L'ANTISÉMITISME EN BELGIQUE
L'antiséraiiisrae en Belgique. — Le Bal de la duchesse d'Aremberg el M. Lambert Rothschild. — M. Edmond Picard. — Des réunions chez un pédicure. — Cahen et Cambert à la cour. — Le juge qui refuse de poursuivre les Juifs assassins. — Jovial.
— Les cartes transparentes. — Les Juifs marchands dans les campagnes. —Cent pour cent. — Le mont-de-piété de Bruxelles.
— Deux poids et deux mesures. — Les Juifs à Ostende. — Dans le Luxembourg.
LES JUIFS
L'ANTISEMITISME EN BELGIQUE
L'antisémitisme en Belgique n'a encore ni organisation ni organe ; on peut dire même qu'il n'existe pas comme opinion spéciale et se confond tout bonnement avec ridée catholique. Les œuvres de Drumont ont eu certainement un grand retentissement en Belgique, mais cela s'est manifesté presque uniquement chez les catholiques, lesquels, en Belgique, n'avaient jamais eu d'ailleurs grande sympathie pour les Juifs et leurs financiers.
Un fait frappant a été celui de la duchesse d'Arembenj refusant d'inviter à son bal M. Lambert RothS" child. Le roi des Belges qui devait assister à ce bal lit une démarche en faveur du banquier juif ; la duchesse tint bon et n'invita pas M. Lambert Rothschild, qui est pourtant reçu dans toute la haute société bruxelloise.
12i JUIFS ET ANTISÉMITES
En dehors des catholiques, un homme a pris une attitude à part dans l'antisémitisme. C'est M. Emond Picard le grand écrivain belge ; il a fait des conférences historiques contre les Juifs (1).
Dans aucune des villes de Belgique il n'existe de quartier juif. A Bruxelles on a bâti une belle synagogue.
A Gand, il n'y a pas de monument servant de synagogue ; les réunions ont lieu chez un pédicure.
Le Roi est aux mains de Cahen et de Lambert Rothschild, qui sont ses banquiers et qui déjeunent souvent à la Cour (2).
Les coalitions financières juives sont moins avérées mais tout aussi réelles qu'en France. Ils font arriver des krachs colossaux comme celui d'Anvers, qui ruinent de nombreux commerçants au profit des juifs allemands.
On peut lire le récit de ce krach dans le Patriote de Bruxelles et voir que les procédés sont les mêmes qu'en France.
Le krach d'Anvers.
Anvers, 31 mars.
« Ce n'est que dans quelques jours qu'on pourra être fixé sur le montant du passif de la maison Van-
(1) Ce pelil pays a eu aussi sa petite fièvre d'antisémilisme ... Quelques feuilles cléricales ont cru bon d'embotler le pas à Drumont et d'agiter le spectre juif. Un avocat fort connu du barreau de Bruxelles s'est l'aissé aller dans une conférence publique à des attaques contre les races israélites. » {Annuaire des archives Israélites, 1 890-189 i.)
(2) C'est ce Lambert, de la famille Rothschild, qui, recevant à sa table, à Bruxelles, le duc d'Âumale, disait au prince, en lui faisant passer une coupe sur laquelle figuraient quatre pêches : « Chacune d'elles, monseigneur, me revient à deux louis! »
der Taelen. Les sept millions dont on parle aujourd'hui représentent des pertes nettes subies par des banques et de grandes maisons d'Anvers et de l'étranger. Mais pour établir la situation, on devra attendre la liquidation qui va se faire pour les gros engagements contractés en France et en Amérique.
» La résiliation de tous ces marchés s'opère de plein droit du moment qu'au jour le jour l'acheteur ou le vendeur en perle ne consigne pas ces différences. Tous les millions payés par M. Vander Taelen depuis quelques mois sont donc entièrement perdus pour le commerce anversois et vont grossir les caisses puissantes des Juifs allemands e\> des Yankees.
M. Vander Taelen n'est pas la première victime de ces corners. Les pertes subies par la place d'Anvers depuis un an sont incalculables. Labaisse persistante des grains, due à un jeu de Bourse évident, draine nos millions aujourd'hui, comme une hausse invraisemblable pour certaines matières les drainait il y a quelques mois. On peut évaluer à plus de 100 mil" lions les pertes subies en Belgique depuis prés d'un an, grâce à un système de spéculation à terme auquel seuls peuvent résister des syndicats tout-puissants.
