ACTE III, SCÈiNE 1. I6d DÉCIUS
Sortirons-nous?
CASSIUS
Sortons. Bnitus nous conduira, Et les cœurs les plus purs, les plus braves de Rome Se précipiteront sur les pas d'un tel homme.
Marchons donc.
BRUTUS
Un moment. Qui s'avance vers nous?
(Entre un serviteur.)
Un seiTiteur d'Antoine...
LE SERVITEUR, mettant un genou en terre.
Il vient à vos genoux De son maître, ô Brutus, vous apporter l'hommage, Et vous dire : « Brutus est brave, noble et sage; « César était illustre, aimant et généreux.
« Antoine les aimait, les honorait lous deux... « Si vers Brutus, sans crainte, Antoine peut se rendre, « Et que Brutus consente à lui faire comprendre « Par quels crimes César a mérité son sort, « Marc-Antoine aura moins d'amour pour César mort « Uue pour Brutus vivant; mais son âme lidèle, « A travers les hasards d'une lice nouvelle « Suivra partout Brutus lui frayant le chemin. » Ainsi parle mon maître.
• Il parle en vrai Romain ; , Jamais je n'avais mieux estimé sa conduite. ^ >
m JULES CÊ^R.
Dis-lui que s'il lui plaît de nous rendre visite, li sera satisfait, et qu'il pourra sortir De ces lieux, sain et sauf.
LB 6BRTITBUB*
Je cours l'en avertir.
(U Mrt.)
BRUTUS
Nous l'aurons pour ami, j*en suis sûr.
CÂSSIUS.
Moi , j'en doute.
Dans mes pressentiments, il faut qu on le redoute. Or ce qu'ils m'ont prédit est toujours advenu.
(Bntct Antoine.)
BRUTUS
11 s'avance vers nous. Soyez le bienvenu, Maro-Antoinet'
IIARG-ANTOIKE.
0 César I du sommet de tes gloires, .£s-tu tombé si bas? Tout ce que tes victoires De conquêtes ont fait, de tributs ont produit, Dans cet étroit espace est-il donc tout réduit? — Adieu, repose en paix. — Patriciens, j'ignore Ce qu'après un tel coup vous méditez encore, Quel autre que César doit vous donner son sang. Quel autre est à vos yeux devenu trop puissant? ' Si c'est Antoine... soit. — Pour un t^l sacriOce, CI ne saurait trouver un instant plus propice