‹ Jules JaninChapitre 2 sur 27 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

cjui nous 7)onorait, depuis vinjt ans, clc^ la plus coT'dialc^ affection, a été ju^é avec untj cJ^armantc^ indulgence^ ; tant d'appréciations élocfuentes et si favorables nous ont rendu, à Ion droit, fier-' et Ifeureux.

^ous remercions ici, lien vivement, la ^ritiquc^ et nos lecteurs d'unc^ s-^mpatl)ie^ dont nous garderons précieusement Ic^ souvenir-' !

Passy, 1$ septembre 1876.

ous causions avec l'auteur de la Fin d'un Monde (il y a de cela une quinzaine d'années), assis près de lui, par une belle matinée de juin, sous sa tonnelle verdoyante, en face d'une table rustique chargée de livres et de papiers. Jamais le chalet de Passy ne nous avait semblé plus paisible et plus riant. Le lierre le couvrait à demi de ses

a JULES JANIN.

Opulentes guirlandes. Pas un nuage dans le ciel bleu! Partout des gazons pareils à du velours, des fleurs épanouies, et d'épais ombrages doucement agités par une tiède brise, qui caressait à la fois le marronnier centenaire, la rose odorante et les cheveux bouclés et blanchissants de l'ami d'Horace. L'acacia et le cytise mêlaient leurs grappes nombreuses, incessamment balancées, et la vigilante abeille bourdonnait et butinait alentour.

Ah ! nous ne saurions oublier l'attrayante physionomie du maître ! Étendu dans un large fauteuil de jonc, vêtu de son ample vareuse de drap rouge, la iigure illuminée par son rire clair et ses yeux pétillants, il était bien le souverain légitime de cet enviable royaume, et l'on devinait tout de suite que la grâce parfaite, la véritable poésie, la loyauté et l'intime contentement, seraient toujours les hôtes familiers du logis.

En regardant cet honnête homme, ce charmant et vaillant esprit qui mettait sa plus grande joie, son suprême honneur, à écrire d'une main légère et infatigable des pages que

tous les délicats se plaisent à relire, nous songions avec émotion à Téloquente préface de ses Contes du Chalet (ils venaient justement de paraître), et nous nous redisions ces beaux vers, qui racontent si bien, en quelques lignes, toute une vie de travail, semée de bonnes actions , de pures espérances et de petits bonheurs :

Ami des braves gens et content de moi-même :

Un jardin sans épine y un logis sans remords y

Un cortège afflige' quand f irai che:^ les morts...

La Muse en donne moins au poète qu'elle aime.

En si petit espace ^ S ciel! tant de bienfaits!

Un si cher compagnon^ tant de grâce et de paix !

Ces rayons y cette Jieur ^ ce rêve^ cette branche ^

Ce balcon si joyeux ^ ce toit qui rit et penche ^

Ce grand œil bleu sur moi doucement arrête'!

Tout ce beau quart â* arpent ^ pour mon unique usage...

A ces bonheurs j dans leur bonte'j Si les dieux ajoutaient un peu de liberté ^

Je n'en voudrais pas davantage !

Tout en parlant, Jules Janin annotait au crayon des volumes et des manuscrits, car il se reposait rarement; et comme l'entretien roulait sur la magie du souvenir, nous lui dînaes soudain :

« Vous devriez dicter vos mémoires.

— Y pensez-vous.^ » Et il se prit à rire joyeusement. « Mes mémoires, grand Dieu ! Je suis, mon cher ami, comme les peuples heureux : je n'ai point d'histoire. Lorsque je ne serai plus, si un homme de loisir et de bonne volonté juge à propos de narrer la vie de l'humble J. J., sa tâche, à coup sûr, ne lui demandera pas des années ! On pourrait se borner à écrire ceci : « Il rédigea fidèlement, fl pendant... supposons un demi-siècle!... le « feuilleton des T>ébatSj et il composa des « Contes à la louange de la jeunesse aux dents ff blanches et des esprits en belle humeur. La a goutte le tourmenta souvent; mais, pour « triompher de cette ennemie intime, il avait à <r ses côtés. Dieu merci! une compagne intelli- « gente et dévouée, et ses chers livres à portée fl de la main. »

