ACTE II, SCEiNE I
BRDTUS.
Oh i non^ à Cicéron, il ne faut pas qu'on s'ouvre. Jamais il n'entrera dans l'acte commencé Par d'autres
CASSIUb.
Qu'on le laisse.
CASCA
Il doit être laissé.
DÉCIUS
César sera-t-il donc notre seule victime?
CASSILS.
Bien parlé, Décius. Oui. Quant à moi, j'estime Qu'il ne faut pas qu An loi ne, intime de César, Lui survive : on pourrait s'en repentir plus tard. Vous savez ses movens : vous les verriez à l'œuvre, il étendrait si loin sou habile mauœuvre, Qu'il nous créerait à tous de très-grands embarras. Puisqu'on coupe la téte, il faut couper le bras. Qu'il meure avec César. . .
BRtTUS.
Sanguinaire est Tépée
Qui coupe encor le bras (juand la tête est coupée; Qui tue ^ attendant de dépecer plus tard.
Car Antoine, après tout, n'est qu'un bras de César. Soyons immolateiiis, non boucliers... Notre trame Doit atteindre en César, non son corps, mais son âme. L'âme n'a point de sang; l'àme, on peut l'immoler.
134 JULES GESAR.
Mais qu'il est triste, amis, devoir le sang couler t Frappons avec courage, et non avec furie ; Non, comme un bloc de chair qu'on jette à la voirie, Mais comme un mets propice à la table des dieux. Qu'à nos bras notre cœur trace un acte pieux. Gomme un maître à ses gens donne un pénible office. Montrons à tous les yeux qu'en ce grand sacrifice, Le devoir, non Tenvie, inspirant nos desseins, Nous sommes des sauveurs, et non de.^ assassins. D'Antoine il ne faut donc avoir l'âme occupée : Car le bras tombera, si la tête est coupée.
CASSIUS
Cependant je le crains. Car cet attachement Me semble dans son âme aneré profondément.
Ne songez point à lui, Gassius; car, s'il Taime, Son chagrin, agissant, n agira qu'en lui-même. £n mourra-t-il? Ohl non. Le monde a trop d'appas. Pour qu'il le quitte ainsi.
UtÉBONIUS.
Non, ne le tuons pas :
(Oa «nteod sonner l'hwloge.)
Il en rira plus tard.
BBUTUS.
Silence 1 écoutons 1 iieure...
GASSIUS.
£lle a frappé trois coups... Nos pas sont en demeure.