L. Munatius. c. r . l. n. Pro
Plancus. cos. Imp.
ItBR. Vil. VIR. KPULON. TRIDKPH.
Ex. R£TIS. ÆDEM. SATURNI.
FBCIT. DK. HANUBIIS. AGROS DI-
VISIT. IN. lTALIA.
Bknbvbnti. in. Gali.ia. colo-
NIAS. DBDUXIT.
Looduhch. bt. Rauriccm.
JUI.ES césar EN r.AÜLE.
JJ VI. Antiquité» locales concordantes.
Les antiquités locales qui ont trait à la septième campagne viendraient naturellement confirmer celles qui se rapportent à la première; et ce n’est qu’en les examinant toutes ensemble qu’on pourrait estimer au juste la valeur de chacune d’elles. Nous ne devions pas cependant les réunir, et confondre ainsi des événements tout différents. Sous la réserve de cette observation, nous n'indiquerons ici que celles des antiquités locales qui peuvent se rattacher aux deux itinéraires que nous venons de décrire, en y joignant toutefois quelques indices relatifs à la sixième campagne, sur laquelle nous n’avons pas à revenir. Ce nouveau rapprochement des antiquités locales de cette frontière avec le récit des Commentaires montrera, une fois de plus, combien la route que nous avons suivie était familière à César.
Plusieurs des éléments historiques que nous allons produire ici n’ont encore été remarqués que par nous seul. Nous prétendons moins les discuter complètement qu'attirer l’attention sur ces points, ne songeant nullement, du reste, à faire dépendre de la certitude d’une trace locale des événements dont il s’agit, ou d’une étymologie, la rigueur de notre thèse.
Procédons à ces recherches locales d’abord autour de la Perte du Rhône, puis en suivant la marche de César.
I. Le tunnel de Bellegarde est percé sous un vaste plateau appelé le Crédo ou le Grand Crédo. 11 est incon-
INVASION
testable que les Helvètes ont passé sur ce plateau; il est probable qu’ils y ont stationné. On y a trouvé une certaine quantité d'ossements humains, parmi lesquels des os d’enfants très-jeunes; on en trouve encore aujourd’hui à vingt centimètres environ de profondeur dans le sol *. Nous en avons examiné nous-même quelques-uns avec soin. L’aspect de la surface de ces os, leur état intime et la facilité de les réduire en poussière, ne permettent pas de douter qu’ils ne soient là depuis bien des siècles. Quand on commença, il y a une cinquantaine d’années, à labourer le plateau du Crédo , la charrue, en certains endroits, y menait les os comme les pierres , suivant l’expression de quelques hommes du pays qui, bien jeunes alors, y conduisaient les troupeaux. Or, le plateau est constitué d’un terrain d'alluvion mélangé de galet provenant des Alpes. Cependant, rapporte-t-on encore, « les moulons recherchaient tes parcelles de ces os et les croquaient comme du sel. » Il paraît donc que jadis ces ossements étaient en nombre considérable, et le lieu en présenterait une explication. Le pays n’offre que bien peu d’eau à facile portée
(I) Un chemin conduit du village de Grezin au Crédo, en traversant la grande route de Bellegarde h Genève , à cité de la première maison qui ae trouve sur la route près de ce village. Par ce chemin, à huit centa mètrea environ de cette maiaon, l’on parvient sur le plateau. Là, en obliquant à gauche, on traverse un champ d’une trentaine de mètres de largeur, après lequel il faut gravir un petit tertre qui offre de ce côté deux mètres de hauteur; il est aplani en dessus et ac termine au sud par une pointe, où le terrain s’éboule. C'est là, à l'extrémité méridionale de ce petit tertre, et dans le voisinage, qu'on trouve les ossements dont nous parlons.
pour 360,000 hommes et les attelages. Deux petites sources sortent dans cet endroit; il put s’y établir une station des malades, des enfants, des femmes, pendant le défilé de tant de monde, et ces ossements ont pu provenir des premières victimes de tant de souffrances qHe durent éprouver les malheureux émigrants.
Le nom singulier de Crédo ou Grand Credo que porte ce lieu remonterait-il (par Cré-do, crél-d’os) à Crest ou Grand Crest des os? Cré, crét, crest (crista ), c’est le mot par lequel on désigne dans ce pays une élévation du sol, une hauteur, une crête, une pointe de montagne. Or, sur la hauteur du Crédo , on dut voir des os pendant longtemps, soit les ossements abandonnés des animaux qui y périrent ou qui y furent tués par les émigrants , soit les ossements des hommes qui purent y mourir et qu’on aurait imparfaitement enterrés.
