‹ Jules César tragedie ShakspeareChapitre 111 sur 113 · SU est, » «jtrataBfntas, « des préteites honnêtes de · texte numérisé non relu

SU est, » «jtrataBfntas, « des préteites honnêtes de

violer la jastice, il valait encore mieux souffrir l'injustice des amis de César que de conniver à celle des nOtres. L'indicérence snr les premières n'eût passé qoe poor dé&nt de courage; mais en tolérant celle de nos amis, nous encourons le soupçon de simplicité, et nous partageons les périls auxquels ils s'exposent, n

Tels étaient, dit Plutarque» les principes d'après lesquels Bruttts se conduisait*

(Plutaique, Vie de M. àmimSf tnû» de Ricabb.)

38. C'est une opinion vulgaire que quelques animaux aboient la nuit contre la lune, parce qu'ils sont })lessés de son éclat. Brutus accuse ici indirectement Cassius d'avoir conspiré contre César autant par jalousie que par amour de

la liberté: Cassius devine son intention, et, vivement choqué, il reproche à Urutus de l'insulter lui-môme par jalousie.

(Wasbubion.)

dO. Bnitua donnait pouriBOtifrdeaa demande que raige&t

qu'il avait eu de son côté avait été employé à réquipemeat

NOIES DE WLES CÉSÂR. S&&

de €0(te flotte -BCNubm» ifiri les Tenâail mattres 4» tonte

la Méditerrant^e. Les amis de Cassius l*en détournaient. Il n'est pas juste» lui disaient-ils^ que ce que vous avez conservé de vos é|uugnes« ce que vous ayez levé sur les peuples^ en vous attirant leur hsàne, Bmtus l'emploie à s'atladber et à faAre des largesses aux soldats. Cependant il lui donna le tiers de tout ce qu il avait amassé.

^LuiABQU£^ trad. deitiCÀBo.)

40. Les liens formés par le choix du cœur étaient, chez les Romains, aussi forts et souvent plus que ceux de la nature. Le sentiment de Famitié était exalté par les anciens jusqu^au degré d'une passion. Elle jouait les plus grands rôles sur les théâtres d'Athènes et de Eomeyet^f tenait la place de l'amour, qui s'est emparé du théâtre des modernes. On ne peut iniaginer tout ce que les anciens ont écrit sur Tamitié, et tous les sacrifices, tous les sentiments héroïques qui ont signalé ce sentiment. Elle avait fait de Brutus et de Cas&ius deux frères par une adoption mutuelle et volontaire» et ils s*en don* naieni le nom comme s'ils fussent sortis do même sehn.

(Note de LEïO0BN£ca.)

41. « Écoutez mes avis, je suis plus vieux que vous^ » vers de Nestor dans V Iliade d'Homère, que Marcus Favonius prononça d'une voix affectée, dit Plutarque^en forçant la porte« pour empêcher les deux amis de se quweller.

Ce Marcus Favonius, selon cet historien, n'était point un poète : c'était un sénateur, partisan zélé de Caton, qui pratiquait la philosophie. Violent et précipité dans toutes ses actions, il ne tenait aucun compte de sa dignité sénatoriale, et se faisait un plaisir de la rabaisser avec une liberté cynique. Aussi ne faisait-on que rire et plaisanter des injures to^|ours déplacées qu'il se permettait.

m NOTSS m JULKS GÉSAB.

De ce sénateur cynique Shakspeare a fait un poêle. Il n'aimait pas riatervention des poètes en affaires d'État.

(Voir la note 350

42. Selon Plutarque, Gassios ne fit que rire de l'apostrophe du cynique Favonius. Maïs Bmtos» ph» séricuùBf le mit & la porte par les épaules, en le traitant de véritable chien et de

faux cynique.

Et cependant Brutus, dit ce môme historien» avait une élévation d'esprit fea commune, une extrême douceur, et

une fermeté d*ûme qui le rendait supérieur à la colère, à l'avarice et à la volupté, tandis que Cassius était violent, et ne savait gouverner que par la crainte*

43. 1/ histoire laisse incertain si Portiase tua avant ou après la uiort de son mari.

