‹ Jules LaurensChapitre 162 sur 230 · QUALITÉS DES PEINTURES DE .1. LAURENS · texte numérisé non relu

QUALITÉS DES PEINTURES DE .1. LAURENS

poésie de ce tableautin prestement enlevé, tout cela est d'un grand artiste.

De pareilles études ne sont pas rares, car le peintre en exécuta de nombreuses, principalement clans la forêt de Fontainebleau et dans son cher comté Venaissin; mais, le plus souvent, il se contentait de relever sur place un dessin précis et de noter l'effet par des tons d'aquarelle. Il ne se bornait pas à reporter ce dessin sur la toile, à agrandir une étude d'après nature; pour lui la confection d'un tableau demandait plus de recherche de composition. Plusieurs études lui étaient donc nécessaires pour la mise au point de sa toile : le tableau lui-môme devait plus d'une lois être repris avant de produire l'effet que son auteur voulait exprimer. Si Jules Laurens s'arrêtait à une forme, que nous jugeons, nous, définitive, la sévérité qu'il gardait à son endroit l'empêchait d'être jamais entièrement satisfait. On lira ci-après un témoignage de la rigueur qu'il conservait, même quand son œuvre était admirée par les plus compétents.

Le chapitre consacré aux idées qu'il professait sur l'art en général et la peinture en particulier, a déjà fait soupçonner le genre qu'il affectionnait de traiter et les qualités qu'il tentait d'exprimer.

La première de toutes ces qualités est le dessin. Jules Laurens le recherchait tellement, il craignait tant de voir les couleurs lui donner du flou et de l'imprécision, qu'il ne craignait pas d'y revenir après l'achèvement de son tableau et de silhouetter d'un trait ferme les lignes essentielles, les contours des masses. Donc, toujours de la clarté dans ses compositions.

Trop de détails, lui reprochait quelquefois Henner. Mais ces détails n'alourdissaient pas la composition et l'impression générale se dégageait toujours nettement. Ils étaient une conséquence naturelle du désir qu'il avait de n'escamoter aucune difficulté et de montrer un sujet bien étudié.

Pour la couleur, il appartenait bien à cette école dite de 1830, dont les plus brillants représentants furent Troyon, Piousseau, Corot, Diaz, etc. Mais c'est surtout des deux premiers de ces artistes qu'il se rapprochait,

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