II. Un pont sur la Yalserine sépare aujourd’hui les maisons de Bellegarde de celles d’un hameau adjacent, Coupi ou Copi (sur la carte de Cassini). Bellegarde, c’est évidemment un nom moderne appliqué à un poste de frontière facile à garder ', comme on le voit en jetant les yeux au fond de l’abîme creusé par la Yalserine. Mais Coupi ou Copi, est-ce un nom ancien ? À l’endroit où se trouve le pont, les deux bords escarpés de l’abîme sont
(1) Ou peui-être , bellement gardé, quand le maréchal de La Vcrdin « te campa sur cette frontière, » au passage des Espagnols, comme on l'a vu dans une citation de notre Notice géopraphique.
N VAS ION
assez rapprochés pour qu’on ait pu facilement établir là, avant tout autre pont, un pont de bois au moyen de poutres solidement réunies. Ces assemblages de poutres, qui sont encore usités dans le pays pour passer la Valscrine et même le Rhône, s’appelaient en latin copulala ligna, poutres couplées, ou copulati ligni, ou coptati ligni. A-t-onpu dire par abréviation, d’abord coplati. puisCopi; comme on dit encore de nos jours, dans ce même pays, la Planche, pour désigner la passerelle d’Arloz, le Pont, pour désigner le village de Bellegarde?
III. Le lieu où campa, suivant nous, l’armée de César à son entrée en Gaule, l’unique place que le rapprochement de la géographie et des textes permette d’assigner à ce camp, s’appelle les Taies. Une tradition, qui a exercé la plume de quelques écrivains du pays, rattache à ce lieu des souvenirs lointains et confus de Sarrasins et d’une ville de ce nom, les Tates. Ce mot serait-il une modification de slativa, qui aurait indiqué jadis un lieu d'étape, une station de troupes, un camp où les légions ont fait séjour? Le nom ancien a-t-il été les States?
Au sommet de la colline des Tates est le plateau de Musinens. Le vent du Nord y souffle comme à Avignon : on y a vu souvent des toits emportés, de lourdes voitures renversées, etc. Le nom de ce lieu, Musinens, ne présente-t-il aucune trace d’un des mots latins musicc, musso, mussito, mugio, muginor , que les soldats romains campés là auraient, par plaisanterie sur le sifflement du vent, appliqué à ce lieu, et qui y serait resté?
Suivons la voie que prit César; et pour abréger, qu'on veuille bien nous permettre d'appeler simplement piste la voie primitive, telle qu’elle était à cette époque, en conservant le nom de route pour désigner le chemin amélioré par des travaux d’art exécutés depuis lors. La voie que nous suivons à partir de Bellegarde, en traversant le Jura moyen par le défilé de Nantua, n’a jamais pu être difficile, sur aucun point, pour une armée capable d’avoir franchi les Alpes en sept jours. Cette voie est généralement ascendante jusqu’au lac de Sylan, placé sur la ligne de partage des eaux du Rhône et de l’Ain, à 595 mètres au-dessus du niveau de la mer. Dans toute cette partie du trajet, la piste a été couverte par la route même, vu les difficultés du terrain ; et sur plus de la moitié du parcours où il existe aujourd’hui deux routes, par suite de rectifications modernes, il va sans dire que c’est la plus ancienne de ces deux routes qui recouvre la piste ; mais nous devons faire remarquer que s’il a été utile d’établir la route nouvelle, c’est précisément parce que l’ancienne recouvre le chemin primitif, lequel avait dû chercher le terrain naturellement favorable pour poser le pied, et se trouvait en beaucoup d’endroits d’un tracé défectueux.
IV. Le lac de Sylan porte un nom des Commentaires. Immédiatement avant la sixième campagne, le lieutenant de César, M. Sylanus , fut envoyé en Italie avec deux collègues, pour lever des hommes et constituer trois légions qu’ils amenèrent dans la Gaule Celtique avant la fin de
INVASION
l’hiver 1 . Remarquons sur la carte de Cassini, à l’extrémité orientale du lac de Svlan, un nom inscrit là, Tour de Sylan, pour indiquer un domaine dontlamaison rustique n’a certainement jamais été flanquée d’une tour. Voilà cependant un indice de lieu fortifié. En cherchant, nous avons remarqué au bord même de la route, à main gauche pour qui vient de Bellcgarde et au nord-ouest de la maison du domaine, un petit mamelon, d’une forme qui nous a paru singulière, et qui mérite un examen. La base de ce mamelon est régulièrement circulaire. A deux ou trois mètres de hauteur, il présente une plate-forme, en couronne, de cent mètres environ de diamètre. Au pourtour de cette plate-forme, la pente, régulièrement égale partout, est d’environ quarante-cinq degrés. Au centre, on voit un relief comme seraient les ruines d’une tour élevée jadis au sommet du mamelon, et par conséquent , d’après ce qui précède , cette tour aurait été environnée d’une enceinte forte, pour en défendre l’approche. Ces divers reliefs du terrain, bien qu’atténués et en partie effacés par la culture, sont manifestement configurés de main d’homme; une source d’eau vive, qui ne tarit jamais, sort du tertre même au bord de la route. Avant qu’on eût fait écouler par une tranchée l’eau de la vallée adjacente (où le lac se prolongeait encore
(l) Multis de causû Cæsar majorent Galliæmolum cxpectans, perAf, Sylatium, C. Antistium Rheginum, T. Sextium , tegatos, detectum habere institua Celeri ter confecto per suot ddectu ; tribus ante exactam htemem et
constitutis et adductis legionibus. [De lello Gallico , VI, 1.)
