‹ Jules César tragedie ShakspeareChapitre 33 sur 113 · CICÉRON · texte numérisé non relu

CICÉRON

Qu'avez-vous donc tant vu de merveilleux ?

CASCA

Ceci.

Un esclave public, connu de vous aussi,

A levé la main gauche : elle s'est enflammée;

Gomme une torche ardente il la tint allumée,

Sans qu aucune brûlure ait entamé sa peau ;

Puis (c'est pourquoi j'ai mis ce fer hors du fourreau)^

Auprès du Capitole, autre objet d cpouvaiiie :

Un lion 1 de ses yeux la ilamme étincelante

M'a fixé...' puis soudain le farouche animal

A passé devant moi sans me faire aucun mal.

A quelques pas plus loin, un grand nomhre de temmes

(Vrais spectres, tant la peur avait glacé leurs âmes}

Protestaient avoir vu, vu de leurs propres yeux.

Courir, de haut en bas, des hommes tout en feux;

Et le marché public, ému des cris funèbres

Que poussaient en plein jour des(Hseaux de ténèbres.

Et qu'on ne dise pas, quand ces faits merveilleux

Avec un tel ensemble éclatent à nos yeux.

Qu'ils n'ont rien de contraire aux lois de la nature :

('.ar, pour moi, cet ensemble est d'un binisUe auj;ure

Pour le pays qu'il tient en échec.

Page 1