AU MIMSTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
Peu de temps après le vote de cet ordre du jour, qui mettait le Maréchal en demeurede souscrire à l'épuration du personnel administratif et judiciaire du Seize-Mai, Mac-Mahon se trouva en désaccord avec le général Gresley, ministre de la guerre, sur le remplacement, proposé par celui-ci, de dix généraux. Il en prit raison ou prétexte, le 30 janvier, pour donner sa démission. Le même jour, les Chambres, réunies en Congrès, élevèrent à la Présidence Jules Grévy. Dufaure déclara qu' u à une situation nouvelle il fallait des hommes nouveaux » , et démissionna également. Le 4 février, sous la présidence de W. Waddington, était constitué un cabinet où Jules Ferry reçut le portefeuille de l'instruction publique et des heaux-arts (l).
''I) Ijcê autres ministres furent : à la justice, Royer; à l'intérieur et cultes, de .Marcère; aux Hnances, Léon Say; aux travaux publics, de Frcycinet; à l'agriculture et commerce, Lepère (remplace presque aussitôt par Tirard) ; à la guerre, le général Gresley; à la marine, l'amiral Jauréguiberry. il y eut quatre sou»-»ecrétaires d'Etat ; Turquel, aux beaux-artH ; à la justice, M. Gobict: à l'intérieur, M. Jules Develle, ensuite remplacé par Martin- Feuilléc; aux travaux publics, Sadi Carnot.
I^s directeurs du ministère de l'instruction publique furent alors : à l'enseignement supérieur, Armand du Mesnil; puis, le 22 juillet 1879, Albert
Quoiqu'il eût des connaissances étendues, une compétence certaine et un goût très sûr en matière artistique, il fit nommer, par décret du 5 février, un sous-secrétaire d'État aux beaux-arts, qui fut Edmond Turquet. Le ministre ne garda sur cette partie de ses services que la haute direction, se réservant d'intervenir pour accommoder, par exemple, les petits conflits qui s'élevèrent entre le nouveau « surintendant » et les artistes.
Les actes les plus importants de cette administration, ceux auxquels Jules Ferry eut une part prépondérante, furent :
1" L'autorisation accordée aux artistes, pour le printemps de ^1880, d'organiser eux-mêmes leur Salon annuel (il n'y avait qu'un Salon à cette époque);
2" Le décret du 12 octobre 1881, portant réorganisation de l'administration centrale des beaux-arts;
3" Le décret du 30 septembre 1883, portant réorganisation de l'École des beaux-arts.
C'est surtout comme ministre de l'instruction publique que Jules Ferry a laissé dans notre vie intellectuelle, sociale et politique, une trace profonde; c'est en cette qualité qu'il
Dumont, aussi habile administrateur que profond érudit, ancien directeur des écoles d'Athènes et de Rome (auquel succéda en 1884 M. Liard); — à l'enseignement secondaire, un philosophe, excellent administrateur, homme de volonté et de décision, Charles Zévort; — à ren»ei{;nement primaire, M. F. Buisson. — Je tiens à grand honneur d'avoir été, pendant les trois années du premier ministère de Jules Ferry (1879-1881), son chef de cabinet, — M. Xavier Charmes, chef de division, était chargé, sons l'autorité du chef de cabinet, du service des Voyages et Missions scientifiques, qui eut alors une très grande importance.
Le vice-rectorat de Paris, que Charles Zévort quittait pour la direction du .secondaire, fut confié à M. Gréard, membre de l'Institut, directeur de l'enseignement de la Seine, aujourd'hui membre de l'Académie française. On lui doit d'importantes publications sur les questions d'enseignement : Education et instruction; V Education des jeunes filles; le Recueil des lois, décrets et circulaires relatifs à l'enseignement primaire. Directeur à la Seine, il avait pris une part active à la création des deux Ecoles normales primaires du département. C'est à lui que Jules Ferry, dans son discours du 19 avril 1881, au Congrès pédagogique, avait décerné le titre de « pi-emier instituteur de France » .