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RELATIONS DE J. LAURENS AVEC DES MUSICIENS

t-il dans une partie de l'Europe, rue Mazarine, trop éloignée pour mes moyens de circulation? »

Aveugle, misérable et délaissé, Stephen Heller fut cependant consolé dans sa retraite, cité Malesherbes ; notre artiste se faisait un devoir de lui portor le réconfort de son admiration. Entre les deux s'engageaient alors de longues conversations, où le musicien, trouvant un interlocuteur digne de lui, retrouvait parfois sa gaîté de jadis.

L'étroite amitié que Jules Laurens entretenait avec Gustave Doré s'était resserrée par une communauté de goût pour la musique. Si Laurens avait un piano en permanence dans son atelier. Doré tenait chez lui des réunions musicales hebdomadaires. Laurens en manquait rarement une et faisait sa partie avec les instruments les plus divers. C'est là qu'il vit pour la première fois Richard Wagner, dont il connaissait déjà le Rienzi et auquel il avait consacré un article dans le Journal de Montpellier ; il le retrouva encore un autre jour au Salon avec Doré, échangea avec lui de multiples observations et regretta la timidité qui l'empêcha de lui demander une pose dans son atelier. Wagner n'était pourtant pas entièrement son homme, car il estimait que la musique est un art qui doit se suffire à lui-même, garder sa valeur propre et exprimer des idées; elle déchoit si elle demande son inspiration à un livret, si elle a besoin d'être exécutée devant des décors. Aussi préférait-il la musique de concert, la musique de chambre, à celle du théâtre.

S'il ne put crayonner le portrait de Wagner, il fut, par contre, chargé de faire celui d'Adolphe Hess, qu'après de laborieuses négociations on avait fait venir de Breslau à Paris pour l'inauguration solennelle des nouvelles orgues de Saint-Eustache. Il fallait, pour la cérémonie, avoir reproduit sa lithographie à des milliers d'exemplaires. Jules Laurens fut donc des premiers à le voir : il fut aussi le premier à l'entendre à Paris, car, pour remercîment de sa peine, il demanda tout simplement à l'organiste de lui improviser quelques phrases ou de lui jouer de ses œuvres.

Faut-il citer ses relations fréquentes avec Reber, qu'il voyait habituellement chez le violoniste Dien, avec Guiraud, Gounod, Saint-Saëns,

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