On sait qu'à la différence de ce qui se pratique pour les fonds publics, les marchés à terme se liquident au jour le jour, d'une façon provisoire, pour les grains et les cafés. En sorte que le négociant qui achète à un ou deux mois à un prix déterminé, est obligé au jour le jour de consigner la différence s'il y a baisse, tout comme son vendeur doit consigner s'il y a hausse.
» Du moment qu'on cesse d' « arroser », — c'est le terme consacré — le marché est résilié et les différences payées sont irrémédiablement perdues. C'a
été le cas pour M. Vander Taelen, comme pour bien d'autres avant lui.
» Ce système oiîre aux joueurs et aux spéculateurs des garanties complètes de payement à peu près intégral des différences. Mais on voit immédiatement qu'il peut ruiner de fond en comble un marché s'il se trouve quelque part un syndicat peu scrupuleux disposant de gros millions et pouvant, ne fût-ce que pendant quelques jours, provoquer une hausse fictive ou maintenir la baisse.
» Là est le péril, et il va grandissant. La Bourse des grains est devenue un véritable jeu de hasard, et l'on cite à Anvers telle puissante et solide maison qui préfère ne plus traiter d'affaires que de se laisser entraîner dans des opérations de ce genre, où le négociant honnête finit toujours par laiî^ser ses plumes.
» Il n'est que temps que l'on se mette à l'œuvre pour enrayer le mal, car du train dont on y va, les moins pessimistes prévoient de nouvelles et prochaines catastrophes.
» Il se confirme que plusieurs négociants se réunissent en ce moment pour chercher le moyen de tenir la maison Vander Taelen debout.
» Un journal de Paris citait hier les noms de deux négociants qui auraient suspendu leurs paiements à la suite du krach Vander Taelen. Cette nouvelle est dénuée de fondement.
» M. Vander Taelen était, dit-on, assuré pour 300,000 francs au profit de ses héritiers. On dit même, — exagération sans doute — que l'assurance serait d'un million.
Il faut voir, comme en France, la poudre jetée aux yeux par certains Plutus d'Israël, comme Montefiore-
Lé\ y, ^cuaicui• de Li('ge, dont la bienfaisance est unanimement Cf'Iéhrôc, mais de qui je défie qu'on cite un secours o iautres quàdes Juifs ou des créa-
tures juivo,; ; ,jui ,1 fondé un asile pour les enfants pauvres et malades, mais où nulle religion n est admise et qui est une officine de prosélytisme anti-chrétien, c'est-à-dire juif, dont le trait de bionfaisMUce le plus désintéressé est la fondation à grand fracas de plusieurs fontaines munies d'inscriptions : « Fontaine- Montetiore » et destinées au soulagement des chiens et des chevaux dans la ville de Liège, et qui, tous les ans, offre un petit festin aux ouvriers de ses usines.
Il y aurait beaucoup à penser sur les Juifs de Belgique, surtout pour celui qui lit attentivement dans les journaux ces histoires bizarres et obscures qui ne font qu'y apparaître au loin, comme celles des négriers en haute mer, et qui disparaissent sans avoir laissé de traces, ni soulevé l'émotion publique ; celui-là seul peut se rendre quelque peu compte des formidables dessous de la société belge endormie.
Le Belge est « bonasse », il laisse tout faire, non qu'il soit moins honnête qu'un autre, mais il a le scepticisme des gens candidement paresseux, un peu engourdis, qui ne peuvent croire « que le monde soit si méchant » et surtout n'ont nul souci d'v aller voir. <>n voii ur un domaine du leur
acheté parac.s J un s gens d'affaires; les gens d allaires le fout assurer pas mal cher... trois jours après le domaine brûle. Les journaux constatent qu'on n'a pas fait de grands efforts pour sauver l'immeuble, ni les meubles; puis... plus rien! On n'en parle plus (1). On assassine une marquise ; un jeune homme a en-
(!) Les journaux se taisent. Un les paie- Ou bien les Juifs font comme pour V Indépendance belge, ils achètent le journal.
tendu, avant l'assassinat deux Juifs dire « qu'on lui fera son affaire. » Les journaux publient le mot. Le juge, forcé de s'occuper de la chose, déclare que le jeune homme lui paraît exalté sans l'avoir jamais autrement connu que par le dire des journaux rapportant ses paroles, et il décide qu^on ne Ventendra pas. Personne ne s'étonne, on sait bien et on le dit tout bas que la magistrature belge trouve que Vor des Juifs a un son bien doux et tentant.
