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EN ROUMANIE ET EN GRÈCE

roumains, dit : « En Roumanie, la distinction des croyances religieuses et des confessions ne pourra être opposée à personne comme motif d'exclusion ou d'incapacité.

Le mot Juif ne se trouvant pas prononcé, les Roumains ont profité de l'équivoque qui en résultait pour se soustraire aux exigences plus que bêtes de M. Waddington (1).

« L'article 44, ont-ils dit, porte que la différence de religion ne doit pas être un motif d'incapacité pour l'admission aux emplois publics, fonctions et honneurs; voilà qui ne peut nous embarrasser. Donc, que l'on soit libre sectateur de Moïse ou du Christ, ou de Mahomet, ou de Confucius, ou même librepenseur, et que cela n'empêche ni d'être électeur, ni d'être éligible, ni même d'être ministre, nous l'admettons volontiers, l'ayant toujours admis. Mais les termes de l'article 44 nous permettent de distinguer entre la religion israélite et la race juive ; nous accordons sans peine la liberté commune à la religion israélite ; nous refusons l'économie à la race juive. »

Pour comprendre celte haine du Juif, il faut voir • que les Juifs ont fail dans ce pays.

(l) Les cabinets ont beau se succéder et se presser pour aller de iuche à droite en passant par le centre, la situation précaire de s coreHsrionnaires reste sans changement; quand il s'agit de 'lester les Israélites, de les priver des droits civiques, parlement gouvernement donnent l'exemple d'un désolant accord. La pro- •lion des lois est pour nos coreligionnaires un mythe. Des ticles formels de la Conslituiion, les prescriptions du traité de riin, deviennent lettre morte, et il ne leur reste d'autre resirceque d'attendre des jours meilleurs et d'espérer dans la juse de Dieu. » {Annuaire des Archives, 1890-1891.)

« Depuis quinze ans, écrivait M. Edouard Marbeau (1) en 1881, les paysans roumains ont dû payer des annuités pour amortir le prix du rachat des terres, et n'ont pu faire d'économies ! Pendant les années de mauvaises récoltes, ils ont bien été obligés d'emprunter pour payer l'impôt, et de s'adresser au seul préteur, au Juif du village. Un exemple entre mille : le Juif prêtera un ducat (Il fr. 76) et exigera du paysan, à titre de remboursement, 1 franc par semaine pendant trois mois. Si le paysan est en retard pour les payements, le Juif cherche à avoir un gage ; ou bien il envoie sa femme guetter la femme de son débiteur, lorsqu'elle va à la ville pour vendre les légumes et les poulets. Elle l'arrête au passage : « Ton mari ne nous a pas payés, si je te laisse vendre, tu dépenseras l'argent ; paye-nous ou bien donne-nous ta marchandise. » Et elle prend un poulet qui vaut 70 centimes et le compte à raison de 30, et le reste dans les mêmes proportions. »

« On me cite un paysan qui, après avoir payé, pendant cinq mois, 1 franc par semaine, ne comprenait pas qu'il fût libéré : il se croyait toujours débiteur des 20 francs prêtés, tant qu'il n'avait pas rendu, comme il disait, la pièce entière qu'il avait reçue. .Les Juifs ont beau jeu avec de pareilles natures. En trois ans, le cabaretier qui a débuté avec 10 ducats a amassé un petit capital, et prend alors à ferme une terre de 10, de 20 falci(15 à 30 hectares). Pendant qu'il tient son cabaret, il lui faut des paysans pour cultiver la terre. Il s'adresse à ses débiteurs, car le Juif a soin de faire crédit et de faire durer les comptes pour qu'il soit impossible aux paysans de se libérer en une seule fois. Chaque trimestre, il fait le

(1) Un nouveau Royaume.

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