‹ Jules César en Gaule (volume 2)Chapitre 6 sur 69 · XII ÉTAT POLITIQUE DES CITÉS GAULOISES · texte numérisé non relu

XII ÉTAT POLITIQUE DES CITÉS GAULOISES

écrit par Hirtius, le confident politique de Jules César, pour compléter ceux du maître sur cette guerre, et aussi, peut-on croire, pour y constituer habilement une introduction utile aux Commentaires sur la guerre civile, qui font suite. Ce livre d'Hirtius, ou huitième livre des Com^ méritoires de César ^ sera donc aussi pour nous, dans un dernier tomej l'objet d'un examen très-attentif; car nous le croyons tout aussi important pour le fond que les livres dictés par César lui-même. Peut-être enfin ne pourrons-nous pas nous dispenser d'examiner en même temps les premières pages du récit de la guerre civile, où nous trouverons les preuves que cette guerre civile, aussi bien que la guerre de Gaule, fut préméditée, voulue et préparée par Jules César, et qu'elle fut une conséquence directe, immédiate de la guerre de Gaule.

Enfin, dans ce même dernier volume, nous essayerons de formuler des conclusions historiques de plusieurs sortes, qui découlent ou du moins qui nous paraissent découler naturellement de l'ensemble des guerres de nos aïeux contre les Romains.

De cette manière, nous aurons mis sous les yeux du lecteur, outre le récit de César et d'Hirtius, présentant l'histoire de la guerre de Gaule dans un intérêt et un esprit habilement césariens, tous les documents historiques et géographiques qui peuvent aider à contrôler ce récit et à reconnaître le véritable caractère des faits, en même temps que les lieux qui en furent témoins. Car nous ne devions négliger aucun moyen de mettre en lumière la

A TROIS ÉPOQUES DE CETTE GUERRE. xili

vérité dans ua sujet aussi important que noire histoire nationale : histoire sur laquelle nos .pères ne nous ont transmis aucuns témoignages, mais qui nous parvient écrite par un ennemi : et quel ennemi ! dont le puissant génie armé tantôt de l'épée, tantôt du style, a été si funeste à la nationalité et à la gloire de nos ancêtres. C'est ici, on le voit, plus que de simples questions de faits et de détails concernant notre propre histoire ; nom touchons au fond môme de l'histoire générale des anciens peuples, laquelle ne nous parait pas avoir été présentée jusqu'à ce jour avec rimpartialité désirable et nécessaire, soit à l'égard de nos aueux, soit à l'égard des Romains eux-mêmes : tant le prestige de la force est durable parmi les peuples, même les plus intelligents! Il en est pour les nations comme pour les individus ; et Juvénal Ta proclamé jadis à l'occasion de la disgrâce de Séjan :

Tnrba Bemi itfMur fartumamf ut semper^ et odit IHmnatas...

Aussi le fabuleux Vœ victis de Tite-Live semble-t-il avoir été retourné au vrai contre nous. En sorte que notre unique espoir aujourd'hui, pour qu'on rende à nos aïeux la justice qui leur est due, c'est qu'on n'aura peut-être pas pu effacer entièrement de leur histoire, écrite par Jules César, toutes les traces de la vérité qui s'y trouve au fond, si habilement dissimulée qu'elle soit à la surface ; et le but que nous poursuivons ici est de rétablir avec évidence, à taide des preuves teniioriales et archéo--

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