COURS DU DESSIN DE LA FIGURE HUMAINE
écoles primaires de V Empire, sous la direction de Sébastien Cornu. Elle se composait de trente planches, qui commençaient parles éléments les plus simples de la figure pour arriver à l'ensemble, traité avec un luxe relatif de détails. Naturellement cet enseignement était nncore basé sur l'étude des modèles de l'antiquité et des œuvres des meilleurs maîtres. Voici comment Jules Laurens le présenta kii-mème dans l'avant-propos qu'il écrivit :
« Le dessin est l'art de tracer avec exactitude et précision, sur une surface plane, la silhouette, le contour extérieur d'un objet quelconque, et d'en rendre le modelé intérieur par la juste indication des lumières et des ombres.
K Chaque objet dans la nature a sa forme, son aspect, qui le caractérisent. Pas un homme ne ressemble exactement à un autre homme, et cependant ils ont tous deux un même caractère d'ensemble. Los feuilles d'un même arbre, bien qu'affectant une forme générale identique, sont, par les détails, toutes variées entre elles. C'est à voir et à retracer ces différences que doivent tendre les efforts du dessinateur: et, quand il est parvenu à les saisir et à les exprimer avec le crayon, son dessin a ce qu'on appelle du caractère, c'est-à-dire qu'il rend bien la forme générale et les détails particuliers qui caractérisent l'objet qu'on a voulu représenter. Il suit de là que le mérite d'un dessin ne consiste pas dans le plus ou moins de fini et d'habileté de son exécution, encore moins dans l'emploi exagéré du noir dans les ombres et les demi-teintes, mais seulement dans l'imitation intelligente et vraie du modèle et dans les justes rapports de l'ombre et de la lumière.
« C'est pour répandre dans les classes laborieuses et industrielles ces vrais principes élémentaires de l'art du dessin, que S. E. M. le Ministre de l'Instruction publique a approuvé la publication de ce cours de dessin d'imitation... »
A peu près à la même époque, Jules Laurens collabora à un grand recueil destiné à l'enseignement, lancé par M. Armand Cassagne et édité par les hbraires Ch. Fourault et fils. Il porta le titre : Le dessin pour
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tous et comprit soixante-et-un cahiers de format in-4o composés chacun de seize pages. Les 1429 modèles progressifs qui y furent reproduits en hthographie se divisèrent, d'après leur sujet, en huit séries : Paysages, — fleurs et fruits, — figure, — animaux, — ornements, — genre, — abécédaire du dessin, — marine. Laurens fut l'auteur de peut-être plusieurs centaines de planches^ non signées; mais par les épreuves qu'il a laissées au Musée de Carpentras, on sait qu'il y donna des plantes et des fleurs, des animaux (corps entiers ou détails), des oiseaux, poissons, insectes et papillons; des bustes d'après l'antique, des tètes d'après les maîtres de la Renaissance et des temps plus rapprochés, des études de mains, de pieds et de têtes; des groupes d'après des tableaux anciens et modernes, des compositions mêmes tirées de ses portefeuilles d'Orient et d'Auvergne. On notera que c'est là qu'il a publié la Johandoune et la fille d'Albano, ces deux admirables dessins que j'ai déjà commentés; c'est là aussi que parut le portrait où Jules Didier le représentait travaillant dans la forêt de Fontainebleau.
Au Dessin pour tous fit suite VArt élémentaire. Méthode Cassagne. Les trois parties : figure, paysage, ornement, comportèrent cent cinquante feuilles d'un assez grand format. Les cinquante planches de figures furent toutes dessinées par Jules J^aurens, qui prit ses modèles dans les compositions de peintres contemporains : Jean-Paul Laurens Fils, Carolus-Duran, L. Desmarest, J.-J. Henner, Bonaventure Laurens (types du Midi), Alexandre Cabanel, Gh. Landelle, Hippolyte Flandrin, Gustave Doré {Guitarero castillan), Joseph Blanc, Tony Robert-Fleury, Ad. Yvon, G. Washington, Berthon, Jules Didier, Cointe, L. Bonnat, J.-L. Hamon, Il reproduisit aussi deux de ses propres croquis d'Orient.
Dans ces deux dernières collections tout était encore subordonné à l'enseignement; l'artiste s'attachait au trait, il faisait abstraction des détails accessoires; aux grandes lignes il se contentait parfois d'ajouter un modelé sommaire, qu'il complétait lorsqu'il voulait dégager le caractère d'une physionomie, préciser le jeu de la lumière et des ombres.
Pour en terminer avec ces publications pédagogiques, je signalerai