CHAPITRE III
Les lithographies et eaux-fortes de .Iules Laurens
E sont surtout ses très nombreuses lithographies, qui ont fait la réputation de Jules Laurens. Ses premiers grands succès aux Salons lui vinrent des trois planches qu'il exposa en 1853 : Un Spadassin, d'après G. Brillouin; Village et côte de Normandie, d'après Eugène Isabey; Animaux dans la montagne (Auvergne), d'après Rosa Bonheur. Le Christ au tombeau, d'après Eugène Delacroix, lui valut ensuite une mention honorable à l'Exposition universelle de 1855. L'Amour couronné, d'après Diaz; Solitude, d'après Paul Flandrin; Charles IX chez son armurier Ziem, d'après Eugène Isabey, furent assez remarqués au Salon de 1859 pour qu'on lui attribuât un rappel de médaille de troisième classe. Enfin, il mérita la médaille de seconde classe, après avoir montré au Salon de 1861 -.L'Abreuvoir, d'après Rosa Bonheur; Jeune ménage, d'après Van Muyden; Velléda, d'après Cabanel.
De bonne heure, en effet, il avait appris à utiliser le crayon gras : j 'ai dit qu'à Montpellier, dès l'âge de treize ans, sous la direction de son frère Bonaventure, il avait publié ses premières œuvres en ce genre. Elles sont encore bien inexpérimentées; elles n'en sont pas moins dignes d'être signalées, surtout comme étude de métier.
C'est à la lithographie que, dès son arrivéeà Paris, J. Laurens demanda le pain quotidien. Il parvint à le gagner, lorsque Belliard lui eut procuré ses premières commandes, c'est-à-dire presque aussitôt. Son crayon devint ainsi l'instrument de sa liberté et lui procura l'avan-