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CHAPITRE IV

Les pelntures de Jules Laurens

L est à pou près impossible de dresser une nomenclature, non des simples études, esquisses ou ébauches, mais des tableaux faits qui sortirent de l'atelier de Jules Laurens. Sa production a été telle, ses toiles ont été tellement dispersées que l'entreprise serait vaine. Il faut se borner à donner un aperçu de ce nouveau labeur de l'artiste infatigable, dont la joie consistait à produire des œuvres sincères. Nous considérerons principalement les tableaux qu'il a adressés aux Salons parisiens, sans rechercher ceux qu'il a envoyés un peu partout aux Expositions provinciales de beaux-arts, ni même ceux qui sont conservés aujourd'hui dans différents Musées.

Cependant, à n'envisager que ces peintures de chevalet, on aurait peut-être une idée incomplète de son talent; il est essentiel, si l'on veut connaître la fraîcheur de son inspiration devant la nature même, la fermeté de son pinceau, l'éclat de ses couleurs et le sentiment qu'il dégageait devant un beau spectacle, il est essentiel, dis-je, d'examiner quelquesunes de ses études de paysage. Il en est qui sont d'un haut ragoût et qui, dans des proportions extrêmement modestes, renferment plus de qualités que des compositions plus réfléchies et plus complètes. Tel, par exemple, cet Effet du soir, que possède un des élèves préférés de Laurens, M. Joseph Eysséric. C'est, sur une colline aux environs de Carpentras, un bosquet de chênes-verts qui laissent filtrer entre leurs branches les rougeurs du couchant. La touche large de ce croquis, l'exactitude des valeurs, l'harmonie des verts assombris par le contre-jour, l'intense

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