à l’époque de la carte de Cassini), ce tertre devait être entouré d’un marécage, qui en eût rendu la défense plus facile. Le fait se reproduit de nos jours, lorsque, par suite de grandes pluies, les eaux du lac inondent la vallée. Du côté de la montagne, un petit col que la route franchit aurait, jadis, permis de communiquer avec ce mamelon fortifié et entouré d’eau. C’est le seul relief de terrain non dominé par la montagne qu’on aperçoive autour de soi. En considérant tout cela, nous avons été porté à nous demander s’il n’aurait point existé en cet endroit, au milieu du défilé et au point culminant de la voie, une tour , un poste, une station , pour les légionnaires de Sylanus , qui venaient rejoindre l’armée de César à travers ces montagnes, au cœur de l’hiver, tribus ante exaclam hiemcm adductis legionibus? 11 serait bien facile de s’éclairer sur ia constitution intérieure de ce mamelon en faisant quelques fouilles.
Ce même nom d’un lieutenant de César se rencontre encore sur deux autres points de la voie d’Italie en Gaule, par le pays des Sébusiens (lcBugey). En venant d’Italie par le petit Saint-Bernard, on peut quitter la route de Genève à Mionnas (relai de poste entre Itumilly et Frangy), pour prendre à gauche par Droisy, passer le Iihône à Scyssel ( Condate ), suivre parla route départementale n° 12, qui longe le versant du mont Relort (terrain sec, exposé au soleil), et enfin rejoindre à Châtillon la voie du défilé de Nantua; on aura ainsi évité la traversée de la Semine qu’un sol argileux, retenant l’eau partout, même
INVASION
dans les terrains inclinés, rend presque impraticable l’hiver.
Or, sur ce chemin, le meilleur pendant F hiver, à environ quatre kilomètres au nord de Seyssel, un village porte le nom de Sylan. Son emplacement, sur un coteau exposé au midi, avec un ruisseau qui en baigne le pied, convient parfaitement pour une station de troupes pendant la saison rigoureuse. Ce village de Sylan est à une étape de la tour de Sylan.
Puis, en continuant de marcher par cette voie dans la direction du nord-ouest et de Samarobriva, où se rendaient les légions conduites par Sylanus auprès de César, on rencontre encore à la distance d’une étape un troisième lieu qui a conservé le nom de Sylanus. C’est le vallon de Sylan, au versant oriental du plateau que nous considérons comme ayant été l’oppidum d’Àlesia, vallon où coule jÿi petit ruisseau limpide dont la source est dans le village même d’Izernore.
Revenons à l’examen de la voie. Le lac de Sylan se trouve au milieu du défilé de Nantua. La voie, après avoir monté jusque-là, côtoie le lac du seul côté où l’on puisse passer (du côté nord), puis au delà elle descend à l’ouest. Ici tout d’abord, le thalweg du défilé étant trèsrapide, la route a été dirigée, au moyen de travaux d’art, par le versant de gauche, afin de prolonger et d’adoucir la pente. La piste, qui suivait le thalweg, s’est trouvée ainsi délaissée au fond de la vallée et à distance de la route. On peut l’y voir encore aujourd’hui se déta-
cher au point où la route prend par le versant de la montagne, et descendre plus rapidement par le thalweg, jusqu’à l’endroit où apparaît la source du ruisseau de Mcrloz, appelée Doye des N ey rolles. La piste passe à droite de cette source et se perd au delà sous les cultures, où on la reconnaît encore pendant quelques centaines de mètres. Puis, on la retrouve plus loin, par places, sur le pied du versant de droite. Enfin, on en voit encore une dernière portion notable qui vient rejoindre la route à deux cents mètres avant l’entrée de Nantua.
Y. Au de là de Nantua, la piste se confond avec la route qui suit le bord du lac, jusqu’à la Cluse , où le défilé se termine. Cette extrémité occidentale de la grande cassure totale des monts Jura présente, comme on voit, le nom latin d’un lieu qui ferme , Clusius, indice qui peut naturellement se rattacher à un événement de guerre, à un souvenir de porte close en ce point de la voie.