Il ne faut pas oublier ces histoires de pornographie juive comme la représentation de Jovial (1), une pièce que la police belge, la plus tolérante peut-être dumonde entier s'est hâtée d'étouffer dès la première représentation ; comme cette arrestation d'un Juif liégeois nommé Strauss pour rente de cartes transparentes.
L'usure et le vol par les Juifs se fait dans les campagnes sur une grande échelle.
En septembre 1890 le Patriote de Bruxelles publiait cette correspondance du Hainaut :
)) Depuis quelque temps la justice fait des efforts plus louables pour extirper la spéculation des placeurs usuriers de valeurs à lots. On en a qui ont été poursuivis pour avoir prélevé 12 ou 15 pour cent!
» Ce faux est certes exagéré, mais il n'a aucune comparaison avec celui que prennent quelques Juifs marchands de toile, qui périodiquement viennent s'abattre
(1) Les suites de « Jovial ». M. le commissaire de police Rosseel, aidé de son adjoint Tayaert, ont commenctS ce matin, l'instruction au sujet des poursuites intentée-^ par le parquet à charge des auteurs de la pièce qui a été considérée comme un attentat aux mœurs.
Le nom d'un fils d'un financier juif est môle dans celte alTAire. (Patriotb du 16 janvier 18«0.)
EN BELGIUUE 129
iurnos compagnes. Ils n'ont garde de venir dans les villes, dans les grandes agglomérations où l'on connaît la valeur de leurs produits. C'est dans les endroits isolés, chez des ouvriers vivant à l'écart qu'ils s'adressent. Voici du reste comment ils s*y prennent.
» Ils s'informent d'abord des noms des personnes iuiluentes habitant les environs, propriétaires, directeurs, comptables, contremaîtres, chefs d'atelier, etc., puis ils se présentent chez leurs victimes. « Nous venons, disent-ils, de la part de M. X... à qui nous avons fait une belle vente; MM. Y... et Z... sont également nos clients... » et le boniment continue, puis on étale des essuie-mains, des mouchoirs, une nappe au prix coûtant, en dessous de la valeur réelle, peut-être ; enfin on arrive à la toile.
» Il faut prendre une pièce qui a généralement plus de cent mètres, et naturellement on se rebiffe. « — Mais M. X... a bien pris une pièce, et M. Y... et M. Z... ; votre mari n'est pas moins que lui, n'est-ce pas, Madame? M. X... est bien le chef de votre mari, mais vous travaillez tous, donc vous êtes égaux. Et puis, vous ne devez pas payer tout de suite, je fais un mois de crédit, dix-huit mois, si vous voulez, vingtet-un même, parce que vous êtes des braves gens. Allons, ça y est-il? »
' ... Eh bien! ne parlez pas trop vite, je vais vous faire un cadeau; ces douze mouchoirs, ces douze essuie-mains, cette nappe, je ne vais pas vous les vendre; je vais vous les donner. »
» Et l'ouvrier est pris; on lui fournit séance tenante, comme nous l'avons vu chez trois d'entre eux, trois voisins, dont les factures sont identiques :
» 112 à 113 mètres de toile à fr. 2,40, nous disons deux francs quarante le métrer et cette toile, que nous vous vue, vaut 1 franc ou tout au plus 1 fr. 25 le
mètre, car elle n'a que l'"05 de largeur et, comme nous le disons ci-dessus, il faut prendre la pièce, c'està-dire que ces fils d'Israël ont gagné, non pas \'2 ou 15 pour cent comme les marchands d'actions de villes, non pas 20 pour cent comme les usuriers rapaces, mais plus de cent pour cent comme des... dites-le vous-mêmes, chers lecteurs.
