce lui est pis, ils ont trop souvent une conscience obscure et confuse inclinée toujours à ne voir dans la question du IHen et du Mal qu'une affaire de bonne
tenue et de costume. Ils seront implacables pour le pauvre Français en haillons, qui aura volé un pain, et se montreront pleins de respect pour le baron allemand qui aura volé des millions ; ils ne peuvent s'empêcher de vénérer le Juif qui les fouaille si durement, parce que ce Juif est riche, et que pour eux la richesse, quelque impure qu'en soit l'origine, est toujours une vertu....
» Parmi ces représentants de la vraie France, pas un ne se leva pour appuyer Laur, lorsque le courageux député monta à la tribune, pour y flétrir avec l'énergie que l'on sait le roi des accapareurs. Pas un ne vint dire au nom de la Droite : « Nous aussi nous » sommes avec ceux qui s'efforcent de gagner leur vie » par un labeur honnête, nous ne sommes pas avec » le Juif de Francfort, avec le Juif maudit dont la )) fortune monstrueuse, la fortune mondiale est faite » du désespoir et de la ruine de malheureux Fran- » çais. »
» Cette situation explique le succès du générai Boulanger. Il a eu pendant un moment le plus beau rôle qu'un homme puisse espérer. La France étouffait de dégoût, elle était à moitié asphyxiée par l'odeur de Juif qui s'exhalait de partout ; elle voulait que quelqu'un parlât pour elle. Les opportunistes, en train de faire ripaille, ne pouvaient parler, puisqu'ils avaient la bouche pleine ; les conservateurs n'osaient pas parler, parce que M. de Rothschild le leur avait défendu. Boulanger fut comme le porteparoles attendu, de toutes les âmes indignées et attristées, qui avaient salué dans la République un idéal de désintéressement et de vertu, et qui trouvaient un lupanar là où elles avaient rêvé voir s'élever le temple de la Fraternité et de la Justice. Il personnifia un instant la tradition nationale en ce qu'elle a
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de plus généreu plus pur, la révolte instinc-
ùve qu'il y a daus tous ios cœurs français pour tout <e qui sent les malpropres tri[»otages et les trafics honteux de l'argent.
» Tandis que les Juifs avaient reçu l'ordre de voter
pour le triste Jacques, le candidat de Floquet, on
vit aux élections du 27 janvier nombre d'électeurs
•arisiens voter pour Boulanger au cri de « A bas
les Juifs I »
» Peu de temps après, le général Boulanger envoyait ses remerciements aux électeurs parisiens, par le discours de Naquet à Tours, où le futur grand hancelier déclarait que Tantisémitisme était la iionte de la France.
» Non content de prendre pour conseiller intime, ivec promesse d'être premier ministre, un Juif de la plus vilaine espèce, comme ce Naquet, le général allait, lui, un ancien officier qui aurait dû être partiulièrement scrupuleux sur les questions de loyauté t d'honneur, ramasser dans la boue le seul journaiste français qui n'ait pu se tenir proprement sur le errain.
» Ceci n'a rien qui puisse nous surprendre. C'est là, et chacun s'en rend compte aujourd'hui, la constante politique et l'invariable tactique d'Israël; il a dans chaque partie Vliotnme chargé de protéger les intérêls de la Juioerie et de perpétuer l'exploitation financière. Que ce soit Fould ou Crémieux, Uaynal ou Naquet, c'est toujours, avec un nom difcrent, le même Juif chargé de la même besogne, veillant soigneusement dans les conseils du prince 'II dans les assemblées "de la République à ce que/ /on ne touche pas à M. de Rothschild.
» Nous n'en voulons, d'ailleurs, pas plus que cela au général. Nous ne nous associons pas à ceux qui
le couvreut d'oulrages, sans réfléchir que ce sont eux-mêmes qu'ils déshonorent, puisque ce sont eux qui en ont fait un ministre de la guerre. Il est arrivé à Boulanger ce qui est arrivé à tant d'hommes de notre temps, il a été inférieur à sa mission ; il avait des vices trop coûteux, et il devait fatalement s'enjuiver et tomber entre les mains de ceux qui lui fourniraient les moyens de satisfaire ces vices.
» Nous tenons uniquement à constater qu'il n'y a plus d'illusion possible, nous tenons à bien indiquer quelle serait la signification d'un succès qui, d'ailleurs, nous paraît maintenant très peu désirable.
» En admettant que le général triomphât, rien ne serait modifié. Le mot de Proudhon en 1848 se réaliserait une fois de plus : la France changerait de Juif. Nous avons été longtemps gouvernés par un Juif ^"borgne, nous serions gouvernés par un Juif bossu, et le Juif bossu ferait absolument ce que faisait le Juif j borgne, il aiderait les Sémites de tous les pays à s'enrichir aux dépens des Français.
» Or, c'est précisément cet asservissement de notre Patrie à une bande de cosmopolites, que nous combattons de toutes nos forces.
» Nos idées, d'ailleurs, vous sont connues. Elles ont traversé victorieusement la première phase que doivent traverser toutes les idées : la phase de l'inj ure grossière, de la négation bête, de la négation sans discussion. Aujourd'hui nous n'avons plus à nous défendre d'être des énergumènes comme le prétendaient les feuilles juives. Chacun est plus ou moins de notre avis, et, pour obtenir ce résultat, nous n'avons pas eu besoin de faire appel aux passions; nous n'avons eu qu'à laisser les événements parler, certains que réloquence des faits serait plus puis-