ET EN GRÈCE
En Roumanie la question juive est une question de race surtout plus qu'une question de religion. Déjà, en 187'J, un diplomate roumain, Emmanuel Crezzubsco, demandait s'il était raisonnable « d'accorder en bloc l'indigénat à 400,000 étrangers, dont la pluart ne savent pas un mot de votre langue et qui se soucient de votre patrie autant que l'ouvrier chinois de Sau-Francisco se soucie du pavillon étoile des Etats-Unis! Déjà, en 4888, le gouvernement roumain se plaignait que les Juifs avaient résolu de former en Roumanie un état juif.
Les puissances voulaient alors imposer à la Roumanie la loi de l'égalité civile des Juifs. 31 membres de la Chambre législative de Roumanie envoyèrent
aux puissances une protestation. « Les Juifs, disaient en substance les députés roumains, contraints par la nécessité, s'assujettissent extérieurement à l'autorité des Etats non-juifs, mais ils ne peuvent Jamais consentir à en devenir partie intégrante, parce qu'ils ne I peuvent chasser de leur esprit Vidée d'un Etat pour ^ eux. Ils ne forment pas seulement une secte religieuse, mais une race d'une utilité indélébile,. une nationailité de croyances déterminées qui font que chacun « d'eux reste Juif au milieu des autres peuples. Aussi leur est-il impossible de s' unir par le sang aux autres peuples ; leur est-il impossible d'accommoder à eux des sentiments qui sont totalement opposés àceux des Chrétiens. Et Tobstacle le plus fort est dans la religion qui, en même temps qu'elle est pour eux une loi sacrée et civile, constitue leur culte, leur organisme politique et social. C'est pourquoi, partout où il s'attache, le i judaïsme fonde nécessairement un état dans l'Etat. « Quant à la reconnaissance envers les peuples qui leur donnent Vhospitalité, les Israélites s'en regardent comme affranchis, puisqu'ils les regardent comme des I usurpateurs. Au contraire ils se serventdes moyens de toute sorte pour acquérir sur eux une prédominance qu'ils croient assurée à eux par un pacte antique ou un testament religieux. Le temps qu'ils passent au sein des autres nations est pour eux un temps d'expiation, d'épreuve ou d'exil. Et les habitants des pays qui les hébergent sont regardés comme des ennemis qui doivent être domptés, quand viendra t l'œuvre promise de la prédominance universelle des Juifs. »
L'article de ce traité, qui avait pour but de subordonner la reconnaissance de l'indépendance de la Roumanie à l'admission des Juifs au droit de citoyens