» Et notez que si l'ouvrier ne paie pas jusqu'au dernier centime, ces misérables, qui devraient être flétris par la justice du pays, osent réclamer sa protection. Nous pourrions citer les noms et prénoms d'un ouvrier qu'ils ont ainsi poursuivi parce qu'il ne voulait pas payer le solde de leur compte fantastique, pour le motif qu'il n'avait pas eu son compte en longueur. Il a été condamné à payer, puisqu'il avait signé, et après avoir payé intégralement, il devait encore 60 francs pour frais de justice I
» Nous avons dit que nous avons eu en main les factures de trois malheureux. La toile leur a été vendue à tous à raison de 2 fr. 40 le mètre, mais nos chevaliers de la marmotte ont une manière à eux de libeller leurs notes. Voici comment ils opèrent :
» Toile, 112 mètres, n*» ****.
» Essuie-mains, 1 douzaine ;
» Serviettes, 1 douzaine;
» Mouchoirs de poche, 1 douzaine ;
» Service de table (12 serviettes et 1 nappe).
» Le tout vendu en solde pour la somme de deux cent septante-quatre francs.
» Cette somme de 274 francs est à très peu de chose lu'ès la môme sur les trois factures que nous avons lies en mains. En moins d'une heure, le Juif maîtrevoleur avait donc vendu pour huit cent vingt-deux francs, c'est-à-dire pour une somme supérieure à la vente hebdomadaire de beaucoup de négociants, qui
EN UELtiiO^i^ 131
paieiK wc lo. Lo. i-aientes, de grosses impositions personnelles, et qui ont de grands frais généraux à sup-
ortcr.
» Il est temps, il est grand temps d'apporter remède 1 cette lèpre qui ronge nos classes laborieuses des campagnes. Au nom des ouvriers, au nom des commerçants honnêtes, nous appelons la très sérieuse
Uention des parquets, et spécialement celui de Uharleroi, sur ce genre de trafic au cent pour cent. »
Le Mont-de-Piété de l^ruxelles est exploité cyniquement parles Juifs. Le Patriote de Bruxelles imprimait dernièrement cet article indigné :
u Comment, en notre bonne ville, on gère le bien des malheureux.
» A diverses reprises déjà, tous les mois à peu près, depuis deux ans, â l'époque de la vente des objets non dégagés, nous avions entendu dire :
« — La façon dont on procède à ces ventes est scandaleuse et il y a des privilégiés, et ces privilégiés sont des Juifs. » Et autres choses du même genre.
» Ces bruits persistant, nous voulûmes en avoir
!.. ."oiii- uet en procédant à une enquête personnelle.
\\i lundi dernier nous nous sommes rendu à la
ute des objets d*or et d'argent non retirés.
» La première remarque à faire est que, sur aucun mur de la capitale, nous n'avons trouvé d'affiche annonçant cette vente.
» Elles y avaient été apposées probablement, mais ilepuis longtemps elles avaient disparu : il n'y en avait de trace nulle part.
» Seulement, sur les murs mêmes de l'édifice de la ni- Saint-Ghislain, où ont lieu les ventes, s'étalait une petite affiche blanche annonçant en immenses
« capitales » la vente... d'objets d'habillements, toiles, linges divers, etc., et, au bas, en caractères minuscules
» Le lundi suivant — (la vente du linge a lieu le mercredi,) — on vendra les objets d'or et d'argent. — C'est la vente la plus importante, et, dans l'intérêt des malheureux qui ont engagé, on pourrait bien y consacrer une affiche spéciale ou tout au moins Tannoncer plus explicitement.
» Mais cela n'est rien encore.
» Nous pénétrons dans une vaste salle chaulée; pour tout meuble, un comptoir de bois peint; au fond quelques bancs en gradins.
» Sur le premier banc, tout contre le comptoir, sont trois, quatre individus; à côté d'eux ils ont empilé, aux places vacantes, des cannes, pardessus, parapluies, mouchoirs, etc.
» Une femme approche et veut s'installer.
» — Cette place est occupée, lui fait-on observer.
^) — Mais il n'y a personne, objectons-nous !
