‹ Jules César tragedie ShakspeareChapitre 1 sur 113 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

doute, et il demeure acquis à la science linguistique, au moyen de la confrontation de notre texte avec le texte anglais * qui a été faite par les juges les plus compétents, et comparativement avec toutes les traductions en prose qui ont été publiées, que, loin de trahir

davantage, suivant le dicton italien, traduttor, traditùTj elles traduisent encore mieux, du

moins à certaines conditions qu'il faut remplir.

D'ailleurs, aucune de ces traductions en prose, quelque méritoires qu'elles soient, ne seraiœt acceptables (il faut en ccmvenir) pour la scène française, pas plus que si on y reproduisait en prose les beaux vers de Corneille.

<ic Quelle prodigieuse supériorité de la belle « poésie sur la prose! » s écrie Voltaire en commentant Ginna, dans son admiratîoii si cœnpéteate, aussi bien eo ptcm qaea wrs.

1. Que Dous avions mis en reg.ird, au bas des pages, dans notre première édition. — Celle-ci conlieut, en revanche, de nombreuses et importantes corrections*

PikÉFAGE. Ttt

« Tous les écrivains politiques ont délayé ces « pensées ; aucun a-t-il approché de la force, « de la profondeur, de hi netteté, de la préeîc sien deces discours de Giiina et de Maxime? € Tous les corps de TÉiat auroîent dû assis- € ter à cette piècepourapprwdreà penser et € à parler. »

Or, d où vient cette supériorité? Du travail qu'il faut faire sur la langue traductrice, outre celui qu'on a fait^ comparativement avec la langue à traduire, pour condenser et rendre, tantôt poétiquement, tantôt dans le lan* gage le plus familier, mais toujours fidèlement à son modèle, les diverses mo<^lulations d^un génie dramatique tel que Shakspeare, dont les pièces offirent un mélange incessant de prose et de vers ; après quoi cette supériorité devient évidente au plus haut point, quand, au lieu de traduire son œuvre dramatique comme tout autre poème, on s'est identifié, par-dessus tout, avec l'émotion, l'esprit et le caractère de chaque personnage, de ma-

vni PRÉFACE.

nière à les rendre aussi fidèlement, aussi expressivement que possible, et non pas seulement mot à mot, mais à' âme à âme. . .

A cet égard, notre Étude préliminaire en dit assez, ce nous semble , pour dissiper les préjugés contraires qu'accréditent, aujourd'hui plus que jamais, ceux qui n'aiment pas les vers et surtout ceux qui n'en fontpas-

MatB ce sont surtout aussi les considératii^iis qu'elles contiennent sur Tétat actuel de l'art dramatique en France et sur les réformes et les progrès dont il aurait besoin, tant au fond qu'en la forme, pour élever son sacerdoce à la hauteur de celui deShakspeare, qui ont fixé l'attention et nous ont valu les suffrages les plus éminents ; et ils nous sont d'autant plus précieux, que ces considérations leur ont paru aussi neuves qu'opportunes, et que, comme ils veulent bien nous l'exprimer à qui mieux mieux, elles émanent entièrement de notre propre fonds.

Les pièces de théâtre sont faites pour être

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