Et il ajouta, après un court silence : « Quand on a toujours sincèrement honoré les lettres et que Ton possède des amis qui s'appellent Bossuet. Corneille, Molière, Diderot, Horace et Virgile, on est vraiment riche et digne

d'envie , car le morne ennui vous demeure inconnu ! »

Puis, prenant parmi les livres ouverts çà et là un mince cahier in- 18 : « Tenez, nous dit-il, voici un fragment de ma jeunesse, et l'un des meilleurs, à coup sûr : c'est la préface de mes Contes nouveaux, si vieux aujourd'hui que personne, hélas ! ne les connaît plus. Lorsque j'écrivais ces pages printanières, le diable habitait le fond de ma bourse, tout le long de la semaine et même le dimanche, mais mon cœur débordait d'illusions. Oh ! le beau temps des folles chimères, vêtues d'or et de soie ! C'était en 1832... Ah! que c'est loin ! Emportez cela, mon ami ; vous le lirez à vos moments perdus, j Alors il nous tendit la brochure jaunie, zébrée de notes griffonnées en tous sens. Et, voyant que nous cherchions à déchiffrer quelques-uns de ces hiéroglyphes , dignes des patients efforts d'un Champollion :

a Oui, fit-il, souriant, j'ai voulu récemment corriger ce fatras. Grâce au Ciel ! je me suis vite aperçu de mon erreur. Cette préface exubérante est remplie d'inexpérience, j'en con-

viens volontiers ; mais en revanche, ô mon lecteur 1 ne garde-t-elle point, je vous prie, ce je ne sais quoi, ce duvet juvénile, cette ineffable senteur d'avril qui pénètre, qui réchauffe, et que rien ne remplace?^ Allons, allons, croyezmoi, il ne faut pas toucher à ces choses-là. »

o u s la relisions, hier encore, cette préface émue et radieuse, dans laquelle l'illustre auteur du Livre, — ce vif esprit toujours prêt, — raconte son arrivée à Paris, sa pauvreté, ses espérances, ses veilles fécondes, les mille obstacles qu'il a fallu vaincre, le rêve enivrant, les petits bonheurs — si grands ! — de la vingtième année, les robustes illusions et le travail léger, l'heureuse insouciance qui console et l'énergie qui triomphe!... Nous étions de nouveau sous le charme de cette lecture, et, dans notre pensée

attendrie, ressuscitant soudain tout le passé de cet admirable écrivain, constamment sur la brèche, et qui a tenu une place exceptionnelle dans le monde littéraire , nous voyions se dérouler devant nous cette existence si bien remplie : tant d'oeuvres étincelantes, tant de probité, de dévouement, et tant d'honneurs mérités !

En effet, que d'indicibles joies trouvées, durant plus de cinquante ans, dans l'accomplissement de la tâche de chaque jour, et quel noble exemple qu'une telle vie !

Jules Janin, né le 1 6 février 1804% à Saint- Etienne, y commença ses études, et les termina au collège Louis-le-Grand.

Voici, sur ses premiers souvenirs d'écolier, une bien jolie page, absolument inédite :

J'avais huit ans, lorsqu'un jour le vieux collège de Saint-Etienne s'ouvrit à M. le recteur de rAcadémie de

i. 26 pluviôse an XII, selon l'acte de l'iitat civil, et non le II décembre 1804, à Condricu, comme on l'a dit Jusqu'à présent. Il reçut les prénoms de . Gabriel- Jules. Son père était avoué près le tribunal de première instance de Saint-Etienne.