» — Elle est retenue, monsieur.
» — Comment, retenue? Personne ici n'a le droit de retenir de place.
» — C'est la place habituelle de M. X... (Il va sans dire que X... est un Juif.) Elle est à lui.
» L'individu se battrait plutôt que de la laisser prendre I
» Au second rang on peut se placer.
>y Le premier seul est retenu; on verra plus loin pourquoi.
» Le public grossit : il y a au grand maximum soixante-dix personnes.
» La vente commence ; uu employé déclare le poids brut des bijoux et le crieur égrène sa gradation chiffrée.
'^^,^^'-^^^\fr
M. Jacouks uk Bikz Délégué général île la Ligue antisémitique en Fr
JUirS ET ANTISÉMITES EN BELGIQUE 135
» Mais pour acheter des bijoux, il faut au moins les voir.
» C'est l'avis de tout le monde, même des quelques privilégiés — rari nantes! — autres que les syndiqués juifs, qui ont eu l'heur d'apprendre qu'il y a vente au Monl-de-Piété et qui y sont venus pour y faire quelques acquisitions.
» Mais il y a loin delà coupe aux lèvres!
» Désirer voir, c'est bien; mais y parvenir, c'est leux.
» En effet, le bijou va d'abord au premier rang, c'est un des marchands qui l'attrape ; il examine à Taise si le bijou peut convenir à l'un d'eux; il réexamine.
» A côté de lui est son « confrère en achat » ; le bijou lui est passé; même examen. Et ainsi, lentement, l'objet passe de main en main... des acheteurs ie la première rangée.
» Puis on le relance sur le comptoir.
» Les gens du deuxième, du troisième rang, stupéliés, ne disent rien.
» Parfois l'un d'eux, plus hardi, réclame la vue.
> — Ah! on demande à voir, fait d'un air grincheux le crieur, déjà prêt à abaisser son marteau.
» Un bijou passe. Mais on réclame la vue d'un seond. On le passe aux gens des rangées autres que la t)remière; mais cela n'est pas au gré de tout le monde, et le vendeur clame :
» — Si tout le monde veut voir, ça ira bien. Nous ivons 500 lots à vendre; ça va durer jusqu'au soir.
» Le public non habitué n'ose plus demander à voir.
» On y met un tel mauvais vouloir qu'il faut vraiment avoir du courage pour réclamer.
» Survient une chaîne brisée, des boucles d'oreilles en morceaux.
» — C'est une occasion, se dit tel assistant, et il veut voir.
» — OchI fait le crieur, ça est tout cassé, vous ne savez tout de même rien faire de ça. — Et sans plus tarder, il abat son marteau et la pièce est adjugée à la mise à prix, sans la moindre hausse.
» Pourquoi donc hausserait-on?
» Les marchands sont d'accord : un seul achète pour tous les autres, et on ne permet pas au public de faire une enchère.
» Qu'on ne vienne pas arguer de faux nos dires : ils sont strictement exacts et en rien exagérés, au contraire.
» Des centaines de témoins sont là d'ailleurs qui en attesteront l'absolue authenticité.
» N'est-il pas inouï qu'ainsi l'on fasse l'affaire de quelques gros marchands juifs, au détriment des malheureux — car les gens qui engagent leurs bijoux ne sont jamais des millionnaires — qui attendent peut-être le surplus de la vente pour donner du pain à leurs enfants ?
» On empêche le public de hausser « parce qu'il y a 500 lots et que la vente pourrait durer jusqu'au soir ! »
» Eh bien, qu'elle dure trois jours s'il le faut, la vente, mais qu'elle soit bien et dûment annoncée, que chacun puisse examiner les objets exposés aux enchères et qu'ainsi le bien des malheureux soit sauvegardé.
» M. Buis, qui préside aux destinées du Mont-de- Piété, ferait mieux de soigner de ce côté le bien de l'ouvrier et d'empêcher que là on ne le gruge que de lui faire des mamours en public. » P. »
Quand il s'agit des riches Juifs on a plus d'égards. Un orphelinat catholique obtient rarement une
faveur des pouvoirs publics. Pour les Juifs c'est autre chose.
