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PREMIÈRES LITHOGRAPHIES FAITES A PARIS

tage inappréciable de pouvoir continuer ses études : il saura s'en souvenir et cultiver avec affection un art auquel il dut ce qu'il devint. D'ailleurs, à cette époque, la lithographie était en très grand honneur et se trouvait supplanter la gravure en bien des occasions; celui qui la pratiquait avec maîtrise était sûr d'être encouragé par la faveur du public et des éditeurs.

Des premiers travaux qu'il fit à Paris, on n'a guère conservé le souvenir : Jules Laurens n'y attacha pas un intérêt documentaire pour l'histoire de sa vie artistique et ne parait pas en avoir conservé de spécimens. Si pourtant, il sauva du naufrage une épreuve de son tableau Site Vauclusien, exposé au Salon de 1845, et dont la reproduction exécutée par lui avait paru dans le Moniteur des Arts. C'était le début d'une série de six lithographies qui illustrèrent les numéros de ce journal d'après les tableaux du même Salon (1).

On connaît aussi, autrement que par leur auteur, les Bords de V Hérault (gorge de Saint-Guilhem-du-Désert), publiés dans L'Artiste du 3 novembre 1844, et deux reproductions de tableaux qui avaient figuré au Salon de 1844 : L'Amour de Vor, par Couture, et Embarcation venant approvisionner un poste de flibustiers, par Eugène Lepoittevin.

C'est très probablement dans les bureaux de U Artiste, dont Arsène Houssaye venait de prendre la direction, que notre jeune homme noua des relations avec Gérard de Nerval et Théophile Gautier, en même temps qu'il se rapprocha de deux peintres dont il devait un jour traduire les œuvres, Eugène Delacroix et Diaz.

Son départ pour l'Orient l'empêcha vraisemblablement de devenir un des collaborateurs réguliers de ce journal. Il ne lui donnera plus en

(1) Voici l'indication des cinq planches qui suivirent le Site Vauclusien : Inférieur de famille, d'après M™® Eugénie Griin (24 août 1845) ; Mater dolorosa, d'après Hippoh'te Flandrin (14 septembre); Pâtres bas-bretons, d'après Adolphe Leleux (28 septembre); Femmes grecques après le bain, d'après Bard (12 septembre); Conszielo et Anzoletto, d'après Glaize (19 octobre).

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eiïet, avec les eaux-fortes qui seront mentionnées ci-après, que quatre lithographies : L'Innocence en danger, d'après Diaz (l'^^' juin 1854); Crépuscule, d'après Victor Hugo (30 septembre 1855) ; Les Bœufs dans la montagne, d'après Rosa Bonheur (30 décembre 1855), et Aurore, figure de jeune fille (15 mars 1867).

Les premières œuvres lithographiques qui viennent d'être citées démontrent encore l'influence de Bonaventure Laurens, mais elles sont déjà plus nerveuses, plus énergiques, et surtout elles sont d'un dessin plus exact et plus précis. Elles pouvaient, à bon droit, faire bien augurer de l'avenir de l'artiste à qui on les devait.

Le voyage en Turquie et en Perse interrompit naturellement les travaux de Jules Laurens dans ce genre. Mais son éloignement de Paris ne lui faisait pas oublier ses camarades d'atelier. A Constantinople, il acquérait avec joie une lithographie de Cicéri qu'il avait vue exposée et pourtant, notait-il, « c'est la moindre de ses innombrables productions»; en revanche, «que de pittoresque, de couleur et d'habileté ! i)

K Hélas ! écrivait-il encore, je n'ai plus ici les étalages de Susse, Giroux et Desforges pour me pâmer devant. Marilhat, Cabat, Diaz, Roqueplan et autres ne se hasardent hors de Paris que pour passer dans le cabinet de quelque demeure princière. J'en suis donc réduit, en fait d'art national, à V Iliade napoléonienne, à La Tour de Nesle et aux Quatre Saisons, éditions de la rue Saint- Jacques. Eh bien! j'ai encore du plaisir à voir cela! »

Aussi, après son voyage, se hata-l-is de retrouver le milieu où il avait tant de plaisir à travailler. Pendant plus de trente ans, il allait s'y distinguer et se pla«'er au premier rans: des lithographes français, et cela malgré la difficulté qui ne tarda pas à surgir d'intéresser le public.

COLLABORATION AlX « ARTISTES CONTEMPORAINS » 199

A peine de retour à Paris, il fut enrôlé par Charles de Tournemine pour collaborer h la publication des Artistes contemporains. C'était un recueil de lithographies (avec quelques eaux-fortes), qui, depuis 1846, formait tous les ans un volume de 24 planches éditées au boulevard Montmartre, chez Goupil, Vibert et C'^. Les auteurs de ces planches avaient été jusqu'alors Français, Eugène Le Roux, H. Baron, Decamps, Gavarni , C. Nanteuil, Eugène Delacroix, A. Dauzats, Anastasi, Mouilleron, Ch. Bour, Ch, Chaplin, Joseph Félon, Soulange- Teissier, Tony Johannot et L, Sabatier. JMais, vers la fin de l'année 1849, Jules Laurens leur fut adjoint : ce fut pour donner d'abord deux lithographies (n°' 93 et 96) d'après Paul Flandrin et Th. Rousseau (1). 11 allait bientôt régner en maître dans ce cénacle :1e volume de 1850 eut un frontispice qu'il avait composé et comprit quinze planches qu'il avait lithographiées d'après les meilleurs artistes du temps et d'après un de ses dessins d'Orient (2). Celui de 1851 (6^ année) eut aussi son frontispice et dix-sept lithographies de Jules Laurens d'après

(1) Campagne romaine on Pénitent^ recueillant un blessé dan^ la campagne romaine et Forêt d' Chamhord (mare sous bois).

(2) En voici l'indication : N° 99, Les Saules, d'après J. Dupré; n" 101, UEtude, d'après Decamps; n° 103, Femmes turques, d'après Diaz; n" 104, Troupeau, d'après Th. Rousseau; n" 105, Souvenir d''Asic Mineure, d'après Decamps; n" 106, Pendant la chasse, d'après C. Roqueplan; no 107, Forêt, d'après J.-J. Bellel; n" 109, Ruines de Balbeck, d'après Marilhat; n» 112, Paysage, avec un ciel admirable, d'après Bonington; nP 114, la Mare, d'après J. Dupré; n° 115, Cheiwux dans un pâturage, d'après Diaz; n° 117, Souvenir d 'Syrie, d'après Marilhat; n» 118, Fantaisie orientale, d'après Diaz; no 119, Paysage d'O-ient, d'après J. Laiirens; n" 120, Lisière de bois, d'après Diaz. Toutes ces planches n'ont pas de titre; quelques-unes en ont reçu un quand elles ont été rééditées par Lemercier, le titre des autres peut être retrouvé avec les indications pourtant fort incomplètes de Béraldi (notice con.sacree à J. Lauiens. dans Les Graveurs du XIX^ siècle).

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