Des trois routes qui divergent de la Cluse, nous suivons celle qui mène à l’ouest, à Mâcon et Nevers, par Bourg-en-Bresse. Dans cette direction le chemin primitif évitait d’abord une prairie marécageuse en se détournant au nord, du côté de Sénoche (aujourd’hui Montréal) ; puis, il revenait au sud pour passer l’Ognin à Brion, village d’origine antique. Les éléments de son nom, Bri-on, brig-One, peuvent-ils signifier pont de l’One, pont de l’Ognin (rivière appelée Onix dans les chartes)? Ce lieu fut un caslrum. C’est là que mourut
INVASION
l’empereur Charles le Chauve, en revenant d’Italie 1 * . Au delà de Brion, la piste, que nous croyons reconnaissable encore sur divers points, reprenait la direction de l’ouest, et gravissait le mont Bertian comme la route actuelle, qui la recouvre dès lors en se dirigeant aux mêmes cols, pour franchir plusieurs crêtes de montagnes jusqu’à la plaine de Bresse. Cette plaine s’ouvre aux regards lorsqu’on arrive sur la dernière crête des monts Jura, un peu au-dessus de Ceysériat-au-Rcvcrmont.
VI. N ous avons précédemment, pour ne pas interrompre l’examen du texte de César, réservé ce qui concerne les traces antiques qu’on trouve à Coysériat-au-Revermont et dans le voisinage. Il existe à ce sujet des difficultés d’explication qui ont été mises en relief par des hommes de grand mérite, difficultés que nous ne devons ni taire, ni éluder, et qu’il conviendrait de résoudre, si c’est possible. Parlons d’abord d’une enceinte fortifiée , exécutée avec des pierrailles, sur la roche de Cuiron, à l’orient de Ceysériat.
Pour exposer la question , nous ne pouvons mieux faire que de citer quelques passages de l’ouvrage de De Lateyssonnière. Voici ce qu’il dit à ce sujet 5 : « M. De- « landine a fait une dissertation 3 * sur une enceinte con- « struite avec des pierres brutes au sud-est de la roche de « Cuiron, située à un quart de lieue à l’est de Ceysériat.
(1) On peut en voir les preuve» dans l'ouvrage de De Lateyaaonnière,
t. I, et dans les Eludes archéologiques sur le Bugey de D. Monnier. Bourg.
en-Bresse, Bottier.
(9) Ouvrage cité, 1. 1, p. 137. — (3) Lyon, 1780. Chez Lefauebeux.
t Cette enceinte est divisée en trois parties : la première,
« de forme triangulaire, a 36U pas dans sa plus grande « longueur; ses deux autres côtés ont chacun environ « 300 pas de long; un rocher à pic la borne d’un côté.
« Des fossés et des remparts en pierres et en gazon sépa- « rent cette enceinte des deux autres qui sont plus éten- « dues. Celles-ci contiennent des tas de pierres disposés « en lignes parallèles : chaque tas est à une distance de « 20 pieds de ses voisins. M. Delandine croit avec raison,
« d’après le silence de César, qu’aucun de ses lieutenants « n’est venu camper sur cette montagne. 11 fait observer « que ce lieu aurait été mal choisi pour y placer une sta- « tion militaire, parce qu’on y aurait été éloigné du pas- « sage naturel de la vallée de la Reyssouse à celle du « Suran. En outre, il aurait fallu aller chercher l'eau aune t grande distance, si un corps d’armée était venu sta- « tionner sur cette montagne. M. Delandine attribue cet * ouvrage aux Gaulois, et il conjecture que ces enceintes « avaient servi aux assemblées des druides.
« M. Riboud a inséré, à la suite de r.4nntuure du dépar- « tement de l' Ain pour 1821, un mémoire sur cette cnt ceinte de pierrailles. .. . M. Riboud disserte longuement « pour prouver que cet ouvrage fut construit par T. La- « biénus, lieutenant de César, et qu'il quitta les environs « de Genève pour venir camper sur cette montagne, afin « de s’opposer au passage des Helvètes. Cette conjecture « improbable est formellement contredite par le récit de « César.
INVASION
« Ces cônes de pierrailles et ces enceintes peuvent avoir « été faits, soit pour cultiver plus facilement cet espace « de terrain, soit pour servir de retraite aux habitants « du pays, au milieu des forêts dont il était autrefois « couvert. Les invasions fréquentes des peuples du Nord, t les pestes fréquentes, obligeaient souvent les anciens t peuples à quitter leurs demeures ordinaires et à se ré- « fugier sur les parties les moins accessibles et les plus « élevées de leur pays. Il vaut mieux avouer notre igno- « rance complète sur l’origine de ces ouvrages, que de « hasarder d’autres conjectures. »
On voit quelles sont les trois opinions émises jusqu’ici pour expliquer l’origine de cette enceinte fortifiée qu’on trouve sur la roche de Cuiron. Aucun de ces trois auteurs ne songe à César en cherchant à se rendre compte soit du monument de Cuiron, soit du ftom de Ceysériat. Jusqu’à ce jour, en effet, on a généralement admis que César, en revenant d’Italie avec les cinq légions de renfort qu’il amenait pour porter la guerre en Caille, a passé par Briançon, Gap, Valence, Vienne; et dans cette opinion, comment eût— il pu venir à l’esprit que César eût passé à Ceysériat-au-Ilevermont?
