PRÉFACE. IX
jouées , et c'est dans cet esprit que nous avons conçu notre Étude préliminaire aussi bien que notre traduction.
Que si nous avons choisi le Jules César de Sliakspeare, plutôt que toute autre pièce, pour servir de spécimen aux progrès et aux râbrmes que nous aurions à cœur de voir s'accomplir enfin sur la scène française, ne fût-ce que pour lui donner de Tair, de l'espace et des horizons eu rapport avec les expansions et les besoins de notre époque, c'est que nous avions sous les yeux une autorité magistrale : celle du plus grand génie des temps modernes, car il s'agissait de Jules César, et c était celle de Napoléon.
« La tragédie doit être l'école des rois et des peuples, disait Napoléon dans un entretien littéraire qu'il eut avec Groethe, le 29 septem* bre i 808 , à Ërfurt. « Vous, par exemple , « ajouta-t-il, vous devriez écrire la Mort de « César avec plus de grandiose que Voltaire.
<t Cela pourrait devenir la plus belle œuvre
X PStiFACB,
« de votre vie ; il faudrait montrer au monde « quel bonheur Gésar lui aurait donné si on « lui avait laissé le temps d'exécuté ses plans « sublimes. »
 cette invitation impériale, Gœthe na pas répondu, du moins en action , car il n'a £ait aucune pièce sur la Mwt de César. Peutêtre a-t-il pensé qu'un tel sujet ne pourrait être dramatisé qu'autant qu'on montr^aU au monde, mn pas seidment le bonlieur que Cèsrn' aurait pu lui donmr, si la conspiration de Brutus n'avait pas eu lieu, mais qu'on met»
trait à nu tout ce que cette conspiration ellemême contenait dans ses lianes, et fiome dans sou sein, d'éléments funestes aux destinées de ce vaste empire, et tout ce que le spectacle de leur combustion pouvait oflErir d'enseignements salutaires pour les peuples txmme jmr ies ro», suivant le vceu si remarquabk de Napoléon*
Ainsi ont pensé les illustres devanciers du génie de Gœthe , Shakspeare et Corneille, et