‹ Jules LaurensChapitre 187 sur 230 · QUALITÉS DES PEINTURES DE J. LAURENS · texte numérisé non relu

QUALITÉS DES PEINTURES DE J. LAURENS

retrouvera encore mentionnées plus loin. Alors, à quoi bon cette nomenclature qui, d'ailleurs, courrait grand risque de présenter des lacunes?

Il paraît donc préférable de s'en tenir là. Si on a lu les pages qui précèdent, si on a vu surtout quelques-uns de ses tableaux, on a sûrement les éléments d'un jugement raisonné sur l'œuvre peint de Jules Laurens. On admire la parfaite ordonnance de la composition, qui s'inspira toujours de la réalité, la disposition harmonieuse des grandes lignes, l'arrangement soigné des détails, l'heureuse adaptation des motifs d'architecture aux paysages, le sens pittoresque et décoratif de l'artiste, la recherche des tons justes de colorations, au risque de surprendre et d'étonner les yeux occidentaux par des effets de lumière tout particuliers, le modelé vigoureux des ciels ou des terrains, la charpente robuste des éléments principaux, la vérité des figures accessoires, hommes ou animaux, la note poétique, tantôt grandiose, épique, triste ou désolée, tantôt souriante, reposée, fraîche, idyllique, qu'il apportait dans sa vision des objets. Ce sont là des qualités que lui ont reconnues tous ceux de ses contemporains éclairés ayant étudié ses œuvres, ce sont elles qui maintiendront l'honneur du peintre et le rendront particulièrement sympathique à la postérité.

A la fin de ce chapitre, où ont été rapportées, peut-être avec une trop grande profusion, les appréciations de critiques d'art sur les tableaux exposés par Jules Laurens, je voudrais redire encore une fois combien ces éloges étaient spontanés et désintéressés. Notre artiste était assurément trop fier pour quémander des articles à la presse; il aurait mille fois préféré rester ignoré dans l'obscurité que de chercher un compHment par d'humbles courbettes, par des sollicitations obséquieuses. Et puis n'estimait-il pas que seuls la satisfaction du devoir accomphetle contentement intime d'une conscience droite récompensaient de tout l'effort donné, que la joie d'avoir créé une œuvre sincère valait mieux que l'encens des éloges d'admirateurs plus ou moins compétents et véridiques, que le jugement des hommes est très faillible? N'estimait-il pas misérables

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