Mais maintenant que nous pouvons, d’après ce qui précède, nous appuyer sur la marche de César par cette voie de l’ouest, pour tâcher de nous expliquer le fait d’un retranchement établi sur la roche de Cuiron, nous posons la question de la manière suivante : Quel aurait été le motif de fortifier ainsi le sommet du mont au versant duquel se Irou-
mit le camp de César , le sommet fortifié n’ayant point d'eau à facile portée? Après avoir bien cherché, voici la seule explication que nous ayons su trouver : on l’appréciera.
Le texte des Commentaires donne très-clairement à comprendre que César, arrivé en vue de la Saône, attendit là, pendant que ses éclaireurs allaient reconnaître de près la position des Helvètes, et sans doute encore pendant que trois légions s’approchaient d'eux, à pas de loup, et attendaient elles-mêmes, pour s’élancer à l’instant propice sur les derniers qui resteraient au bord de la rivière. Pendant tout ce temps-là, César avec les trois autres légions ne fitil rien au sommet de Ilevermont ? Il nous semble, en effet, que tout le reste de l’armée dut attendre là , campé au versant de la montagne, en évidence, et loin des Helvètes, afin de les entretenir dans une sécurité trompeuse. César, d’ailleurs, avait intérêt ^jçxercer aux travaux de retranchement ses légions nouvellement formées ; et il pouvait juger utile de prendre quelques précautions en arrivant ainsi dans un pays inconnu et proche de l’ennemi.
Nous lisons dans le deuxième livre des Commentaires 1 :
■ Mais la tenue et l’ordre de l’armée en marche étaient i tout autres que les Belges l’avaient rapporté aux Ner- » viens; car, dès que l'ennemi se trouvait proche, César, « c’était son habitude, conduisait six légions ne portant « que les armes : derrière elles, il plaçait les bagages de • toute l’armée : puis, deux légions, les dernières levées,
^1) Sed ratio ordoque ag minis... {De bello Gallico ,11, xix.)
ÉMIGRATION DES HELVÈTES. 373
« fermaient soigneusement la marche et gardaient les « bagages. » Voilà une précaution que César avait l’habitude de prendre en marche quand il arrivait au voisinage de l’ennemi; or c’était le cas où il se trouvait à Ceysériat-au-Revermont.
Rapprochons de cela une autre précaution qu’il prit dans la grande bataille où il tailla en pièces le gros des Helvètes émigrants. Voici ce que disent les Commentaires : « César se détourna dans la direction de Bibracte... Les « Helvètes, revenant sur leurs pas, commencèrent à pour- « suivre l’arrière-garde des Romains et à l’attaquer. Ce « que voyant César, il porta son armée sur une colline « voisine et envoya la cavalerie soutenir le premier choc • de l’ennemi. Pendant ce temps-là il fit lui-même ranger « les quatre légions de vétérans à mi-côte, sur trois lignes, « de telle manière qu’il pût placer en haut de ce corps de t bataille, au sommet de la position , les deux légions qu’il « avait tout récemment levées dans la Gaule Citérieure, « aVec tous les auxilliaires, et ainsi couvrir de monde « toute la montagne. En même temps, il ordonna que les « bagages fussent réunis tous au même lieu, et que les « hommes do la ligne de bataille supérieure se missent à « fortifier ce lieu. »
Voilà donc ici un retranchement exécuté par précaution , même pendant que la bataille est déjà engagée . Qu’un accident survienne, ce qui est si fréquent à la guerre, comme César l’a dit et répété, que cet accident jette le trouble dans son armée, il aura derrière lui un lieu
retranché, pour parer à un désastre, pour avoir le temps de se reconnaître et de recourir à quelque expédient de son génie.
Nous concluons, par analogie avec ces exemples, que l’enceinte fortifiée qu’on voit encore aujourd’hui sur la roche de C'uiron, a pu être un fort, un réduit, établi là par César à la veille d’attaquer les Helvètes. Ce guerrier, qui ne négligeait rien, aurait ainsi fortifié le sommet du mont au versant duquel il campait à Ceysériat, par le même motif de prudence qui lui fit, quelques jours plus tard, fortifier le sommet du mont au versant duquel il rangeait les légions en face de ces mêmes Helvètes. Cette précaution aurait été ici d’autant mieux motivée, que César se trouvait en pays inconnu, entouré de populations dont les sentiments à son égard ne pouvaient inspirer cou fiance, et qu’il approchait d’un ennemi redoutable, soit par le nombre des hommes, soit parce que précédemment ce même ennemi avait fait passer une armée romaine sous lejoug. On connut bien du reste la bravoure de cet ennemi dans la grande bataille qui survint peu de jours après, et où, depuis une heure après midi jusqu’à la nuit, aucun Helvète ne put être vu lâchant pied 1 .