« Un arrêté royal du 3 décembre 1890 paru au Moniteuî' du 10, dit le Patriote, autorise MM. Cahen et consorts, membres de la commission administrative de secours mutuels dite .Cercle des Amis Israélites, à Bruxelles, à organiser, avec émission de billets dans tout le royaume, une tombola dont le produit est destiné à ériger un orphelinat libre et privé pour des jeunes filles abandonnées ou sans soutien appartenant au culte Israélite. »
Aussi effrontés, hardis qu'en France, les Juifs finiront par accaparer des villes entières.
Voyez ce qui se passe pour Ostende, cette plage qui était devenue un lieu de rendez-vous aristocratique pour les Français et les Belges.
(' Chacun sait, dit le Lillois (I), que chaque année viennent s'installer à Ostende, comme en pays conquis ou plutôt comme chez eux, des Teutons grossiers depuis le langage jusqu'aux bottes. Les inconvénients de ce désagréable voisinage devraient suffire à tenir les Français à l'écart, mais ce n'est pas tout et, si nous en croyons le youtre Henri Prague, rédacteur aux Archives israélites,le cosmopolitisme juif est en train d'accaparer « cette magnifique plage de la mer du Nord qui semble être le rendez- vous de plaisance ou de santé de tous les Israélites de l'Univers. C'est par centaines que se comptent les familles juives qui viennent profiter des avantages de prc-
(1) 10 aoûl 1890.
mier ordre qu'offre la ville d'Ostende. •> [Archirps israélites, 31 juillet 1890, page 143, 2^ col.) »
« Youlres et Teutons! les Français qui s'aventurent là-bas se trouvent en bonne compagnie I
>) Les youtres ont d'ailleurs là-bas toutes les facilités pour accomplir leur projet. Le Consistoire Israélite de Belgique a témoigné le ddsir d'organiser un service religieux hebdomadaire et la municipalité ostendaise s'est empressée de fournir un local, rue Longue, dont elle paie la location. A notre humble avis c'est faire beaucoup trop pour les Juifs, mais H. Prague trouve que ce n'est point suffisant et que les murs de la synagogue devraient « être relevés par des ornements picturaux. » Néanmoins ce manque de décorations est compensé par un avantage considérable de l'officiant : M. Finkelstein a la voix sympatique. Voilà certes une considération qu'on n'a jamais fait valoir pour inviter les gens à aller à la messe !
» Mais si le temple actuel et la voix sympatique de M. Finkelstein ne réussissent pas à attirer le> Juifs dans la rue Longue, les vrais croyants ne Jcsespèrent pas pour cela. Ils se proposent d'édifier à Ostende un temple monumental et le Conseil municipal « d'une tolérance si éclairée » offre la concession gratuite du terrain nécessaire et une subvention de 18,000 francs. Vous voyez, braves gens, ce sera bientôt une nouvelle Jérusalem, en petit
» Hésumons-uous et concluons. X'oici «Innc hih^ ville de bains qui doit en grande partie sa pr
aux L'raiic'iis cl rifi nos cnniiKtli-ioles ne sont plus <\\h: tolères pour aiii-i dire. D'un cote ce sont les Allemands qui sont ii(;rs de posséder à deux pas de la France une vjlle où ils parlent en maîtres et tiennent le haut du pavé. Nous voyons de l'autre l'inva-
sion juive imminente, rampante, beaucoup moins tapageure, mais aussi tenace, peut-être plus, qui tend à accaparer la plage d'Ostende au profit du cosmopolitisme israélite. »
Dans le Luxembourg on a aussi pour les Juifs une grande mansuétude.
On écrivait de Luxembourg au Courrier de Bruxelles, en avril 1890, que le Conseil communal a cédé gratuitement un magnifique terrain, à Tentrée de la ville, à la communauté israélite pour y construire une synagogue, et en mémo temps un subside de dix mille francs. On se demande, avec raison, si le Conseil aurait accordé les mêmes faveurs à une communauté catholique. Il y a, au maximum, à Luxembourg, trente familles israélites en possession de l'indigénat, et tous les Israélites sont très à leur aise et même riches. L'édifice coûterait 125,000 francs, piètre somme pour les Israélites, tous riches.
