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CHAPITRE V

Les productions musicales de Jules Laurens

'annonce d'une étude sur les œuvres musicales de Jules Laurens ne doit pas surprendre le lecteur. A plusieurs reprises, on a déjà ici parlé de ses dispositions pour la musique, de son éducation à la maîtrise de Carpentras et sous la direction de son père ou de son frère Bonaventure, on a signalé les relations qu'il eut avec des musiciens et dei critiques musicaux, ses séances d'orgue dans l'atelier d'îsabey et de violon en Perse, son assiduité aux concerts ou aux représentations d'opéras.

Il avait pris dans sa famille, on se le rappelle, le goût des sons harmonieux; il le développa à Montpellier et à Paris. Trop occupé par ailleurs, il n'eut malheureusement pas le temps de se perfectionner dans la science musicale et ce qu'il sut, il l'apprit généralement de lui-même.

Pendant les longues années qu'il passa à Paris après son grand voyage en Orient, il reprit ses fréquentations de musiciens et noua de nouvelles relations. Par l'intermédiaire de Bonaventure Laurens, il connaissait déjà Stephen Heller, Castil-Blaze, Listz et bien d'autres.

« Je n'ai vu votre frère, puer Julius, écrivait Stephen Heller à Bonaventure, qu'une seule fois encore cette année. Il m'a gentiment croqué à la mine de plomb. Je serais bien aise de le voir fréquemment. Où a-t-il pris, dès son jeune âge, les idées justes qu'il émet sur toutes choses? Est-ce dans la solitude? Est-ce par un chagrin secret? Ces deux grands maîtres qui enseignent ce que nul autre ne peut enseigner, pas même un frt re comme j'en connais un. Pourquoi, pour l'aller chercher, demeure-

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