Lyon. C'était un homme taillé sur le patron de quelque dieu de la Fable. Il fallait un instant pour s'habituer à ce fier visage, à ce beau geste, à ce regard plein de feu. — Ce qu'il venait faire en ce lieu paisible ? Il venait distribuer les bienfaits ou les bourses de notre antique cité ; mais, comme on avait été trop tard averti, il s'était rencontré peu. d'ambitieux de cette récompense. Alors, M. de Regel (c'était le nom du recteur) : — « Mes enfants, dit-il, qu'avez-vous appris ? Que savez-vous ? » Et comme nous demeurions interdits à son aspect, interdits et muets : — « Qui de vous, reprit-il, peut réciter sans se tromper^ le Credo j en latin et en français ? » — Moi qui, dans ce temps-là, ne doutais de rien (j'ai bien changé depuis !), je m'avance soudain, et, faisant le signe de la croix, je récite à ce brave homme, et dans les deux langues, cette page immortelle où toute sagesse est contenue. On m'écoutait avec admiration : c'était pourtant ma mère qui m'avait appris le Credo chaque dimanche ! Et quand j'eus fini : — « Mon ami, s'écria le recteur, je suis content, et je rendrai de vous bon témoignage! » En même temps, il posait sa belle main sur ma tête bouclée, en guise d'adoption. Voilà mon histoire, et mon premier pas au Parnasse. Et j'oublierais les bontés de l'Université ! Et je cesserais de te bénir, ô mère bienfaisante, qui m'entourais d'une si vive affection, qui m'as nourri de ton lait ! Toi à qui je dois les premières louanges que j'aie reçues et mes premières amitiés!...

Quand il parlait de son cher collège de

lo JULES JANIN.

Saint-Étienne, l'ermite de Passy devenait tout joyeux. — ff Ma pensée y revient, disait-il, aussitôt que je veux faire un beau rêve! »

Alors je revois le petit cloître et le grand jardin, et la salle d'études et les vieux arbres, si remplis de murmures et d'ombre... Tout d'un coup, par une grande porte qui s'ouvrait sur les jardins, nous entrions dans une cour très-vaste. Au bout de la cour, par un sentier bordé de tilleuls, on pénétrait dans l'enceinte élégante, pleine de fruits et de fleurs... Bref, c'était un lieu rare et charmant, où les Bénédictins avaient laissé leur empreinte. Il y avait d'autrç part une classe ouverte, où chaque élève usurpait le nom d'un grand artiste d'autrefois. Même il me souvient que je m'appelais Scamozzi, et qu'au bout de vingt ans, passant par la ville de Gênes, la ville des palais, je trouvai que mon Scamozzi était l'architecte qui avait bâti la belle maison voisine du palais de Razzo. C'était superbe ! Alors je fus très-fier de m'étre appelé Scamozzi, bien que ce nom me rappelât toutes sortes d'amendes auxquelles nous étions condamnés par notre maître de dessin*.

Lorsqu'il dut s'éloigner de sa famille et de ses amis d'enfance, combien son cœur se serra!

I. Ces lignes sont extraites d'une longue et aimable lettre que l'émincnt criiiquc, déjà trop souffrant pour écrire lui-même, nous dicta, le 20 septembre 1872, à l'adresse d'un savant universitaire, M. G. Condé, alors proviseur du lycée de Saint-Étienne.

JULES JANIN. Il

Il n'a jamais oublié cette tristesse des premiers adieux :

La chambre de ma mère donnait justement sur le grand fleuve. Ce jour-là, le Rhône était bien grondeur. On l'entendait mugir, on le voyait, à travers les rideaux, scintiller comme une flamme • il battait le pied de la maison, frappant déjà à la porte et demandant à haute voix à y entrer. Moi, sur le point de partir, je me précipitai dans les bras de ma mère, qui était déjà malade de la maladie dont elle est morte, pauvre mère ! Elle me tendit les bras avec des larmes et des sanglots. Ma mère était belle; et partout à Condrieu, où elle était née, quand Condrieu était une ville animée et joyeuse, livrée aux doubles fêtes de la navigation et de la vendange, on citait ma mère pour la fraîcheur de ses joues, la blancheur de ses mains et la beauté de ses bras. Je ne l'avais jamais vue pleurer que ce jour-là; car c'était une femme heureuse naturellement et d'un caractère élevé et fort, qui ne s'étonnait guère des petits malheurs qui s'élèvent dans tous les ménages... J'étais donc assis sur son lit sans mot dire. Elle ne me dit rien non plus, me prenant la main et m'embrassant, essuyant ses larmes pour pleurer encore... A présent que je me souviens de cette douleur muette, il me se.nble que je n'ai jamais eu tant de douleur.

