XIV ÉTAT POLITIQUE DES CITÉS GAULOISES
logiques, rapprochées de tous les textes anciens, la suite exacte de ces traces glorieuses, si importantes pour f honneur de notre race.
Ajoutons un mot. Jamais nous n'avons recherché ni même désiré le moins du monde pour notre travail VaU trait douteux d'une opposition systématique, dirigée contre l'œuvre similaire d'un personnage jadis très-haut placée bien que V Histoire de Jules César par Napoléon III ait été livrée au public, et même que, sur les points les plus importants, nous soyons^ comme on le verra, en désaccord complet avec les opinions soit anciennes, soit nouvelles, qui ont été adoptées ou produites par son auteur. De faii^ notre.premier volume de Jules César en Gaule ayaii déjà paru en 1865, avant toute publication de l'ouvrage dont il s'agit ; et le but spécial que nous nous sommes proposé est bien différent. Car nous n'aspirons qu'à éclairer r histoire ancienne de notre race gauloise, dans son propre intérêt politique et militaire, en tâchant de jeter la lumière sur le fort et le faible de cette race nationale, et sur les qualités natives, heureuses ou malheureuses, qui distinguent les divers peuples établis depuis les anciens temps sur les divers territoires historiques.
Nous n'avons même pas voulu changer un seul mot à certaines phrases de notre rédaction primitive, qui pourront peut-être aujourd'hui, après nos désastres récents, paraître écrites avec un peu trop de fierté nationale. Car ce ne sera pas nous, après avoir tant médité sur les Com^ mentaires, qui manquerons de foi en notre race gauloise,
A TROIS ÉPOQUES DE CETTE GUERRE. xv
et qui désespérerons jamais des destinées de la France. La Gaule meurtrie, abattue, couverte de sang par Jules César, s'est relevée : la France se relèvera, nous en avons la confiance^ pourvu que tous ses enfants y travaillent avec quelque patriotisme, et avec le courage et la dignité modestes qui nous conviennent désormais.
Qu'il nous soit permis de placer ici un mot d'explication au sujet d'une critique générale de nos précédents volumes, qui peut paraître fondée jusqu'à un certain point, et qui nous est adressée par un homme de grand sens, très-bienveillant pour nous. «Vous n'écrivez pas avec calme et impartialité, comme on doit écrire l'histoire, nous dit-il ; vous y mettez de la passion, comme si vous écriviez un pamphlet contre les Romains ; et cela empêche la confiance que le lecteur pourrait avoir dans vos raisons : on se défie de vous, on réagit naturellement contre votre passion, et cela vous nuit. »
A quoi nous pouvons répondre : C'est que notre travail est lui-même une réaction contre l'histoire des Romains et des Gaulois telle qu'on nous l'a transmise et qu'on nous l'enseigne; telle qu'on la trouve accréditée partout. Cest une thèse pour ce que nom croyons sincèrement être la vérité, contre ce que nous croyons sincèrement être vne erreur. De là cet esprit de lutte qu'on nous reproche mais qui n'est au fond qu'une simple forme de langage, et qui est inévitable dans nos convictions, si nous voulons demeurer naturel. Car nous ne possédons pas le don de
XVI ÉTAT POLITIQUli DES CITÉS GAULOISES.
dire froidement ce que nous ne saurions sentir ou penser sans une certaine animation.
Ainsi, nous osons supplier le lecteur^ s'il nous arrive de laisser échapper dans Toccasion quelque parole un peu vive, de vouloir bien peser loi-mème avec calme les faits rapportés qui auront pu nous pousser à un tel langage, et ne considérer que le fond même des choses, qui constitue tout l'intérêt de notre travail.
PREMIÈRE ÉPOQUE