ACTE II, SCÈNE I
En cherchant une pierre à feu sur la fenêlrc. On l'a mis depuis peu...
(il lui remet un billet.)
Le jour tarde à renaître f ! !
Retourne au lit. Dis-moi : n'entrons-nous pas demain Dans les ides de mars?
LUCIUS
Je n'en suis pas certain.
BRUTUS
Vois le calendrier, et reviens me le dire.
LUCIUS
Oui, seigneur.
(Il sort.)
BRUTUS
Aux éclairs de la foudre on peut lire.
' ' . (Il ouvre le billet et lit.)
« Tu dors, Brutus, tu dors f ! Vois-toi, connais ton prix...
« Parle, frappe et reprends les droits ([u'on nous a pris. ' .
« Faudra-t-il donc (jue Rome... » Oh î souvent on m'exhorte,
F]n jetant de.> billets rédigés de la sorte
Sur mes pas... « Faudra-t-il que Rome'?... » Ces mots-ci
Doivent, je le sens bien, se compléter ainsi :
« Que Rome soit tremblante, au pouvoir d*un seul homme ? »
Mes aïeux n'ont-ils pas chassé Tarquin de Rome?
a Parle, frappe. » On demande et ma voix et mon bras;
L'un et l'autre? Eh bien! soit, Rome... tu les auras.
(Lucius cuire.)
LUCIUS
C'est le quinze de maïa.
(On entend frapper à la porte exténeure.) BRUTUS.
Quelqu'un frappe : ouvre vite.
(Lucius sort.)
Depuis que Cassius contre César m'excite,
Je ne peux plus dormir. De la conception
D'un acte épouvantable à l'exécution,
La vie est comme un rêve où se dresse un fantôme;
L'arae en soi tient conseil, comme un petit royaume
Où, (juand d'une révolte on redoute un transport, .
Le pouvoir se concentre en son œuvre de mort.
(Lucius rentre.)
LUCIUS
Seigneur, c'est votre ami Cassius, qui demande A vous voir.
BRUTUS
Est-il seul? '
LUCIUS
Oh\ non, l'escorte est grande..
Connais- tu leur visage?
LUCIUS
Il est dans leurs chapeaux'® Enfoncé jusqu'au front, en bas dans leurs manteaux, A tel point qu'aucun d'eux ne se peut reconnaître.