ACTE 11, SCÈNE 11. 14S
Plusieurs fois : Au secours... ils égorgent César... Holài quelqu'un?
(BntM Ml domestique.)
LE DOMESTIQUE
Seigneur !
CÉSAR
Aux prêtres, de ma part.
Va commander d'offrir aux dieux un sacrifice, Et reviens m*annoncer s'il leur semble propice.
LE DOMESTIQUE
J'y vais.
(U sort.)
(Entre Calphoruia.)
CALPHURNU.
Quels sont les vœux de César? De chez lui Il ne faut pas qu'il songe à sortir aujourd'hui.
CÉSAR
Je sortirai. J'affronte une vaine menace.
Le danger jus(ju;ici ne m'a pas vu de face... Qu'il m'aperçoive, il fuit...
CALl'UUUxNiA.
n fuyait devant moi ; Mais aujourd'hui, César, il me glace d efl'roi. Un homme, outre nos yeux et nos propres oreilles, Raconte ici dedans des choses sans pareilles, il prétend que la garde, aux lueurs des éclairs, A vu les spectres fuir des tombeaux entr'ouverts.
144 JULES CË8AR.
Il dit qu'une lionne a mis bas dans la rue;
(lue des guerriers de feux combailaient dans la nue»
En ligne, en escadrons, avec ordre agissant;
Que sur le Capitole il en pleuvait du sang.
Il dit qu'on entendait d'en bas le choc des armes,
J^e tumulte des camps, les chevaux, les alarmes ,
Oue les airs frémissaient des plaintes des mourants ,
Que la rue entendait des fantômes errants
Pousser des cris aigus, des soupirs lamentable^.
C^s faits sont inouïs : ils sont épouvantables! t f
CÉSAR
A la garde des dieux ! De l'ordre un tel écart S adresse au monde entier» tout autant qu'à César.
CALPUURMIA.
Un gueux meurt-il, le ciel n'a pas un nouvel astre; Mais un prince : il signale eu feux un tel désastre ^,
CÉSAR
Le lâche meurt souvent ; le brave, qu'une fois ^^
Des prodiges connus, le plus grand, selon moi, (]'est qu'on ait de la mort une crainte aussi vive; Quand la mort doitpour nous arriver... elle arrive.
(a un domestique qui revieut.)
Que dit 1 augure?
LE DOMESTIQUE
Il dit que, le fer scrutateur
De la victime en vain ayant cherché le cœur»
Sortir est un danger...