(1) Il a existé, À l'époque de César, deux Romains du nom de Curton, le père et le fils. Le père, tribu» violent, orateur fougueux, fut d’abord l’ennemi déclaré de César; mais comme il était de mœurs dissolues, couvert de dettes, et qu’il avait grand besoin d’argent, César acheta ton dévouement, et ce Curion joua un grand réle dans la guerre civile. L’uu des deux a-t-il fait la première campagne de Gaule, et son nom, à peine modifié, serait-il resté en souvenir de sa présence au retranchement établi sur la roche de Cuiron?
INVASION
Qu’on accepte ou non cette manière d’expliquer le fait de l’enceinte fortifiée dont nous venons de parler, il n’est pas sans intérêt, pour l’appréciation des événements de la guerre de Gaule, d’avoir rapproché ces témoignages d’une extrême prudence , chez un homme dont les incroyables succès furent souvent dus à une audace encore plus incroyable, et par conséquent, imprévue. Pompée luiraêmc, qui devait connaître César, n’avait pu croire qu’il osât l’assaillir dans ses retranchements de Pharsale, et le voyant s’avancer : Ad castra etiam ! s’écria-t-il éperdu, et il s’enfuit.
VII. Le camp retranché de la roche de Cuiron est à l’unedes deux extrémités, et au seul point de facile accès, d’une croupe de montagne oblongue, qui présente de tous les autres côtés des versants très-rapides. Le retranchement placé là achevait donc de rendre inabordable la position du sommet. Ccysériat se trouve au versant occidental de la montagne et dans la vallée même de la Saône , en un lieu où la pente s’adoucit, et au bord d’un ruisseau. On voit sur un tertre voisin un village qui porte, ainsi que la montagne elle-même, le nom de Mont-July , mous Julii , le mont de Jules. N’est-ce pas là comme une signature de Jules César? Elle est bien authentique; on peut s’en assurer sur la carte de Cassini, sur celle de l'Etatmajor, sur toutes. Quelle transmission d’oreille en oreille? mont July , mont Julii, non n’a changé dans le son, absolument rien, depuis dix-neuf cents ans.
On dit que, parmi les peuples , le souvenir du mal
qu'on leur a fait est plus durable que celui du bien . Aussi , quel témoignage que ce montJuly! Ni temps, qui détruit tout, ni les hordes du Nord, en s’écoulant vers le soleil par la vallée de la Saône , tout le long des monts J ura, à plusieurs reprises et comme une lave incendiaire, n’ont pu effacer, au flanc du Revermont gaulois, le nom de l’envahi sseur romain, Julii. Si ce nom est resté là, invariable, n’est-ce pas pour attester que là, devant ce mont, fut accompli dans un premier guet-apens le massacre de cette foule de retardataires de l’émigration des Helvètes ; et que là encore repassèrent les derniers débris de ce peuple : vieillards, femmes et enfants, que le glaive fatigué du vainqueur refoulait en masse dans leur pays, affamés, sans abri, laissant des morts à chaque pas?
Ces lieux ont donc vu pénétrer en Gaule l’homme qui fut si meurtrier au genre humain. Voilà où ses légions campèrent ; voilà où sa tente fut dressée ! 11 est monté ici. C’est d’ici que, pour la première fois, il put étendre ses regards sur ces contrées dont il espérait tant; sur cette Gaule à laquelle il venait, au déclin del’âge mûr, demander le pouvoir suprême dans Rome ; et qui l’y éleva en le couronnant de la gloire terrible d’avoir tué, massacré ou vendu en esclavage plus d’un million 1 de nos aïeux, et
(1) Eulrope a fait le compte général : « Sou» le commandement de « César, dit-il, il a été tué en bataille onze cent quatre vingt-douze « mille hommes des ennemis ; car il n’a pas voulu annoter combien il c a péri de monde dans ses victoires de la guerre civile. — Bju g ductu « undecias centum nonaginta et duo millia hostium cæsa sunt . Nam quantum c bellis civilibus fuderit, noluit annotare. » (Eutrope, Epilomc beîli gaU
INVASION
en lui fournissant assez d’or pour qu’cnfin Rome trouvât Y acheteur prévu par Jugurtha '.
Nec qualem meminere vident; majorque ferusque Mentibus occurrit, victoque immanior 7 loste .
Nec sulum vulyus inani
Perculsum terrore pavet, sed Curia; et ipsi Sedibus exilicre Paire », invitaque belli Consulibus fuyiens mandai décréta Senatus ».
LfCAIN.