Ma mère n'était pas la seule mère qu'il me fallut quitter en quittant ma petite ville ; j'en avais une autre, qui m'était bien chère aussi : c'était ma grand'tante. Voilà une femme ! Elle m'avait adopté tout enfant, un

la JULES JANIN.

jour qu'en revenant de l'ile de Corse, comme nous revenons de Saint-Cloud, elle m'avait rencontré dans le jardin et que j'avais couru au-devant d'elle, la tirant à moi comme si je m'étais douté de tout le bien qu'elle me ferait...

Le cruel moment de la séparation arriva pourtant ^ — Les trois années passées au n° 167 de la rue Saint-Jacques auraient été, en somme, assez monotones, si notre écolier (il allait avoir quinze ans quand il entra dans le

I. Avant de venir à Paris, Jules Janin était resté un certain temps au collège de Lyon, où il avait eu pour camarades de prédilection Armand Trousseau et Edgar Quinet.

On nous saura gré, sans doute, de placer ici cet aimable portrait de J. J. adolescent, crayonné jadis par l'auteur d'Aliasvenis :

« ... Il était plus jeune que nous de deux ou trois ans. Ah ! le bon compagnon ! La jolie tête enfantine, espiègle, épanouie! Les beaux cheveux noirs bouclés! Et quels francs rires de lutin dans nos corridors sombres! Les murs doivent s'en souvenir.

« Quelle joyeuse, gracieuse ignorance de soi-même ! Il jouait alors aux billes ; il jouait surtout de la harpe, et bien mieux que le roi David. Aussi faisions-nous de saints concerts dans l'église, à l'élévation et au salut, Janin jouant de l'instrument du prophète, moi du violon, son maître, M. Bédard, de la basse, un autre de l'alto. Notre maître de philosophie chantait des Alléluia d'une voix claire et vibrante. Ces concerts de séraphins nous donnaient, le jour où ils avaient lieu, de grands privilèges, tels que celui de manger à une table d'honneur, en compagnie de messieurs les chantres. »

vieux collège royal) ne s'était lié bientôt avec quelques condisciples d'élite : Cuvillier-Fleury, Lerminier, Boitard, Sainte-Beuve, et deux ou trois autres encore dont la chaude amitié, depuis, ne lui fit jamais défaut.

A peine sorti de Louis-le-Grand, et ardemment désireux de se créer une petite place au soleil parisien, il se sentit tout à coup bien seul et profondément découragé. Cette ville éternelle est si vaste, et Tégoïsme y règne d'une façon si terrible ! Un tourbillon, ce Paris, une fournaise, et en même temps, hélas ! un immense désert. O le triste miracle : on y étouffe et on y gèle !

Il restait donc rêveur, sur le seuil du collège aux murs sombres et couverts de mousse, regardant, accablé, et en quelque sorte frissonnant, « ces joyeux enfants devenus des hommes s'en aller à cheval, en voiture, à pied, dans des maisons toutes préparées pour les recevoir » ; il songeait, avec une inquiétude toujours croissante, à Pavenir si incertain, lorsque, tout au bas de la rue étroite, ô bonheur inespéré ! sa

seconde mère apparut. Mais laissons-le luimême nous dire éloquemment sa joie infinie :

Je vis, accourant à aussi grands pas que le permettait sa vieillesse, je vis arriver ma vieille bonne tante, mon soutien, mon amie, mon espoir, frêle bâton de ma jeunesse, ma tante, ma Providence ! Pauvre femme ! Elle avait alors quatre-vingts ans passés ; mais c'était une femme du vieux temps, qui avait été toute sa vie belle et forte, et d'un grand cœur... Elle venait ce jourlà (du fond du Forez), fidèle à notre mandat tacite de ne nous jamais quitter, elle venait à Paris me reprendre pour y vivre avec moi, inconnu et pauvre, pauvre et inconnue comme moi !

