ACTE U, SCÈNE 11. 14 S
CÉSAR
Un danger quej'affronie.
Par ce signe les dieux ont voulu faire honte Au i&che» et je serais ime brute sans coeur Si mes pas se laissaient enchaîner par la peur. Le danger me connaît, me sait plus inflexible. Plus dangereux que lui... D'une mère terrible. Et dans un jour funeste avec lui je suis né ; Nous sommes deux lions : mais César est l'aîné. César sortira done.
CALPHUaHIA.
Hélas t Yotre prudence
Se consume, seigneur^ en trop de conûance.
Veuillez ne pas sortir ; alléguez pour motif, Non pas que votre cœur, mais le mien, est craintif. Nous allons envoyer Antoine en ambassade^ Pour mander au sénat que vous êtes malade...
(A genoux.)
Consentez-y, de grâce...
CÉSAR
£b bieni Antoine ira...
Mais voici Décius.., qui le remplacera*. •
■ (Entre Déciut Brulus.)
DÉCIUS
Salut au grand César! César, je viens vous prendre Pour aller au sénat.
CéSAR.
Vous n'y sauriez vous rendre
fie i6tBS CÉSAA.
Plus à temps^ Décius, pour dire aux sénateurs Que César aujourd'hui ne peut éire des leurs. Qu'il en soit empêché, ce n'est pas vrai; qu'il n'ose. C'est encore moins vrai... La véritable cause» C'est qu'il ne le veut pas*^; et vous la leur direz.
' Dites qu'il est malade. . .
GÉSAB.
£li) quoi 1 vous mentirez?
César n'a-t-il au loin risqué tant d'entreprises
Que pour n'oser parler à quelques barbes^ grises? Oh I non... dédarez-leur qu'il reste en sa maison.
DÉCIUS
Puissant César, donnez au mohn quelque raison Qui leur semble admissible.
CÉSAR
Il n'en faut aucune autre Pour leur contentement, si ce n'est pour le \ôire. Ma volonté suffit : n'alléguez que cela.
A vous, je vous dirai que c'est Calphurnia Qui cette nuit, en songe, ayant vu ma statué Par cent bouches donner une abondante issue A des ruisseaux de sang, où d'illustres Romains Avec un air riant venaient tremper les mains, Estime qu'un tel songe est un avis céleste.
Et demande à genou qu'en mon palais je reste.
AGTB SdltKB IL 147
DÊcnis*
Ce songe à contre-sens me semble interprété : C'est un heureux augure : il parle avec clarté. Il dit, par la statue aux cent bouclics qui saignent, Ce sang où tant de bras avec transports se baignent, Que Rome recevra de Vous un nouveau sang Qui va la ranimer, et dont ses vrais enfants Youdroni tous obtenir quelque empreinte sacrée. Pour avoir leur noblesse à jamais consacrée.
GÊSAK.
Le sens est, ce me semble, on ne peut mieux traduit.
DÉCIUS
Vous le sentirez mieux lorsque j'aurai tout dit. Sachez que le sénat vous appelle à l'empire.
Il changerait d'avis si vous lui disiez dire Que vous ne viendrez pas : on en plaisanterait; Un semblable message ainsi se traduirait :
« Ajournez le sénat. . . pour qu'il se réunisse, « Il faut à Galphurnie un songe plus propice. > Si vous restez chez vous, ils se diront à part : 4L Voyez, César a peur.*. > ExcusezHnoi, César, Si votre avènement, qu'avant tout j'envisage, A mon affection commande un tel langage.
CÉSAR
(▲ CalpiBndik»}
Combien de vos terreurs je sens l'absurdité ! Que j'ai honte à présent de ma <»*édttUtél
Ma tunique t au sénat j'ai hâte de me rendre.
(Entrent l'ublius, Brutus, Ligarius, Mélcllus, Casca, Trébonius et Cinna.)
Et voyez, Publias qui vient ici me prendre i