‹ Jules César tragedie ShakspeareChapitre 34 sur 113 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

CASCA

Oui, car Antoine a dù vous prévenir Qu'il s'y rendrait demain.

CICÉROM.

Quel temps abominable î rue en ce moment n'e&t vraiment pas tenable.

Bonne nuit...

GASCA.

• Adieu donc, Gicéron.

(Cieéron sort

(EntM CiMios.)

CASSIL'S.

Qui va là?

CASCA

Un citoyen romain.

CASSIOS.

C'est la voix de Casca.

CASCA

C'est lui-même, en effet; vous avez bonne oreille, Gassios. Quelle nuitl a-t^^n vu la pai*eille?

CASSIUS

Au digne enfant de Rome elle ne déplaît point.

CASCA

Qui jamais yit les cieux en colère à ce point?

CASSIUS

Celui qui vit le monde, à ce point, plein de vices,

118 JULES CÉSAB.

Pour moi, je me proiiiùiie en ce tas d' immondices ; J'afifronie en cette nuit le choc des éléments. Laissant au gré des airs flotter mes vêtements, Ët quand le sillon bleu vient eutr'ouvrir la nue, Je présente, voyez, cette poitrine nue A la ilèclie de feu.

GASCA.

Pourquoi tenter les cieux?

L'homme n'a (}u'à trembler quand le courroux des dieux A de tels messagers.

CASSIL'S.

Romain, n'as-tu point d'âme?

Ou crains-tu de l'user en uu transport de llamme? Tu pâlis ; tes esprits paraissent consternés

A raspect des fléaux [)ar le ciel déchaînés.

Mais ils arriveraient ik comprendre ces choses. S'ils pouvaient un instant remonter à leurs causes. . Oui, tu saurais pourquoi, dans cette aflreuse nuit, Luit ce sillon de feu ; pourquoi ce spectre fuit ; Pourquoi la brute échappe aux lois de sa nature. Pourquoi le vieillard joue, et l'enfant conjecture ; Pourquoi tout suit enfin un cours surnaturel. Alors tu te dirais que c'est un jeu du ciel; Qu'il souffle un tel désordre^ afin qu'il nous enseigne Que le monde moral peut subir un tel règne.

Et ne pourrais-je pas t'indiquer, en eifet, Un homme plus alfreux que Taffreux temps qu'il fait, Qui tonne, qui foudroie au sein même de Rome,

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