Que la Belgique continue sa mansuétude pour la race juive et elle verra bientôt où elle en sera.
* * En Belgique, un des chefs actuels de l'antisémitisme est A/. Edmond Picard, avocat et publiciste. Il est curieux de voir comment ce Belge entend la question juive et quels sont les remèdes qu'il demande à imposer contre la conquête juive. Voici à ce sujet ce qu'il disait dans une conférence devant le barreau de Bruxelles (1) :
« Dans l'Europe actuelle, dit-il, quels sont les effets du mélange de la race aryenne et de la race sémite?
(1) 16 mars 1890.
» On aperçoit tout de suite ce phénomène frappant : la concentration de l'argent.
» M* Robert disait qu'il n'y avait pas de question sémitique, mais une question juioe. Ce serait vrai si le Juif n'était pas un Sémite. Il est un peu transformé par notre civilisation, mais c'est un Sémite.
» Concentration de l'argent ! Il n'est pas opportun, disait-on, de soulever cette question. Elle Tétait déjà dans les préoccupations de tous chez nous. Et puis ne restreignons pas le problème. Partout eu Europe on voit ce danger, on discute cette question.
» Domination par la iiresse, qu'on fait dévier du but qu'elle devrait poursuivre si elle répondait à la grandeur de son institution. Moins chez nous peutêtre qu'à l'étranger.
» Mais cependant, quand on observe, on voit que la presse, même chez nous, prend bien garde de se prononcer. (N. B. II s'agit de la presse libérale.)
» Il n'y a pas de Juifs dans les pouvoirs publics. Oui, mais pour dominer le pays par la politique, il n'est pas nécessaire de dominer les Chambres.
» Le monde est gouverné, disait Disraeli, par des fils invisibles que personne ne soupçonne.
» En France, on commence à dire : Les Juifs nous mènent!
» Tout ne se passe pas au grand jour de la publicité. Tout ce qu'on voit c'est la lanterne magique de la vie moderne. Mais où est le lanternier? En 1840, Rothschild disait : La guerre ne se fera pas, parce que notre maison n'en veut pas !
» L'influence indirecte, voilà le danger.
» En Autriche, où l'on ne voit pas de démocrates défendre les Sémites, un politicien quelconque disait : Si les chrétiens ne peuvent plus résister, qu'ils émigrent l
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» Il ne s'agit pas d'attaquer les Juifs, mais d'empécher qu'ils nous gouvernent. C'est un mouvement de défense et de conservation.
» Voudriez-vous une magistrature juive, un Sénat juif, une Chambre juive? Ne trembleriez-vous pas?...
» Il n'y a pas ?0 millions de Juifs. Qu'importe le nombre ? L'Hindoustan n'est-il pas dominé par 50,000 Anglais? M. de Rothschild, avec ses immenses capitaux, est plus puissant que les milliers d'ouvriers de Paris, parce qu'il fait ce qu'il veut, étant mieux armé.
» Jadis les Sémites étaient pillards et pirates. L'agiotage n'est-il pas la transformation de la piraterie ?
» Jadis on écumait la Méditerranée, aujourd'hui les Arabes écument le centre de l'Afrique. En Europe, Vargent que les Sémiles accumulent est para^ sitaire, c'est la transformation de la piraterie des Barbaresques.
M On objecte qu'il y a de grandes fortunes aryennnes. Oui. L'exemple des Juifs est suivi. Sans doute, Balzac disait : Tous les Juifs ne sont pas en Israël.
» Chez nous, c'est l'exception. Chez eux, c'est la règle.
>' Les grandes fortunes aryennes : Jay Gould, Mackay, Vanderbilt, correspondent à des utilités visibles. Mais Rothschild, qu'a-t-il produit? Rien. Pure spéculation que tout cela. Ainsi pourquoi la prolongation du privilège de la Société du chemin de fer du Nord? Il n'y a aucune raison.
' Voilà les résultats du mélange des races : dépression quand le mélange est complet, danger toujours, n
Enfin, M. Picard en est venu aux remèdes :
» Comment corriger cette situation? Y a-t-il moyen de trouver un remède?