Cette première vue de la Gaule, du haut du mont July , spectacle immense et magnifique, ne dut, ce nous semble, jamais sortir de la mémoire de Jules César. C’est là, sans doute, qu’il se reportait dans sa pensée, lorsqu’il di était ces mots : Flumcn est, Arar, quod per fines Æduorum et Sequanorum in Rhodanum influit, incredibili lenitate.... Du mont Juhj , en effet, nous l’avons devant les yeux, ce bel Arar gaulois, qui passe à travers le pays des Éduens en venant du pays des Séquanes, et allant si doucement au Rhône qui l’enlève et l’emporte dans la mer.
Qua Rhodanus raptum vclocibus undis
In mare ferl Ararim.
Lucain.
lici.) Si dans ce nombre lotal de barbares tués les armes à la main, on fait la part de la Gaule, en ajoutant ce qu'il y a péri de population sans armes, par le fer, le feu, la faim, dans les habitations, les champs, les bois, les marais, comme il est dit en vingt passages de César, de Suétone, d’Eutrope, on verraque notre expression ci-dessusest certainementtrop faible. Appien dit d'un seul trait : un million de barbares tués dans les combats et un million emmenés captifs.
(1) Sallusth, Jugurtha, xxxv.
(î) Il est facile de voir, dans vingt passages des Lettres de Cicéron à Atticus, que les expressions du poëte que nous citons ici n'ont rien d'exagéré.
Voilà Matisco des Commentaires; voilà Cabillonum ad Ararim; voilà, au dernier plan du tableau, la chaîne des montagnes Eduennes; Hibracle est là derrière. Apercevez-vous ici, un peu à gauche, ces quelques petites taches grises, comme des points sur la dernière ligne de l’horizon? Ce sont les pointes des montagnes des Arvernes.
Salve, maijna jiarcns frugum, tellus!
hlagna virum !
Yirgilb.
« Salut , terre , puissante mère de moissons , puissante mère de vaillants hommes ! * C’est là qu’est né Vercingétorix, un Gaulois qui n’aura pas les défaillances de I’ompée : il tiendra ferme, lui, devant César et la famine ensemble.
RÉSUM É.
Sur les lieux mêmes où nous venons d’être conduits en suivant la marche des Helvètes et de César a la première campagne de Gaule, nous allons retrouver, dans la septième campagne , Vercingétorix en face du grand guerrier de Rome ; mais alors le récit de César serait insuffisant pour qu’on parvînt à reconnaître les mouvements des deux années, si l’on n’avait pas dans la pensée un souvenir très-distinct de sa marche à l’invasion de la Gaule. Nous avons donc un double intérêt à reprendre ici en peu de mots nos déterminations générales à ce sujet.
Nous croyons avoir démontré, d’après le terrain, les textes et les antiquités locales :
Que César, après avoir laissé à Labicnus le commandement des ouvrages élevés sur la rive gauche du Rhône, depuis le lac Léman jusqu’au mont Jura (montagne du Vuache), pour empêcher les Helvètes émigrants de passer le fleuve, et être allé à la hâte en Italie chercher des renforts, en revint avec les cinq légions qu’il amenait (à la
hâte encore et par le plus court chemin), dans la direction du corps (Farinée de Labiénus ;
Qu’il revint ainsi par les points suivants : Aoste, le col du Petit Saint-Bernard, la Tarentaise (qui était le pays des Centrons), Montmcillan (jusqu’où les Vocouces remontaient sur la rive gauche de l’Isère), Chambéry (chez les Allobroges) Aix-les-Bains, Frangy et la Perte du Rhône, porte de la ( laule , où Labiénus se joignit à lui avec son corps d’armée;
Que César passa le Rhône, pour entrer en Gaule avec toute son armée, sur les trois points rapprochés où ont existé de temps immémorial le pont de Grczin, le pont de Lucey, la passerelle d’Arloz, et qu’aiusi il entra en Gaule chez les Sébusiens (par Bellegarde en Bugey), à la limite des Sébusiens et des Séquanes au bord du Rhône, où il campa sur la colline des Taies et le plateau de Musinens (à cette place même qui est occupée en partie aujourd’hui par la station du chemin de fer de Lyon à Genève).