Quelle femme ! A l'âge où l'on s'arrange pour mourir, à l'âge du repos et des longs rêves, elle avait tout quitté pour venir à moi dans la foule. Elle avait quitté sa maison bien arrangée, son feu toujours allumé, son petit jardin, ses vieux amis, son influence dans sa petite ville, elle avait tout quitté. Elle venait à moi ce jourlà, arrivée qu'elle était de la veille, après un voyage de cent lieues. Je la reconnus tout d'abord là- bas au milieu des voitures, longeant le mur, s'appuyant sur sa canne, vive encore, ne me cherchant pas même du regard, tant son cœur lui disait que j'étais là !... Alors, alors je me sentis vivre : j'avais une protection, j'avais de quoi être aimé, j'avais de quoi aimer.

Quels embrassements de cœur à cœur et quelles douces larmes !

Ils se mirent aussitôt en devoir de chercher un abri :

Hélas ! à chaque nouvelle maison dont nous visitions ainsi les combles, ma tante et moi nous n'osions pas nous consulter, même des yeux. Quoi donc ! habiter là, elle si vieille, moi si jeune ? Quoi donc ! vivre dans cet air, dans ce bruit, dans cette ombre, dans ce voisinage, au milieu de ce vice, de cette misère, et sous la loi de ce portier, elle si vieille et moi si jeune?... Et pendant trois jours, rentrés le soir dans notre auberge, nous récapitulions tous les appartements que nous avions vus dans la journée, et toujours avec cette monotone conclusion : « C'est trop laid, c'est trop haut » 5 ou cette autre non moins triste conclusion : « C'est trop cher ! »

Néanmoins, les voilà enfin installés, cet allègre hiver et ce gai printemps, tout au haut d'une maison de la rue du Dragon, dans un nid « triste, mais décent ; élevé, mais au quatrième ; d'une entrée obscure, mais très-clair; loué par un huissier, mais à un prix raisonnable » . Quatre ans s'écoulèrent dans ce paisible et modeste logis. Pour vivre, le futur académicien donna d'abord, sans relâche, des leçons à deux francs le cachet, luttant bravement contre la misère, et confiant d'ailleurs en son étoile. N'avait il

pas pour auxiliaire la jeunesse , cette fée enivrante qu'il a toute sa vie si poétiquement célébrée } Écoutez comme il en parle :

O la jeunesse! ia jeunesse! Dans le livre, dans le drame, dans le rêve, dans le monde, elle peut remplacer merveilleusement toutes choses. La jeunesse, c'est l'espérance en sa fleur, ce sont toutes les émotions du cœur de l'homme, j'entends toutes les nobles et douces émotions réunies, entassées, florissantes et chantantes passions d'un jeune cœur. La jeunesse, c'est la misère folâtre, c'est le frais sommeil, c'est la santé qui vit de peu ; c'est l'amour au hasard qui bondit comme un jeune lion, ce sont les jolies filles en robes fanées, aux dents blanches, aux mains rouges, au sein qui bat. La jeunesse, c'est la poésie, éparse çà et là, qui vous accompagne comme un parfum invisible 5 elle se joue à votre chevet, elle s'assied à votre table, elle rit dans votre verre à demi-plein ; c'est elle qui ouvre la porte aux créanciers avec son air madré et boudeur, et qui les paye avec un sourire. Dites-moi donc, quand vous faites un livre, si votre héros est un jeune homme ! En ce cas, vous êtes sauvé, mon frère, en ce cas vous allez faire un chef-d'œuvre ^.

Nous trompons-nous? Ces lignes ne sontelles point vivantes et ravissantes > Comme il a

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