» Qu'a-t-on fait dans le passé? Il y a beaucoup d'illusions humanitaires sur l'équivalence des races — chez nous au moins, car Dieu sait comment les Juifs traitent le Chrétien qui s'aventure parmi eux ! Ainsi la solution chrétienne consiste à obtenir la conversion des Juifs. Aux yeux du Chrétien, le peuple juif était jadis le peuple de Dieu. Le Juif est un frère qui doit s'asseoir au banquet de la réconciliation.
» C'est très chrétien, très humanitaire, cela, et répond bien aux aspirations les plus nobles de l'humanité.
» L'orateur cite des passages de Bossuet, de Lacordaire et de Yeuillot sur la conversion des Juifs.
» Voilà le système chrétien, fraternel au possible et qu'il ne faut pas écarter.
» D'autres disent : Laissez faire. Il arrivera uq temps où Sémites et Aryens ne feront plus qu'une race, où il n'y aura plus ni Aryens ni Sémites.
» C'est possible. Avons-nous le temps d'attendre? Voilà 1800 ans qu'ils sont mêlés à nous. Et on les retrouve dans leur intégrité. Ils ne se mêlent pas ; ils se tiennent fortement entre eux.
» En attendant, l'argent et les journaux s'accumulent entre leurs mains.
» Du reste, peut-on modiQer le Sémite? Leur psychologie reste immobile. Ils résistent au changement. Le type physique même se conserve.
» L'exode? Dans les temps anciens on déplaçait parfois une population entière. Aux Etats-Unis, le Sénat n'a-t-il pas discuté sur les moyens de déplacer tous les nègres, qui commencent à constituer un danger? Les Espagnols, sous Philippe et Ferdinand,
ont chassé les Sémites. On a représenté cette expulsion comme un acte de fanatisme. Mais, à un point de vue général, et voyant la chose de haut, ne peuton dire que cette expulsion fut un acte de grande politique, cruel et inconscient peut-être, mais salutaire?
» On a parlé de reconstituer la Judée. Ou s'en est préoccupé. Il paraît que c'est impassible.
» Du reste, l'expulsion est impossible, l'Aryen est trop généreux.
» Les incapacités civiles et politiques ne peuvent plus être établies.
» Il n'y a qu'un remède, — et la solution est consolante pour ceux qui croient que de grands changements sont proches, — il n'y a qu'un remède : les réformes sociales.
» On parle toujours de l'usine. Il faudrait s'occuper aussi de la Bourse. « Les révolutionnaires s'arrêtent à moitié route, dit Borde. Ils s'occupentde l'influence néfaste des machines. Qu'ils s'occupent de la haute banque. La Bourse, voilà le repaire qu'il faut raser... »
» Les réformes sociales s'attaqueront aux monopolisateurs de Targent.
» Là sera le remède.
» Il y a une double féodalité: l'usine et l'argent. La féodalité de l'argent est représentée par Pisraélite.
)> 11 y a là pour lui un danger considérable.
» Si l'on ne parvient pas à une solution pacifique, songez-y, frères israélites, vous serez en danger. »
M. Picard a dit en terminant :
» Si les Israélites savent abandonner les monopoles qu'ils ont créés, il n'y aura plus de question antisémite.
« L'Aryen n'est pas à vendre, mais il est asservi, écrasé par le Juif maître des capitaux.
» Les Israélites se poussent trop en avant. C'est encore un danger. Défions-nous. N'admettons pas trop aisément leur intrusion dans les choses «jui sont à nous.
» La question sociale et la question juive, disait de Bonald, voilà peut-être les deux principales.
» Tant que les hommes qui s'occupent de questions sociales, dit Drumont, n'auront pas étudié les Juifs, ils ne feront que de la houillie pour les chats.
» La conférence de M*' Robert se résumait en ceci : Pas de question juive. J'ai montré que la question des grandes fortunes était la question juive.
» 11 a dit : « Faire de l'antisémitisme, c'est détourner de l'anticléricalisme. » Est-ce assez belge?»
Hélas! oui, c'est belge et surtout libéral! Oublier un instant le « cléricalisme » dépasse la conception de ces politiciens à courte vue. Souhaitons que M* Picard ne parle pas à des sourds.
LES JUIFS
ET