Que les Helvètes, voulant aller à l’ouest chez les Santons, après avoir obtenu des Séquanes le passage sur leur territoire (la Franche-Comté), avec garantie réciproque, par otages donnés et reçus, qu’il ne serait fait ni tort en passant ni empêchement au passage , quittèrent leurs foyers par la cassure du Grand Jura où se trouve aujourd’hui le fort de l'Ecluse; qu’cnsuitc ils ravagèrent, au versant du plateau du Crédo, en face de la colline des Tâtes, des propriétés que des Allobroges avaient au delà du Rhône (comme en ont encore aujourd’hui
INVASION
au même lieu leurs descendants ) , et que les otages entre Helvètes et Séquanes ne garantissaient point; que de là, les Helvètes cheminant toujours par le pays difficile des Séquanes, allèrent, après un détour au nord en côtoyant la Valserine, reprendre la direction de l'ouest par la vallée de la Bienne , ensuite par celle de l’Ain, puis à travers le Jura occidental, et débouchèrent en plaine chez les Eduens dans la région de Bourg-en-Bresse, où ils ravagèrent les campagnes, prirent d’assaut les oppida ; qu’ensuite, poussant droit au sud-ouest, ils entrèrent sur le territoire des Àmbarres (dans les Dombes), qu’ils ravagèrent également ; et qu’enfin, ils arrivèrent au bord de la Saône, près de Montmerle ou de Saint-Bernard, vis-à-vis des vallées qui leur ouvraient l’ouest dans la direction de Roanne ou de Feurs, points où l’on peut encore d’ordinaire passer facilement la Loire à gué ;
Qu'alors César, dans sa position devant la Perte du Rhône, renseigné surtout ce qui s’était passé en son absence, reçut là, non ailleurs, la députation des Éduens qui lui demandaient vengeance contre les Helvètes, le message des Ambares qui lui demandaient du secours, et les plaintes des Allobroges qui avaient au delà du Rhône des habitations rurales et autres propriétés, lesquels accoururent lui montrer, de la place où il sc trouvait, que les Helvètes ne leur avaient rien laissé que le sol de leurs champs : triple prétexte dont César a cherché à couvrir son invasion préméditée de la Gaule.
Qu’il marcha directement du côté où se trouvaient les
Helvètes, par la voie que suit de temps immémorial la grande route de Genève à Nevers, par le défilé de Nantua; qu’il parvint ainsi au col du montJuly, sur la dernière crête des monts Jura du côté de la Saône, point de la route d’où scs regards purent s’étendre à perte de vue sur le cours de la rivière jusqu’au Rhône, ù travers une immense étendue d’un pays fertile, et qu’il campa, un peu au delà de ce point culminant, au bord d’un ruisseau, à Ccysérial , bourg dont le nom rappelle ce campement de César, castra Cœsarea ;
Que César attendit là, pendant que ses éclaireurs allèrent dans la plaine reconnaître de plus près la position exacte des Helvètes, examiner où et comment ils passaient la Saône, combien il en restait à passer; que, son plan arrêté, il fit avancer trois légions dans la plaine jusqu’à Saint- Denys-le-Cet/sérta( , autre castra Cœsarea , camp avancé, d’où, lorsqu’il ne resta plus en deçà de la Saône que le quart des Helvètes, les trois légions partant à minuit allèrent surprendre cette portion des émigrants dans l’embarras du passage de la rivière , en tuèrent le plus grand nombre et dispersèrent le reste dans les forêts voisines ; '
Qu’ensuite César, traversant lui-même la Saône, suivit pas à pas le gros des émigrants qui se dirigeait au nordouest , en s’écartant de la rivière ( probablement par Cluny), et parvint avec eux, après seize ou dix-sept jours de marche, ù dix-huit raille pas ( 27 kilomètres ) de Bibracte ( Autun ), où, dans une seconde bataille , il
INVASION
on tua le plus grand nombre et s’empara de tous les bagages.
Ceux qui survécurent se dirigèrent du coté du pays des Lingons ; et là, dénués de tout, par suite des menaces et de l’habileté politique de César, ils firent leur soumission ; laquelle eut lieu , selon toute probabilité , dans la région de Saint-J ean-de-Ixsne.
Marquons ce point, pour nous reconnaître plus tard sur le terrain : nous sommes à l’extrémité méridionale du pays des Lingons.
D’ici, maintenant César va se diriger sur Vesontio (Besançon) , pour s’emparer de cette place importante des Séquanes; et, poursuivant sa marche au delà, il taillera en pièces l’armée germaine d’Arioviste à environ cinquante mille pas (75 kilomètres) du cours du Rhin. On pourrait donc encore assez facilement, les Commentaires à la main, suivre la marche de César dans cette seconde partie de la première campagne.
Mais, au sujet de la septième campagne, dans laquelle les Gaulois auront à leur tête Vercingétorix, il arrivera un moment où le récit de César deviendra obscur : les indications et les points de repère y feront défaut; on verra des légions marcher en toute hâte, et dans des circonstances de marche mal expliquées ; on les verra se réunir toutes et passer ensemble à l'une des extrémités du pays des Lingons : à laquelle de ces extrémités ? Pour le reconnaître, il faudra discuter le texte des Commentaires; et alors il sera utile de se rappeler que déjà une
fois César avec son armée a précédemment passé ici, a P extrémité méridionale du pays des Lingons , et qu’à cette époque, il venait d’envahir ces contrées en traversant les monts Jura par leur grande cassure, où l’on trouve la Perte du Rhône : point où l’on passe facilement ce fleuve et par où les légions étaient entrées en Gaule Celtique.
FIN DU PRFjMIER VOLUME.