‹ Jules César en GauleChapitre 21 sur 34 · ARMES DE MAIN · texte numérisé non relu

ARMES DE MAIN

COMPARAISON DES ARMES DE MAIN, DÉFENSIVES ET OFFENSIVES, DES ROMAINS ET DES GAULOIS.

Nam cirsim publiantes non solara facile ▼icere, scd etiam derisere Romani.

Véokcc.

Les soldats romains sont munis d’un bouclier à toute épreuve: témoin le fait d’armes de Scæva, près de Dyrrachium, où son bouclier conserva la marque de cent vingt coups de javelot, dont cet homme intrépide fut mis à couvert par ce moyen. Avec ce bouclier, le casque et la cuirasse en métal complètent les armes défensives des soldats de César.

Ces mêmes soldats lancent le pilum, trait puissant de cinq pieds et demi, dont le fer pèse neuf onces Ce fer

triangulaire et très-effilé , de la forme d’un long stylet , se courbe au premier choc contre un corps dur, de manière que le pilum ne serait plus aussi meurtrier, au cas où l’ennemi le renverrait, ditPolybe. Le pilum peuttrans-

(1) Vioàcx, De re militari, II, xv.

percer même plusieurs boucliers gaulois superposés,

comme il arriva dans la bataille contre les Helvètes.

Enfin , et ceci est le plus important à remarquer, les soldats de César ont à la main le gladius , sorte de grand poignard , qui pique , pénètre à travers tout ce que les Gaulois peuvent lui opposer dans le combat, arme analogue dans l’action à notre baïonnette.

Quelles étaient les armes de main des Gaulois? Nous le répétons, c’est vainement que nous avons cherché dans les Commentaires quelque explication positive à ce sujet.

Nous n’y avons trouvé aucune description de leur bouclier ; mais , à la lecture de certains détails du récit tels que Je suivant : « Après que les premiers rangs « des ennemis transpercés de javelots furent tombés.... « Quum primi ordines hostium transfixi pilis conci- » dissent.... » il est impossible de croire que le bouclier gaulois fût de quelque utilité contre le pilum. et, à plus forte raison, contre le gladius. Cette image de lignes entières de Gaulois transpercés de javelots et tombant ensemble, permet-elle de supposer qu’ils eussent au bras des boucliers offrant une certaine résistance ? On peut tirer la même conclusion des détails suivants de la bataille des Romains contre les Helvètes : Milites, e loco superiore , pilis missis .... s . «Les soldats, * de leur position élevée, lançant les javelots, rom-

(1) Dt itU. Gall., VU, lxiii. — (2) Ilid., I, xxv.

MOYENS MILITAIRES

« pirent facilement la phalange des ennemis. La phat lange rompue, tirant le gladius, ils les chargèrent. » Une chose gênait beaucoup les Gaulois pour combattre, » c’est que plusieurs de leurs boucliers avaient été trans-

• percés, cloués ensemble, d’un même coup de javelot, , — pluribux eorum seulis uno ictu pilorum trans-

• fixis et colligatis, — et que, le fer s’étant courbé, ils » ne pouvaient ni l’arracher, ni combattre à l’aise, leur i bras gauche se trouvant retenu, si bien qu’un grand < nombre d’entre eux, après de longs efforts de bras, « préférèrent abandonner leur bouclier et combattre à « poitrine découverte, — multi ut, diu jactato brachio, t prœoptarent scutum manu emiltere et nudo corpore

• pugnare. » Ces détails nous paraissent démontrer clairement l’insuffisance du bouclier des Gaulois en face des armes des soldats de César.

Quant aux armes offensives des Gaulois, tout ce que nous avons trouvé dans les Commentaires se réduit aux indications fournies par les mots: funda, sagilta, telum, gœsum, verutum , matara , tragula, employés dans le récit de divers combats '. Ainsi, des pierres lancées à la fronde,

(1) César n'a employé qu'une seule fois le mot gxta [De Icll. Gatl., III, it), qu'on trouve dans Virgile, dans Tite Live et autres auteurs anciens, pour désigner une arme particulière aux Gaulois, leur arme nationale, une sorte de petit javelot ou de lance très-courte qu'ils lançaient, paralt-il, avec la main. Était-ce plus spécialement l'arme des Oesalet, et ce nom Giatn désigne-t-il en particulier des Gaulois qui habitaient sur les rives du haut Rhône? Nous aurons & revenir sur ce point.

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