Selon Plutarque, & l'époque où Brutus fut forcé de se sé* parer d'elle pour quitter ritàlie,Portîas'efroi çait de renfermer en cllc-niclme le chagrin que lui causait cette séparation. Mais son courage échoua à l'aspect d'un tableau dont le sujet ciaît tiré de l'histoire grecque: il représentait les adieux d'Hector et d'Andromaque, qui recevait des midns de son mari, Astyanax, son fils encore enfant, ci tenait les yeux fixés sur Hector. T a vue de ce tableau, en rappelant à Portia son propre malheur, la fit fondre en larmes; elle alla le considérer plusieurs fois dans le jour, et chaque fois cette image de sa situation renouvelait ses pleurs. AciKus, un des amis de Brutus, témoin de la douleur de Portia, prononça ces paroles d'Andromaque à Uector:

Seul, vous me teneï lieu d'un père et d'une mère; Vous êtes, à la fois, mon époux et mon frère.

Pour moi, lui dit Brutus en souriant. Je ne puis pas adresser à Portia les paroles d'Hector à Andromaque;

NOTES DE IULES CÉSAR. 2Ô7

Allez, et, reprenant vos toiles, vos faacaux, De vos femmes» chez vous, partagez les traTaux.

Car, si la faiblesse de son corps iie lui permet pas les mônies exploits que nous, elle nous égalera du moins à combattre pour sa patrie pai* la fermeté de son cœur.

(Plutabqub, traduction de Ricabo.)

44. L'âaie stoïque de Brutus savait mettre eu pratique ce précepte de Montaigne t

« En celte-cy, fiuit-il prendre notre ordinaire entretien de nous à nous-mÔQie, et si privé, que nulle accoinlance 00 communication de chose étrangère n'y trouve place: discourir et y rire, comme sans femm^ sans enfants etsans bien, sans train et sans valets» afn gwmd fœcasicn ad/Dtendra de îeuir perte, Il ne nous soit pas nouveau de nous en passer, n

45. Plutarque mentionne littéralement cette apparition à Brutus» en donnant à entendre que sa tête» éctiauffée par de longues veilles, avait bien pu la produire, et lui faire voir ce

qui était invisible à d'autres yeux. Puis il ajoute que, le jour ayant paru, Brutus se rendit chez Cassius et lui raconta sa vision. Cassius, qui faisait progression de la doctrine d*Épicure» et disputait souvent avec Brutus sur ces sortes de matières, lui dit alors: Brutus, c'est un des principes de notre philosophie, que nos sens, faciles à recevoir toutes sortes d'impressions, nous trompent souvent en offrant à notre esprit des images et des sensations d'objets que nous ne voyons et n'éprouvons pas réellement. Notre pensée, plus mobile encore, excite sans cesse nos sens et leur imprime une fouie d'idées dont les objets n'ont jamais existé, lis sont comme une cire molle qui se prête à toutes les impressions qu'on lui donûe; et notre âme, ayant en elle-même et ce qui produit et ce qui éprouve l'impression, a, aussi par elle-même, la faculté de varier et de diversifier ses formes* C'est ce que prouvent les

?M NOTES DE JOLES GËSAR.

difTérentes images qne nos soQges nous offrent dans le sommeil. Llmagination les ezdtepar le plus faible moaremeot, et leur fait furendre ensuite toutes sortes d'affeetioos ou de

figures fantastiques; car la naUire de celte faculté est d'être toujours en mouvement, et ce mouYemeot n'est autre chose que l'imagioatioo même et la pensée.

(Plutabqde, traductioD deRic&BD.)

46. Mais pour vos paroles, dit Cassius, elles vont dépouiller les abeilles d'Hfbla ei les laissent privées de miel.

AlfTOIHS.

Mais non pas d'aiguillon.

naoTQS.

ùh! vraimefUf é^mSgmUon et éê vei»,

Telie est la traduction littérale et celle qu'ont adoptée tous les tndiustears tançais. Selon nous^ c'est mi noA^^ens. Il nous se mh l e évident qne Bratue comme Antoine veulent £re le

contraire de ce qu'on leur fait dire en traduisant mol à mot. En appliquant aui abeilles d'Hybla les mots soundless et s^m- 9ki99 c'est-à-dire la privation de dard et de voix, que Bmtns» comme Antoine, applique aux paroles de ce dernier, ia traduction littérale n'a pas fait attention à l'ellipse, que le geste de l'acteur fait ressortir sur la scène, et c'est un exemple, entre mille, de la différence d'application qu'exige la tradoe* tion d*an drame ou d*un poSme épique. Ici, le mot & mot est un double contre-sens.

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